13 novembre 2009

Ken



COMMENCEMENT :
Voici une rune optimiste car elle présage un commencement (ou un recommencement). Si vous étiez malade, elle indique la guérison. Si c'est une aventure sentimentale, elle est le signe d'un début de relation intime.

Conseil :
Cette rune vous demande d'agir et surtout de ne pas baisser les bras. En amour, elle promet de bons moments.

14 octobre 2009

Les aliments et leurs vertus

quelques exemples...

acidité gastrique : carotte
anémie : aubergine, yaourt, lièvre
convalescence : miel
constipation : citron, melon, huile d'olive, riz grillé
diarhée : pomme, lait, beurre, lièvre, orge
démangeaisons : huile de sésame
fièvre : orge, aubergine, raisin, latid e chèvre
hoquet : miel
hypertension : orange, melon
maigreur : mangue, viande de boeuf
maux de gorge : épinards, radis, citron, ananas
nervosité : banane, huile de tournesols
rhume : pois choche, huile d'olive, miel
trouble de la mémoire : amandes, noix, beurre
vers intestinaux : carotte, citron, orange, huile de moutarde
vertige :orange, miel

19 septembre 2009

En ces temps de grippe A : conseils... (rappel)

CONSEILS EN CAS DE SIGNES GRIPPAUX OU DE REFROIDISSEMENT
(Rhinites, Rhumes, Grippe, Angines, Bronchites, Otites, Infections produisant des glaires)
PRENDRE AU DEBUT VOIRE LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE LES MEDICATIONS PROPOSEES QUE L’ON SE PROCURE EN PHARMACIE


IL EST SOUHAITABLE DE TRANSPIRER AFIN D’EXTERIORISER LES TOXINES DUES A L’INFECTION
· Aconit 7 CH (1 tube): 3 granules toutes les 10 minutes pendant 1 ou 2 heures, pour faciliter la transpiration.
· Tisane sudorifique : Prendre une tisane 1 à 5 fois par jour (1c. à thé par tasse en laissant infuser au moins 15 minutes dans un thermos) du mélange suivant : aa qsp 60 g Borrago off. Flos / Arctium lappa rad. ou folia ou flos / Sambucus nigra flos / Hysopus off / Sassafras off / Thymus serpilium folia, flos.


DISSIPER L’ATTAQUE DU FROID DES LES PREMIERS SIGNES
Fatigue, fièvre, frissons, courbatures, inflammations du nez, gorge, oreilles, yeux, bronches, système digestif
· Soit Infludo® Weleda, soit L52® Lehning : environ 5 à 10 gouttes (1 goutte par année d’âge avec au maximum 10 gouttes pour l’enfant), dans de l’eau tiède, 7 fois par jour, au moins 5 jours de suite même si l’on se sent mieux. Infludo® existe aussi en granules Weleda, 1 à 2 granules 7 fois par jour. Ne pas donner Infludo s’il y a des troubles de la moitié inférieure du corps (estomac, reins, vessie, intestins…), prendre alors L52.
· Prendre au moins un bain par jour. On peut y adjoindre des essences pour bain à la lavande, au sapin, ou pin par exemple ; Faites couler un bain à 37°C et allongez-vous calmement. Laissez l’eau chaude couler pour faire monter le bain jusqu’à température qui reste à l’extrême limite du supportable (mais pas plus de 43°C) en cinq minutes. Rester encore quinze minutes dans le bain et courez vous coucher, bien couvert sous la couette. Il faut suer abondamment. Si vous avez été assez courageux, le virus est éliminé. Si vous avez tendance à avoir des palpitations ou des problèmes cardiaques n’employez pas cette méthode.
· Huiles essentielles pures et naturelles (en pharmacie) de Cinamomum camphora ou Ravintsara / Eucaliptis radiat HE aaqsp 10ml. Mettre 10 gouttes du mélange onction sur le thorax, le cou, derrière les oreilles, dans le dos 1 à 7 fois par jour au moins pendant 5 jours de suite. ++++


POUR APAISER LA SOIF
Les tisanes de graines de fenouil ou du sirop naturel de framboise, de mûre, de cassis ou de sureau, avec un peu d’eau tiède. Vous pouvez ajouter une pointe de couteau de poudre de la racine plante dénommée galanga ou alpinia off. (si vous avez la possibilité de vous en procurer en herboristerie pot de 15g) ou à défaut du gingembre en poudre (épicerie).


EN CAS DE TOUX CONTINUELLE
· Prendre 5 gouttes dans de l’eau 5 fois par jour du mélange suivant :
Marrubim vulg./ Foeniculum vulg./ Anethum graveolens / Scolopendrim off. / Bouillon Blanc / Alpinia off. ou galanga /
Imperatoria ostruthium / Aquilegia vulgaris : aa T. M. qsp 30 ml (en pharmacie).
· Les trois premier jours, répartir sur le thorax, le cou, le haut du dos une dizaine de gouttes du mélange d’huiles essentielles HE Foeniculum vulgare 1ml / Cupressus sempervirens 3ml / Artemisia dracunculus 2ml / HV de noisette ou transcutol 10ml.
· Suppositoires weleda n° 575: un suppositoire au coucher, au moins 6 soirs de suite (existe en suppositoire enfant ou adulte).
· Si la toux est nocturne et en quintes : Sirop Drosetux® Dolisos, ou Pertudoron® Weleda (la posologie est inscrite sur les flacons).
· Inhalations : demandez à votre pharmacien un ustensile adéquat pour inhaler les vapeurs des essences.
- Mélange proposé : HE tanacetum annuum 1ml HE / Chamomelum nobile 1ml / HE Cistus ladaniferus à pinène
· Au choix : 1ml HE / Pelagonium asperum 2ml
- Mélange déjà fait : Aromasol ou Inharom ou équivalents.


EN CAS DE FIEVRE EXCESSIVE SUPERIEURE à 39°5
(pour éviter les convulsions chez les enfants et la fatigue chez les personnes âgées)
· Aspirine effervescente : 250 mg, 1 à 5 fois par jour pour les adultes et catalgine pour les nourrissons.
· Tisane : Borrago off. sommités fleuries / Quassia amara copeaux / Gentiana lutea racineGlycyrriza glabra/Primula off./Fraxinus excelsior / Salix alba : aa qsp 60 g de tisane sudorifique :1 tasse d’infusion (10 à 15 minutes) sucrée au miel de thym ou au sirop d’érable ou au sucre complet, 1 à 3 fois par jour.
· Argentum D19 / Belladona D3 / Chamomilla D2 / Echinacea TM / Papaver somniferum D3 Weleda a n° 354, 12 suppositoires
1 suppositoire enfant ou adulte, 3 à 4 fois par jour selon la corpulence.
· Chlorure de magnésium : dissoudre un sachet de 20 g dans un litre d’eau ; en boire toutes les quatre heures, pour finir le litre dans la journée.
· Si cela ne suffit pas : Belladona 7CH : 2 granules du tube toutes les heures, en alternance, avec 2 granules du tube de Baptisia 7CH.
· GripponylâDolisos (quinquina, sauge, thé vert) : 1 sachet dans un 1/2 verre d’eau 1 à 2 fois par jour.


MAL D’OREILLE
· Poconeol n° 4 + 5 : 1 goutte de chaque flacon dans le conduit auditif 3 fois par jour ou bien.
· 2 Compresses froides sur l’oreille malade et une compresse chaude autour du cou en renouvelant toutes les cinq minutes jusqu’à cessation de la douleur.
· En cas de processus inflammatoire dans la région de la tête, otite moyenne, mastoïde, états grippaux : Argentant nitricum D21 / Belladonna D15 / Silicea D22 : aa qsp GRAN Weleda 374 3 granules toutes les 2 heures pendant au moins 5 jours.
· Romarin à verbenone l HE 0,5 g / Lavandula vera HE 0,5 g / Melaleuca quinquernifolia HE 0,5 g / Inula graveolens 0,5g / Huile d’amande douce 50 g Massage de quelques gouttes avec le mélange d’huiles essentielles derrière le pavillon de l’oreille, le cou, 1 à 4 fois par jour, jusqu’à cessation de la douleur.
· Mettre 2 gouttes de jus de citron dans l’oreille. Mettre ensuite une compresse froide sur l’oreille et une compresse chaude autour du cou.


EN CAS DE NEZ BOUCHE ou ECOULEMENT
· Lavage de nez avec Stérimar ou Physiomer ou Biocid’eau (plus doux) ou Serophy plusieurs fois par jour, en cas de nez bouché. Aspiration de sécrétions avec un « mouche bébé » que l’on se procure à la pharmacie.
· Gomenol® : 1 boite.1 suppositoire adulte ou enfant au coucher.
· Huile weleda n° 60 1: 2 gouttes dans chaque narine, 4 à 5 fois par jour.
· Inhalations : voir « en cas de toux continuelle».
· Au choix, vaporisation dans la pièce, ou inhalation de : Calyptol inhalant®, Aromasol® Inharom® de Phytoest ou autre équivalent naturel.


EN CAS DE MAL DE GORGE, PHARYNGITE, ANGINE
Traitement pendant la durée de la gêne, au choix :
· Cinnabaris D20 / Pyrite D2 : weleda trituration 15g : 1 mesurette donnée avec le flacon de la poudre 3 fois par jour au moins 1 semaine ;
· Lisopaïne : 3 à 6 comprimés par jour à sucer.
· Poconéol 1 + 25 : 1 goutte de chaque flacon par année d’âge (avec un maximum de 10 gouttes) 3 à 5 fois par jour ;
· Granions de bismuth : 1 ampoule par jour (au maximum pendant 12 jours).
· Oropolis Richelet : 1 à 6 doses quotidiennes de spray ou pastilles dans la gorge. Renouveler tant que le besoin s’en fait sentir.
· Apis 4CH / Belladona 3CH / Kalium bichromicum 5CH / Mercurius sol 9CH / Phytolacca 3CH : Aaqsp 1 tube 3 granules toutes les heures pendant 4 jours, si la gorge est très irritée.
· HE Thymus vulgaris à thuyanol 1ml / HE Aniba roseodora 2ml / HE Melaleuca alternifolia 1ml / HV noisette ou transvcutol 10ml: Masser avec 5 gouttes du mélange 5 fois par jour sur le cou, les clavicules, les mâchoires, derrière et devant les oreilles.


EN CAS DE MAL DE TETE
· Arsenicum album D10 / Belladona D6 / Bryonia D3 / Gelsemium D4 / Phosphorus D10 Weleda 436. Deux possibilités: soit en 1 goutte par année d’âge (avec un maximum de 10 gouttes) toutes les heures, soit 1 à 2 granules toutes les heures ;
· Ferrum sidereum 4CH / Silicea 12CH / Sulfur 3CH / Anthemis pyrethum TM : aaqsp 15ml : 10 gtes dans de l’eau jusqu’à toutes les heures si besoin.


EN CAS DE FATIGUE AVEC COURBATURES
· HE Helichrysum italicum 1ml / HE Gaultheria procumbens 1ml / HE Rosmarinus off à camphora 3ml / HE Pinus ponderosa ou montr2ml / HE Ocimum basilicum 1ml / HE Lavendula spica 2ml / HV Coryllus avellana ou transcutol ad 1ml. Massage du cou, plexus cardiaque, poignets, chevilles, plante des peieds, haut du dos, et régions courbaturées avec 5 à 7 gouttes chaque fois 3 à 4 fois par jour.


EN CAS DE FATIGUE ET DE CONVALESCENCE

· Ferrum met. D6 / Hypericum perforatum D3 / Levico D3 / Prunus spinosa D3 : aa Weleda n° C858 : 3 granules 3 fois par jour; Ce médicament existe aussi en ampoules injectables sous cutanées (Weleda n°C856).
· Boire de l’eau de mer sous forme d’ampoule au moins une par jour par exemple: Biocéane, Quinton isotonic, PMHL.
· Sérum de Yersin 9CH (1 tube) : 3 granules 3 fois par jour pendant 5 jours.


Recommandations importantes :
Il ne faut pas prendre toutes ces médications en même temps, bien que ces traitements soient complémentaires et compatibles ; vous devez les sélectionner dans chaque paragraphe, à moins que la sélection ne soit faite au cabinet médical. En cas d’urgence, renseignez-vous auprès du pharmacien pour obtenir les spécialités recommandées, ou à défaut, les plus proches de celles conseillées. Il est souhaitable de les avoir dans sa pharmacie personnelle.
Si vous n’arrivez pas à vous procurer le mélange prescrit, vous pouvez prendre des granules de chaque produit composant une spécialité, et reconstituer ainsi l’ensemble de la potion en corrigeant approximativement les dilutions.
(D1 à D6 = 2 à 4 CH ; D6 à D12 = 5 à 9 CH ; D12 à D30 = 9 à 30 CH)
Un granule = trois gouttes. Une c. à café ou à thé = 50/60 gouttes
Si ces conseils se révèlent insuffisants, ou si la situation parait plus grave , il est conseillé d’appeler votre médecin...

En ces temps de grippe A : restons groupés et vigilants face à nos dirigeants

une suggestion : pas de vaccination et prendre en prévention des gouttes de Wéléda 770 :
1 goutte par jour par année d'âge,
10 gouttes par jour pour les adultes

et de l' InfluDo chez wéléda au moment des symptômes (déjà largement décrits par notre merveilleuse presse).

et plus généralement : et

En ce temps de grippe A : renforcer l'immunité

1 - Immunix labo Hirapham
2 gélules par jour pendant 20 jours, puis 1 gélule par jour pendant les 20 jours suivants.

2 - Drainage Immunité bourgeons ou jeune pousses
Chêne D1
EglantierD1
NoyerD1,
Vigne D1
1 flacon de 60ml de chaque
Mélanger les 4 flacons dans un grand et prendre 1 cuillère à soupe par jour dans de l’eau.

conseils du Docteur Eric Kiener

27 août 2009

La labradorite


La labradorite est un minéral du groupe des silicates de la famille des feldspaths plagioclases. La formule chimique est (Na, Ca)(Al, Si)4O8, avec des traces de Fe;K;H2O.

Sur le plan spirituel, la Labradorite est un excellent anéantisseur d’illusions. Elle déploie, avec tout son spectre de couleurs arc-en-ciel, clairement, sous nos yeux, tous nos objectifs et toutes nos intentions de sorte que nous en reconnaissons souvent la véritable teneur. La pierre renforce l'intuition et la médiumnité.

Sur le plan psychique, elle fait remonter les souvenirs oubliés et procure une profondeur de sentiment, elle stimule l'imagination, peut rendre contemplatif et introverti.

Sur le plan mental, elle aide a développer un enthousiasme d'enfant et une multitude d'idées, elle confère une créativité vivante, parfois décousue.

Sur le plan physique, elle atténue la sensation de froid, les refroidissements, des troubles rhumatismaux et la goutte. Elle abaisse la tension et plus généralement, apaise.

Pour les amérindiens, la lumière intérieure de la labradorite est le reflet des couleurs célestes, elle est l'étendard protecteur sous lequel on peut se regrouper. Elle agit comme une sorte de bouclier doublé d'une éponge : elle absorbe les énergies négatives, les maux et les peines d'autrui, les dissout et protège son utilisateur. Elle restructure à tous les niveaux les corps énergétiques de l'aura. Ces irisations agissent comme un éclairage intérieur.

Pierre de l'amitié et des thérapeutes, elle a une très grande puissance régénératrice.

Elle s'épuise cependant rapidement et se régénère dans l'argile verte, enterrée dans la terre près d'un arbre...

25 août 2009

Trousse Homeopathique

- Aconitum napellus: fièvre brutale, coup de chaleur, insolation
- Alium cepa: rhinite allergique, rhum
- Apis melfica: coup de soleil, piqure d'insect, brulure 1er degré
- Arnica montana: bleu, coup, bosse, crampes
- Arsenicum album: intoxication alimentaire avec diarrhées et vomissements
- Belladona: fièvre, abcès, brulure, coup de soleil
- Cantharis: brulure de gorge, infections urinaires
- China rubra: saignement de nez, hémorragie
- Cocculus indicus: mal des transports, mal de mer
-

01 juillet 2009

L'oiseau du paradis

Exercice chinois pour la santé et la beauté du corps et de l’esprit en 8 mouvements.

préparation
1_ les chevilles se libèrent
2_ le corps dans l’espace
3_ le monde qui tourne
4_ la direction juste
5_ la fleur imaginaire
6_ l’oiseau prépare son envol
7_ la liberté trouvée
8_ aisance dans le ciel et paradis retrouvé

préparation
Corps détendu, pied joints, colonne vertébrale souple, la tête prend contact avec la voûte céleste, les pieds s’enracinent dans la terre. L’esprit est calme et serein. Respirer plusieurs fois en sentant l’air qui pénètre par les narines dans le corps tout entier.
Ouvrir le pied gauche à une largeur d’épaules, les bras le long du corps - éventuellement faire onduler tout le corps à partir du coccyx jusqu’aux cervicales.

1_les chevilles se libèrent
Joindre les mains au dessus de la tête en formant le mudra de l’inébranlable
Et descendre les mains vers le sommet du crâne. Puis passer devant le visage, tirer les coudes en arrière et faire comme une corolle espagnole pour repasser les mains derrnère la tête et remonter à nouveau au dessus de la tête.
Puis faire le même mouvement en montant sur la pointe des pieds en inspirant et en redescendant sur les talons en expirant - genoux légèrement fléchis et bassin rentré
8x
Porter ensuite le poids du corps sur la jambe gauche fléchie et tourner le bassin à gauche. Le pied droit se libère automatiquement et la cheville droite peut tourner, (les mains toujours au dessus de la tête, bien revenir au centre entre les deux déplacement du poids)
Revenir au centre puis à droite, même mouvement
8x en alternant de coté.
Descendre les bras le long du corps, respiration libre

2_ le corps dans l’espace
Soulever les bras jusqu’à la hauteur des épaules comme un oiseau qui battrait doucement des ailes. Le corps est en équilibre, se libère de ses tensions et respire la nature.
Le bassin tourne à gauche, poids porté sur le pied gauche. Le pied droit fait le même mouvement qu’avant mais le bras gauche, suivi du regard, fait un grand arc de cercle pour capter l’énergie environnante. La main gauche donne cette énergie à la main droite qui était placée dans un geste réceptif devant le dan tian (au dessus du nombril) au moment où le poids du corps est équilibré entre les deux pieds.
Tourner le bassin à droite et refaire le mouvement de l’autre coté.
Une main donne, l’autre reçoit en mouvement continu.
8x, en alternant de coté.
Petit repos avec battement d’ailes

3_ le monde qui tourne
Les pieds joints, les bras montent latéralement pour former au dessus de la tête le rond de notre terre, sans fermer le rond. Très lentement, faire quatre cercles de haut en bas en commençant à gauche, un huit en haut puis faire quatre cercles dans l’autre sens.
Reformer le rond de la terre au dessus de la tête, se pencher le plus possible en arrière en regardant le ciel. Ecarter les bras, les descendre en se penchant en avant et passer les mains sous les aisselles. Pencher le buste vers le devant en faisant descendre les paumes de mains doucement tout au long du milieu du corps jusqu’aux pieds. Essayer de toucher avec les mains la terre devant les pieds, jambes tendues. En tournant le bassin, toucher la terre à gauche, revenir au centre, puis à droite, puis au centre.
Remonter les mainx par le milieu du corps pour arriver à nouveau au dessus de la tête
Et faire 4x ce mouvement complet.
Descendre les bras et retrouver une respiration calme et silencieuse.

4_ la direction juste
Pieds écartés de la largeur des épaules ; les mains montent plus ou moins horizontales et face à face devant le sternum. Puis, quand la main droite pointe vers la droite, le bassin bouge vers le coté gauche
Aller a droite avec des mains qui, au centre, se touchent, ou pas.
L’impulsion doit venir du bassin
8x en alternant de coté

5_ la fleur imaginaire
Pieds à largeur d’épaule et bras dans le vent.
Les mains se rapprochent en geste de prière devant le sternum puis, ouvrir les mains, paumes vers le ciel et poignets joint. Les mains font un mouvement circulaire autour des poignets, les doigts s’ouvrent comme les pétales d’une fleur. Les poignets tournent, doigts vers la terre pour recommencer la création d’une nouvelle fleur.
8x
improviser plein de belles fleurs
En inspirant, monter sur la pointe des pieds et monter les bras latéralement à hauteur d’épaules. Expirer en descendant (les mains font comme un petit bec)
Remonter les bras en imaginant que ce sont les ailes d’un oiseau et agrandir le geste jusqu’au dessus de la tête, jusqu’à soulever la voûte céleste avec les paumes, (la troisième fois)
4x

6_ l’oiseau prépare son envol
Pieds joints et mains en prière sur le sternum. Le bassin bouge légèrement pendant que les mains dessinent un cercle qui s’éloigne du corps et revient devant la poitrine
Le poids du corps se déplace légèrement des pointes des pieds aux talons.
8x

Les mains en mudra de l’inébranlable. Le poids sur la jambe droite, genou fléchi et bassin rentré. Soulever le talon gauche qui monte et prend contact avec le coccyx. Le haut du corps avance pour être presque horizontal, bras fléchis mais pointés vers l’avant. La tête se dresse un peu. Orteils vers le ciel. Garder la posture.
Relâcher, retrouver l’équilibre et faire pareil de l’autre coté.
4x sur chaque jambe
Bien stable, on peut faire des cercles avec les yeux.
Petit repos

7_ la liberté trouvée
Pieds joints, respiration douce et calme. Imaginer un grand oiseau dans le ciel qui déploie ses ailles sans effort apparent.
Les bras sont les ailes de l’oiseau, sous chaque aisselle, un espace comme un petit ballon. Il faut trouver son propre battement d’ailes, calme, et, se faisant refaire l’exercice précédent.
4x sur chaque jambe.
Pieds joints, grande pause

8_ Aisance dans le ciel et paradis retrouvé
Garder les épaules légères, pieds à largeur d’épaules, bien enracinés.
Le bassin bouge de gauche à droite. Les bras à l’inverse du bassin,
Les mouvements des bras deviennent de plus en plus amples, et captent la nouvelle énergie de l’air en faisant des cercles latéraux. Un main capte, l’autre reçoit et puis le mouvement se réduit, toute l’énergie purifiée est concentrée dans un tout petit va et vient des mains devant le dan tian, inverse du mouvement du bassin.
Puis, paumes jointes descendre en spirale jusqu’au sol puis remonter vers le ciel et revenir au centre
Petit massage final des organes... le paradis est retrouvé.

l'oiseau du Paradis de Monika Baldacci, un air de qigong

06 juin 2009

La petite révolution céleste


La petite révolution céleste appelée aussi petit orbite microcosmique désigne la circulation du qi (souffle, énergie) en boucle dans les méridiens Dumai et Renmai. Si l'on compare les 12 paires de méridiens principaux à des fleuves de qi, on peut envisager les "méridiens curieux - ou merveilleux" comme des océans, des mers de qi.

Dumai, le méridien gouverneur, est la "mer des méridiens yang" et distribue le qi dans tous les méridiens yang; son trajet superficiel va du périnée au sincciput (sommet de la tête) en parcourant toute la colonne vertébrale, et descend suivant une ligne frontale médiane jusqu'à la lèvre supérieure.

Renmai, le méridien conception, est "la mer des méridiens yin" et distribue le qi dans tous les méridiens yin; son trajet superficiel va du périnée jusqu'à la lèvre inférieure en parcourant la ligne médiane antérieure du corps.

La pratique de la petite révolution céleste consiste à faire circuler le qi en boucle dans ces deux méridiens: classiquement depuis Qihai (sous le nombril) jusqu'à Huiyin (périnée), puis Weilu (coccyx), Mingmen (entre L2 et L3), Jiaji (milieu du dos), Yuzhen (base du crâne), Baihui (sommet de la tête), puis en suivant la ligne médiane antérieure jusqu'à Qihai; le pratiquant touche le palais avec la langue ("le pont des pies") connectant ainsi les deux méridiens. Quand les deux méridiens sont ouverts et que l'énergie circule librement, l'ensemble du corps est approvisionné en qi et l'organisme se renforce et s'équilibre.

Dans les pratiques méditatives taoïstes, on utilise l'intention pour faire circuler le qi; c'est une pratique avancée réservée aux personnes ayant déjà une conscience énergétique développée. L'ouverture des méridiens doit découler d'un processus naturel, d'un développement du ressenti, et non d'un effort mental. Un grand nombre d'exercices de qi gong et la pratique du tai chi chuan favorisent cette ouverture et le déblocage des "barrières" énergétiques localisées dans les zônes de: Weilu, Mingmen, Jiaji et Yuzhen.

La circulation du qi dans le Dumai jusqu'au sommet de la tête est associée à l'inspir et procure une sensation très agréable et régénérante; l'expir accompagne la descente du qi par Renmai et a un effet très apaisant. Cette pratique devient très dynamisante et puissante associée à la respiration inversée, notamment dans le travail avancé du tai chi chuan où l'inspir associé aux "spirales" des bras et des jambes sert de "pompe" pour faire monter le qi par Dumai.

01 juin 2009

eau florale Ortie piquante


L'Ortie piquante

Nom latin : Urtica dioica

Famille : Urticacées

Noms vernaculaires : Grande ortie - Ortie dioïque - Ortie brûlante - Ortie piquante.

La grande ortie est une plante vivace entièrement couverte de poils piquants et irritants (dits urticants) de 0,50 à 1,50 m de haut, aux robustes tiges quadrangulaires dressées et non ramifiées. Les feuilles opposées, de couleur vert sombre et de forme ovalaires lancéolées, sont velues sur les deux faces et pourvues de dents aiguës sur les bords. Les petites fleurs dioïques (sur des pieds séparés), de couleur jaune verdâtre, forment des chatons verdâtres pour les mâles et se groupent en grappes pendantes pour les femelles. Les fruits sont des akènes. Elle pousse dans les sols riches en azote, près des lieux habités (maisons, étables, etc.) et dans les jardins jusqu'à 2.400 m d'altitude. Plante commune dans toutes les régions tempérées, notamment d'Europe et d'Asie.

REMINÉRALISANTE et DIURÉTIQUE
PRINCIPES ACTIFS MAJEURS — La partie aérienne et la feuille d'ortie contiennent essentiellement des acides formique et acétique, de nombreux minéraux (calcium, chlore, magnésium, manganèse, potassium, soufre, zinc et, tout particulièrement, du fer et du silicium), des vitamines (notamment B2, B5, B9, C et provitamine A), certaines substances organiques (acétylcholine et histamine) et une très forte teneur en chlorophylle.

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES ESSENTIELLES — La partie aérienne et la feuille d'ortie possèdent surtout des propriétés:
• reminéralisante et reconstituante ;

• diurétique et dépurative ;

• antirhumatismale et antigoutteuse (en favorisant l'élimination de l'acide urique) ;

• galactogogue.


INDICATIONS PRINCIPALES — Actuellement, l'ortie est principalement utilisée : 1) En général : • Dans les asthénies, les convazlescences, les états de demionaralisation • Chaque fois qu'il est nécessaire de stimuler les fonctions d'élimination, et faciliter ainsi le drainage des déchets et toxines de l'organisme. 2) En particulier : • Sphère cardio-vasculaire et sanguine : Anémie hypochrome - artériosclorose • Sphère ostéo-articulaire : Affections rhumatismales en général et arthrose en particulier. • Autres sphères : Goutte - Troubles des phanères : cheveux et ongles fragiles et cassants, ainsi que la chute anormale et prématurée ds chezveux.



L'eau florale se trouve chez

Claire montesinos

disttillatrice

solaure

La louine

F-26310 BARNAVE

+ 33 (0) 4 75 21 84 43

31 mai 2009

cinq saveurs (pour mon anniversaire)


Il existe cinq saveurs : l'acide, l'amère, le doux, le piquant, le salé.


Les saveurs viennent des aliments.


Dans le Su Wen, il est dit : " Le yang est le souffle, le yin est saveur. Les saveurs contribuent à la forme physique qui dépend du souffle. Le souffle contribue à l'essence qui dépend de la digestion. La forme physique se nourrit des saveurs, l'essence nourrit le souffle. La digestion élabore l'essence, et le souffle vivifie la forme. L'essence élaborée devient souffle".

Règles du Su Wen :
L'acide va au foie, il supprime les effets du sucré, son excès blesse les muscles, la saveur acide possède un effet astringent, rétractant.
L'amère va au coeur, il supprime les effets du piquant, son excès blesse le souffle, la saveur amère possède un effet renforçant, elle comprime et durcit.
Le sucré (doux) va à la rate, il supprime les effets du salé, son excès blesse la chair, la saveur sucrée a un effet retardant, elle relâche et amollit.
Le piquant va au poumon, il supprime les effets de l'acide, son excès blesse la peau, la saveur piquante possède un effet dispersant.
Le salé va au rein, il supprime les effets de l'amer, son excès blesse les os, la saveur salée possède un effet adoucissant.

Contre-indications des cinq saveurs :
L'acide bouscule les muscles.
L'amère bouscule les os.
Le doux bouscule les chairs.
Le piquant bouscule le Qi.
Le salé bouscule le sang.

20 mars 2009

Silex - Flint- Kiesel/Feuerstein - Pyrigonos

Pièrre sédimentaire composée de silice (contient de la calcédoine, du quartz et de l'opale). C'est la pierre la plus difficile à travailler et à sculpter.
C'est la pierre du 21 siècle, la pierre du combat pour la vie. C'est la pierre du "querrier de la lumière ". Le silex est une pierre miraculeuse, porteuse de feu. Il aide à trancher et à se détacher de liens émotionnels négatifs.
Le silex noir pyrogène, matrice de la flamme, pierre à feu fût parmi tous les "dieux de peirre" le plus vénéré. Quand l'agriculture se subsituta à la chasse, l'adoration de la pierre (silex noir), siège de "l'âme de Dieu", fût universellement associé au culte de la Grande Déesse Mère.
Le silex relie l'homme avec la Terre Mère, avec le Soleil, avec le Haut et le Bas. Les hommes du néolithique faisaient polir certaines haches qui devenaient des objets de rituels comme plus tard les chavaliers du Moyen age fir bénir leurs épées, puis plus tard les rois leurs drapeux.
(texte dans la vitrine de Tereza, sweetestaboo)

17 mars 2009

Daeg


Voici une rune très positive qui exprime la prospérité, l'amélioration. C'est la lumière après l'obscurité, la santé après la maladie, le triomphe après l'adversité.
Conseil :Vous devez saisir les opportunités au vol et vous montrer sereins et positifs.

02 décembre 2008

la sodalite : quelques pistes et sugestions


Ses vertus essentielles : Apaisement – Confiance en soi - Renouveau
La sodalite a une influence bienfaisante sur le système nerveux et contribue ainsi à apaiser l’agitation. Elle aide à clarifier l’esprit, à la prise de décision et agit contre l’hypertension

Composition : Na8Cl2(AlSi04)6 Silicate d'aluminium et de sodium contenant du chlore.

Couleur : Bleu, bleu-gris, bleu roi, bleu violacé. Veines blanches, grises, jaunâtres, rouges.

Son bleu opaque lui donne des effets plus physiques, cette pierre permet de poser le pour et le contre afin de prendre la bonne décision, concrétiser nos idées et nous donne assez de courage pour maintenir notre propre point de vue, elle a une influence bienfaisante sur le système nerveux.

Aides physiques : Angine. Enrouement. Force et résistance. Hormones. Hypertension artérielle. Hypertonie. Inflammations de la gorge. Spasmophilie. Système nerveux central. Bénéfique pour le pancréas. Equilibre le système endocrinien. Renforce le métabolisme et le système lymphatique. Equilibre les polarités males et femelles. Réduit la peur. Apaise et dégage l'esprit. Apaise les énergies excessives. Accroît la communication et l'expression créatrice. L'élixir de sodalite renforce les méridiens, le système endocrinien et lymphatique et il soulage les gonflements des ganglions lymphatiques. Il enracine et procure une certaine stabilité permettant de faire un travail d'auto-analyse et de clarification.

Actions sur le mental : Autonomie et individualité. Communication et dialogue. Complexes, gênes et tabous. Se libérer des mauvais comportements répétitifs et incontrôlés. Concentration. Courage. Culpabilité. Développement spirituel. Emportements excessifs. Fidélité. Fuite des réalités. Hypersensibilité. Sentiment d’infériorité. Insomnie. Intuition. Intégrité. Modestie. Oppression. Pensées logiques et rationnelles. Peurs et phobies. Projets réalisables. Réalités et concret. Sensibilité. Talents artistiques. Cet élixir développe la discipline, la logique, l'ordre et relie les forces de l'inconscient à la conscience pour trouver l'équilibre émotionnel et mental nécessaire à la croissance spirituelle. Il développe la concentration et procure la quiétude interne propice à l'épanouissement de la personnalité. Il encourage la solidarité, apporte la confiance et l'estime de soi et des autres.

Zodiaque : Bélier. Lion. Poissons. Sagittaire. Vierge.

La sodalite est souvent confondue avec le Lapis-lazuli, mais cela n'a que peu d'importance, elles ont les mêmes propriétés. Bien que moins puissante, ses effets sont similaires, il faut être plus patient pour voir ses résultats. Très utile pour clarifier l'esprit et soulager les peines et angoisses. Elle procure un paisible sommeil et apporte des rêves prémonitoires. Efficace dans la lutte contre le diabète, fortifie la thyroïde et les glandes. La sodalite est un bon stimulant pour le cerveau et la lymphe, elle améliore la circulation sanguine. Pierre d'éveil, elle ouvre le troisème oeil et prépare à l'intuition. Ce cristal aide à abandonner le besoin de tout contrôler. C’est une excellente pierre du troisième oeil et, de ce fait, contribue à accroître les capacités parapsychiques.

Origine : Généralement sous forme massive dans les roches ignées. Cristaux très rares ; les cristaux à douze faces trouvés dans les laves du Vésuve étaient trop petits pour un usage lapidaire. Aussi au Brésil, au Canada, et aux Etats-Unis. L'exploitation la plus importante se trouve à Bancroft (Ontario, Canada). Parce qu'elle a été découverte pendant une visite officielle de Margareth d'Angleterre, on appelle parfois cette sodalite «Princess Blue».

La sodalite est une pierre très efficace en cas d'hyper tension. Elle calme et harmonise les nerfs, fortifie la thyroïde et les glandes. Elle donne de la force et de la vitalité. La sodalite est une pierre qui stimule et consolide notre pensée logique, plus particulièrement chez les gens sensibles. Elle raffermit notre confiance en soi et aide à obtenir la stabilité. Elle nous donne du courage, supprime nos sentiments de culpabilité et nos angoisses.

Son entretien est très simple : nettoyez la sous l'eau courante après chaque usage. Ne pas recharger au soleil

La sodalite agit sur la thyroide et traite une bonne partie des affections de la gorge. Elle est également connue pour stimuler le cerveau. Conservée sur soi, elle atténue le stress, permet de retrouver un sommeil paisible et clarifie le mental

La Sodalite, est une Pierre aux effets apaisants. Donne force et vitalité. Soulage les peines et les angoisses, atténue l'hypersensibilité. Efficace pour les personnes stressées .Excellente pour les troubles de la gorge (enrouement) et du larynx. Fortifie la thyroïde, stimule le cerveau. Abaisse la tension, la fièvre, améliore la circulation sanguine. Efficace contre la transpiration excessive (aisselles).La Sodalite, facilite l'élocution et la communication.

Et, en anglais :

" One of the most challenging aspects of human anatomy is that the brain is divided into two hemispheres: one devoted to rational, linear thinking, the other to imagination and intuition. The human mind, when these two areas are in balance, is both capable of tremendous creativity and the ability to realize that creativity in practical, material terms. In most Western societies the rational aspects of mind are valued above those of intuition, thus subduing or stifling many creative ideas before they are born into imagination. Malachite and moss agate are two stones which help to rebalance the brain and mind. Sodalite's function is different. It is especially valuable for those who find themselves in states of mental confusion, especially when these states are intensified by emotional turmoil. Very often, when our emotions are whirling about in our heads we are tempted to seize at any decision which seems to promise that it will reduce our distress. Sodalite helps us to resist such temptation. This dark-blue stone is one of the most grounding of the blue stones, and has a natural affinity with the third eye center (between and slightly above the eyebrows). Its function is to calm the emotions and the mind and to help one view a situation and the choices which may stem from it with objectivity and detachment.
This also means that it can help to quiet any doubts you may have about your ability to make a decision, i.e., it quiets the inner critic. In addition, it can assist in dissolving old mental, reactive patterns, helping you to realize that you don't have to do things the way you've always done them. Sodalite is additionally helpful for reviewing a decision once it's been made, and is believed by some to help extricate people from the coils of complicated lifestyles.
If you are faced with a decision sodalite is an excellent stone to use in meditation. Place it on your forehead and contemplate the situation on which you are working. Ask for guidance in making the decision. If you feel yourself coming up with old solutions just because they're familiar release then and allow sodalite to clear the path for new ideas. Sodalite is not one of the flashier stones; it doesn't sparkle or shine. Its energy is quiet, calm, and deep as the midnight sky."

12 octobre 2008

Guru Dev


"The dawn comes to dispel the darkness of night, by the light of the sun, which is self-luminous. Likewise, spiritual teachings come to destroy ignorance. But they cannot throw light on the Self. The Self is Light."

"You offer me money but you don't offer it to those poor who ask you for it. To those who need it, you offer nothing. You offer it to me? Do I have a son or daughter I need to marry off? Take the money and go. Give it to those who need it. If you want to give me something, give me your greed, your lusts, your weaknesses. That is what you really hold dear above all else. Give me everything that stands between you and God."

Guru Dev, born "Rajaram" on Thursday, December 21, 1870 in the village of Gana, Uttar Pradesh, India.

In the Vedic tradition, there are three main paths to God realization: Bhakti-marga or the path of Divine love and devotion; Jnana-marga or the path of knowledge and spiritual understanding; and Karma-marga or the path of action in alignment with Divine Law. From the discourses that follow, it is clear that Guru Dev placed equal emphasis on all three methods. This supports the view that Guru Dev was a Universal Guru and embodiment of the Veda.

01 septembre 2008

Beorc




Fertilité : C'est surtout dans le domaine familial qu'elle agit, puisqu'elle présage la naissance d'un enfant, le mariage et l'amélioration du cadre de vie, du foyer. Dans le domaine de la santé, elle annonce la guérison.


Conseil : C'est par la douceur et les soins qu'un véritable accroissement verra le jour. Vous n'en êtes qu'au commencement mais bientôt, le résultat sera visible.

28 juillet 2008

WYN


14 juillet 2008

Un délice tibétain




d'après ce que je vois :
deux logans sechés, un bouton de rose, des boutons de jasmin, quelques feuilles de thé, des baies, des airelles et des mini cynorodhon ainsi qu'un gros cristal de sucre...

13 juillet 2008

L'oiseau du paradis_trame











préparation
1_les chevilles se libèrent
2_le corps dans l’espace
3_le monde qui tourne
4_la direction juste
5_la fleur imaginaire
6_l’oiseau prépare son envol
7_liberté trouvée
8_aisance dans le ciel et paradis retrouvé

29 juin 2008

Les entrailles

Les entrailles

" Les entrailles ne conservent pas l'énergie, elles ne servent qu'à la transformer ou à la transporter." ( Sou Wen )

La vésicule biliaire a un rôle d'arbitre, rôle de décision.

L'intestin grêle a une fonction chimique de digestion, il opère le tri des aliments. C'est un régulateur.

L'estomac a une fonction d'entrepôt, de ravitaillement, il reçoit les aliments et envoie leurs saveurs vers la rate.

Le gros intestin est le transformateur.

La vessie est liée à l'équilibre de l'eau. Elle élimine l'urine.

Le triple réchauffeur est un système particulier, il n'a pas de matérialité propre. On lui reconnaît trois "foyers" : un supérieur qui régulariserait la fonction coeur / poumon, un moyen qui régulariserait la fonction foie / rate, un inférieur qui régulariserait la fonction foie / rein.

28 juin 2008

Les organes : le rein

C'est l'empereur noir.
On parle ici du rein droit (énergie ancestrale), le rein gauche étant plutôt le rein métabolique. Physiologiquement c'est ici que cela se passe, c'est l'essence, son énergie remonte vers le cortex.
Il est lié au froid.
C'est l'élément eau.
Sa saveur est le salé.
Il gouverne les os, la moelle, les cheveux, les dents.
Sa saison est l'hiver.
Il est à l'origine de l'élaboration des glaires.
Il abrite le "ZHI "(détermination). Résidence de l'essence (sperme. Il a une fonction dans l'érection, l'habilité à créer.
Les orifices liés au rein sont l'anus et les orifices génitaux.
Le sens lié au rein est l'audition. Par contre :on entend avec ses reins mais on écoute avec son coeur. Il est couplé avec la vessie .

Le son lié au rein est "TCHOUI ".

Les organes : le poumons

C'est l'empereur blanc.
Tous les souffles se rattachent au poumon.
Il a un rôle d'administration générale des énergies. Il est en rapport avec l'ensemble des mécanismes de la gestation et la relation maternelle.
Il est lié à la sécheresse.
C'est l'élément métal.
Sa saveur est le piquant.
Il gouverne le nez, les narines, la peau.
Sa manifestation extérieure se localise aux poils.
Sa saison est l'automne.
L'humeur élaborée par le poumon est la rhinorrée.
Il abrite le " po" (âme végétative, suppléant du Qi essentiel).
Ses qualités psychologiques sont la substantialité (capacité à situer clairement les choses).
Il absorbe le Qi de l'air qu'il mélange avec le Qi des aliments venant de la rate. Il régit l'odorat.
Fonction d'administration.
Il est couplé avec le gros intestin .

Le son associé au Poumon est le " SI ".

Les organes : la rate et le pancrées

C'est l'empereur jaune.
Elle est liée à l'humidité.
C'est l'élément terre.
Elle gouverne la chair. La bouche est liée à la rate, ainsi que les lèvres, la face interne des joues, le voile du palais, l'épiglotte.
La salive est liée à la rate. Le voile du palais est le point de rencontre de deux méridiens importants, le Ren Mai (conception, qui passe en avant du corps, mer des yin) et le Du Mai (gouverneur, qui passe en arrière, mer des yang).
Sa saveur est le doux.
Sa saison est la fin de l'été.
La rate abrite le "YI" (mémoire).
Ses qualités psychologiques sont la capacité de s'intégrer, de se stabiliser, de se sentir concentré et équilibré.
Elle dirige le système digestif et nourrit le sang. Elle a une fonction de ravitaillement.
En elle réside l'idée, la volonté.
Elle est couplée à l'estomac.

Le son associé à la Rate est le " HOU ".

Les organes : le coeur

C'est l'empereur rouge. Il est lié à la chaleur. Il est le feu de la terre. Il fait circuler le sang et gouverne les artères. L
'entrée du coeur est la langue, si elle est saine elle reconnaît les saveurs.
Les orifices d'ouverture liés au coeur sont les conduits auditifs (écoute subtile). Il est associé à l'orifice des yeux, il dirige l'acuité du discernement et la lucidité.
La saveur amère est liée au coeur.
Il s'exprime à l'extérieur par la sueur.
Sa saison est l'été.
Il abrite le "SHEN" (prestige spirituel).
Il est couplé à l'intestin grêle.

Le son associé au Coeur est le "KE"

Les organes : le foie

C'est l'empereur vert. Il est le vent du ciel (mobile), le bois de la terre (souple). Il gouverne les muscles, les tendons, les aponévroses. Il est le maître des yeux.
Les manifestations externes se localisent aux ongles, qu'ils soient décolorés ou trop colorés, tachés, cassants, faibles ou résistants, ils reflètent les réserves de jing du foie.
La saveur liée au foie est l'acide.
Sa saison est le printemps.
Les larmes sont élaborées par le foie.
Il abrite le HUN (âme spirituelle, conseillé du SHEN).
Ses qualités psychologiques sont : contrôle, capacité de décision.
Il régule le débit du sang. Il est couplé à la vésicule biliaire.

Le son associé au foie est le "XU".

27 juin 2008

yin et yang

...deux principes majeurs de la cosmologie chinoise: le yin est le principe femelle et le yang le principe mâle.
Le ciel et la terre sont la représentation physique du yang et du yin.
Le yin est calme et le yang est agitation.
Le yang donne la vie et le yin l'entretient.
Le yang est dans le haut du corps, le yin dans le bas.
Le côté droit est yin, le côté gauche est yang.
Le dos est yang etle ventre est yin. L
e yang se reconstitue pendant la phase d'expiration, le yin pendant la phase d'inspiration.
Les organes sont yang et les entrailles sont yin.

10 juin 2008

Quelques mandalas pour mon anniversaire















28 mai 2008

Blutreinnigungs Tee

entwässenrnd und verdaungsfördernd

zusammenstezung (100 g)
14,3 g Radix Ononidis, Hauhechelwurzel;
14,3 g Rhizoma Graminis, Queckenwurzel;
14,3 g Herba Taraxaci, Löwenzahn;
14,3 g Herba Violae tricol., Stiefmütterchenkraut;
14,3 g Folia Menthae pip.,Pfeferminzblätter;
14,3 g Fructus Foeniculi, Fenchel;
7,1 g Herba Millefolii, Schafgarbenkraut;
7,1 g Radix Liquiritiae sine Cortice, Süssholzwurzel, geschält.

Bad Heilbrunner Arzneitee
83670 Bad Heilbrunn, Obb.

20 mai 2008

La Texture - principe n°4



17 mai 2008

Sitting at the feet of the Creator

"At the end of the river of art history we can now feel the breeze from the ocean of wholeness.

By using the boundries to measure the dignity of the boundless, we imitate Natures way of operating instead of imitating Natures outer expression. When expressing, transforming and expanding our mind and heart, by expressing, transforming and expanding the seventeen principles of art found in the Vedic tradition, we find ourselves sitting at the feet of the Creator, listening to how the language of silence will be expressed in our time".

Curt Kallman


et pour en savoir plus sur cette passionnate aventure
http://www.vedic-art.fr/

16 mai 2008

The Hermit and the High Priestress


The Hermit represents the need to distance yourself from the people and events in your life that are causing undue strain on your emotions. There are times in your life when seclusion and isolation are warranted. The Hermit is a card of discovery and enlightenment, which can only develop by spending time alone with your thoughts. Your energy will be depleted quickly in social situations.

When The High Priestess is among your personal cards, the influence of The Hermit may be increased. Having The World or The Lovers in your personal cards may diminish the influence of The Hermit.


The High Priestess is the mysterious one and counterpart to the Magician. She symbolizes all that we are unable to perceive or comprehend, as she travels in dimensions that we can only imagine exist. She is able to uncover the infinite potential that exists within all humans. Her patience is perhaps her greatest virtue.

When The Hermit or Hanged Man are among your personal cards, the influence of The High Priestess may be increased. Having the Magus in your personal cards may diminish the influence of The High Priestess.
Catherine's Core Cards
These cards represent your most basic traits.

The strenght and the fool


Strength is a card of courage, determination and inner might. You are in a position to deal with whatever comes your way. You have reached a position of influence and no longer need to force your beliefs upon others. You are aware of the temptations that exist, but your ability to resist them is strong. Be careful not to take advantage of your power or risk becoming abusive and destructive. Listen to your inner voice and trust your instincts.

When The Hanged Man is among your personal cards, the influence of Strength may be increased. Having The Chariot in your personal cards may diminish the influence of Strength.



The Fool desires to achieve great things in life, but does not always anticipate the hard work required. Full of curiosity and searching for answers, the Fool symbolizes a new beginning and endless optimism. He must be careful in the decisions he makes, as his lack of experience is often a hindrance. While others may avoid taking on insurmountable odds, The Fool will attempt to accomplish near impossible goals with almost reckless abandon.

When The Hanged Man or The Star are among your personal cards, the influence of The Fool may be increased. Having The Devil in your personal cards may diminish the influence of The Fool.

Catherine's Growth Cards
These cards represent the major influences on you in the near future.

The justice and High priestress


Justice represents the balance in life between right and wrong. It is a reminder that you are accountable for your actions and you must be prepared to accept the consequences of any misdeeds. You have been given the strength to fight injustice in everyday life, so bring balance back into the world around you.

When The Emperor is among your personal cards, the influence of Justice may be increased. Having The Devil in your personal cards may diminish the influence of Justice.



The High Priestess is the mysterious one and counterpart to the Magician. She symbolizes all that we are unable to perceive or comprehend, as she travels in dimensions that we can only imagine exist. She is able to uncover the infinite potential that exists within all humans. Her patience is perhaps her greatest virtue.

When The Hermit or Hanged Man are among your personal cards, the influence of The High Priestess may be increased. Having the Magus in your personal cards may diminish the influence of The High Priestess.
Catherine's Lucky Cards
These cards represent factors that favor you.

The empress and the lovers


The Empress is in tune with Nature and symbolizes the ability to connect with the planet. Nurturing and caring, she is often thought to represent birth itself. Not necessarily the birth of a child, but perhaps the birth of a new project or business venture. Although she appreciates the simple things in life, she is not afraid to let loose and enjoy abundance.

When The Lover or The Star are among your personal cards, the influence of The Empress may be increased. Having the Emperor or Death in your personal cards may diminish the influence of The Empress



The Lovers represent a powerful union and the harmony of opposites. It represents the combining of two elements to create an even greater entity. This card often represents the formation of a new relationship or the strengthening of a current one. Love can come your way at anytime. There are difficult decisions to be made and conflict may arise when temptation and desire overcome morals and ethics.

The Lovers' influence is increased when The Empress is among your personal cards. Having The Hierophant or The Hermit in your personal cards may diminish the influence of the Lovers.

Catherine's Desire Cards
These cards focus on your ambitions and dreams

The lovers and the fool


The Lovers represent a powerful union and the harmony of opposites. It represents the combining of two elements to create an even greater entity. This card often represents the formation of a new relationship or the strengthening of a current one. Love can come your way at anytime. There are difficult decisions to be made and conflict may arise when temptation and desire overcome morals and ethics.

The Lovers' influence is increased when The Empress is among your personal cards. Having The Hierophant or The Hermit in your personal cards may diminish the influence of the Lovers.




The Fool desires to achieve great things in life, but does not always anticipate the hard work required. Full of curiosity and searching for answers, the Fool symbolizes a new beginning and endless optimism. He must be careful in the decisions he makes, as his lack of experience is often a hindrance. While others may avoid taking on insurmountable odds, The Fool will attempt to accomplish near impossible goals with almost reckless abandon.

When The Hanged Man or The Star are among your personal cards, the influence of The Fool may be increased. Having The Devil in your personal cards may diminish the influence of The Fool


Catherine's Power Cards
These cards represent strengths and abilities you were given at birth.

Strength



Strength is a card of courage, determination and inner might. You are in a position to deal with whatever comes your way. You have reached a position of influence and no longer need to force your beliefs upon others. You are aware of the temptations that exist, but your ability to resist them is strong. Be careful not to take advantage of your power or risk becoming abusive and destructive. Listen to your inner voice and trust your instincts.

13 mai 2008

L'autorisation noétique

Par quels cheminements peut-on entrer dans un processus d'évolution conduisant vers un plus être ?


Avant-propos

Pendant notre travail de maîtrise nous avons tenté de montrer que la psychothérapie et le yoga sont des méthodes éducatives ne reposant pas seulement sur le savoir mais aussi sur la connaissance de soi. Le yoga, les méthodes de psychothérapie ainsi que l'éducation au sens de Krisnamurti partent du constat que la construction identitaire de la personne, par identification du soi a un rôle social, constitue l'origine de la souffrance. Cette identification provoque une fragmentation de la personne à l'origine des conflits intérieurs et des souffrances des hommes. Une prise de conscience de cette fragmentation intérieure mène à la discrimination intellectuelle et c'est alors que le cheminement vers la connaissance de soi commence. Nous avons défini le concept de connaissance de soi comme signifiant une évolution de la structure psychologique interne de l'individu lui permettant de découvrir et d'accepter, peu à peu, qui il est et ce qu'il est. Ce processus d'évolution provoque un élargissement de la conscience ouvrant à une meilleure compréhension du monde et pouvant parfois mener, semble-t-il, vers la spiritualité. Mon projet de DEA, né de cette constatation, nous a conduit à poser d'autres questions : comment la connaissance de soi permet-elle de s'ouvrir à la dimension spirituelle ? Cela est-il possible pour tous les individus ? Quelle est la place de la spiritualité à l'université ? La connaissance de soi peut-elle s'enseigner ? Est-elle une priorité dans l'éducation ?

Problématique

La modernité semble nier la dimension spirituelle chez l'homme alors que l'aspect religieux, sacré, a toujours été présent dans toutes les civilisations. Est-ce à cause de la priorité du rationnel dans les sociétés occidentales, d'une science qui nie l'irrationnel ou est-ce parce que l'homme d'aujourd'hui n'a plus conscience de la dimension sacrée en lui ?

Pourquoi l'homme moderne, malgré toutes ses inventions et son évolution scientifique n'a t-il pu résoudre le problème de sa souffrance ? Nous entendons par souffrance cette maladie de l'âme provoquée par les conflits intérieurs de l'individu. La problématique du chercheur, son interrogation profonde, résident dans ce questionnement. Ne peut-on pas tenter de résoudre le problème de la souffrance humaine en aidant les hommes à se connaître mieux ? La vocation première de l'éducation n'est-elle pas de conduire l'individu vers l'éveil de lui-même afin qu'il puisse parvenir à son plein épanouissement ? Cela ne passe-t-il pas forcément par la connaissance de soi permettant de retrouver son unité, de s'ouvrir à un autre regard sur le monde, à d'autres valeurs et au sens de l'existence ?

Hypothèses
Mon hypothèse de départ réside dans la proposition qu'il est possible de vaincre la souffrance humaine, cette fragmentation interne responsable des conflits et de l'ignorance des hommes, par la connaissance de soi. Nous conserverons ici le concept de connaissance de soi défini comme une possibilité d'évolution de la structure psychologique de l'individu, l'amenant à un élargissement de sa conscience et lui permettant d'accéder à une meilleure compréhension de lui-même et du monde. Nous faisons l'hypothèse que cet élargissement de la conscience menant à une meilleure connaissance de soi et du monde peut également conduire l'individu vers la spiritualité. Nous définissons la spiritualité(1) comme ce qui pousse l'individu à la transcendance, à accéder à la plus haute réalisation de lui-même c'est-à-dire à ce que nous nommons l'autorisation noétique (2). Nous définissons l'autorisation noétique comme le processus interne conduisant une personne vers une évolution d'elle-même la conduisant au dépassement et à la réalisation d'elle-même.

Il ne s'agit pas d'atteindre un état de réalisation de soi final, permanent et définitif mais de parvenir à l'acceptation de ce qui est et d'être un avec le changement sous toutes ses formes. Le début de tout travail de connaissance de soi commence par un éveil, un questionnement et des interrogations sur la vie, sur le sens de son existence. Pour tenter de saisir le processus de transformation interne menant vers l'autorisation noétique, je vais m'appuyer sur l'histoire de vie de trois personnes reconnues comme étant parvenues à la plus haute réalisation de leur existence. Il s'agit de Shri Aurobindo Ghose, de C.G. Jung et de Krishnamurti.

Carl Gustav Jung

Carl Gurtav Jung est né le 26 juillet 1875 en Suisse, d'un père pasteur et d'une mère appartenant à une vieille famille bâloise patricienne qui comptait plusieurs pasteurs. Il passa son enfance dans un cadre rural, en rapport direct avec la nature, et reçut une éducation religieuse. A l'âge de quatre ans, il est séparé de sa mère qui doit être hospitalisée plusieurs fois à Bâle. Carl souffre énormément de cette séparation, souffrance se caractérisant par un eczéma généralisé. Très jeune il fait des rêves, rencontre des signes venant mettre en doute la croyance qu'on tente de lui enseigner et cela perturbe son équilibre intérieur. Le jeune Carl entre en conflit, il est en désunion avec lui-même et cela le pousse à s'interroger sur la religion ainsi que sur ses modèles familiaux. C'est un enfant très sensible, très à l'écoute de la nature et de son monde intérieur. Lorsqu'il entre au collège, à Bâle, à partir de sa onzième année il réalise qu'il est différent des autres enfants et qu'il est perçu comme différent. Cette différence va s'intensifier au fil de toutes ses années de collège et fera de lui un adolescent extrêmement seul, incompris, avec des difficultés d'adaptation sociale. La souffrance qu'il ressent, le désaccord avec sa nature profonde et ce qu'on lui demande d'être, le conduisent à être très attentif à sa vie intérieure. A travers ses réflexions, ses rêves, des visions qu'il aura assez jeune le conduisant à faire une expérience d'illumination et de grâce, il découvre qu'il possède une double personnalité : ce qu'il nomme son numéro 1 est celle qui le pousse à devenir un homme parfaitement intégré socialement alors que l'autre, son numéro 2, le rattache à l'unité du monde et à ses plus profonds secrets. Malgré ses difficultés scolaires Jung fait des études mais hésite pour choisir sa future profession. Ses rêves vont le pousser à devenir médecin. Pendant ses études de médecine il continue cependant de chercher des réponses à ses questions existentielles sur l'âme humaine et sur Dieu. Il finit par s'intéresser aux apparitions d'esprits, aux phénomènes psychiques, au spiritisme, à l'occultisme, ce qui le rend différent de ses camarades. Après s'être heurté au bloc de la tradition et de la croyance dans son enfance il rencontre maintenant les préjugés. Ces expériences et l'incompréhension qu'il rencontre l'amènent à comprendre qu'il est nécessaire d'entrer dans le moule social, de rester dans le domaine connu de tous. Peu à peu la personnalité numéro 1 de Jung s'impose au détriment de son numéro 2. En lisant un manuel de psychiatrie, lors de la préparation des ses examens, il a une véritable révélation de sa future profession. La psychiatrie concerne les maladies de l'âme et semble être le lieu de la rencontre entre la nature et l'esprit. En 1900 Jung quitte Bâle pour aller travailler dans un hôpital psychiatrique à Zurich. Rapidement il s'intéresse aux travaux de Breuer, Freud, Pierre Janet, etc..., rencontre Freud en 1906 et s'associe à ses travaux malgré une certaine réticence pour la théorie sexuelle freudienne. L'amitié entre les deux hommes dure jusqu'en 1913, date à laquelle la rupture se produit, laissant Jung seul et rejeté de la communauté psychanalytique. Il a alors 38 ans et cette rupture avec Freud est un événement très important dans sa vie, un choc le conduisant vers une période de solitude, de désorientation et d'incertitude pendant laquelle il se confronte avec son inconscient. En s'abandonnant et se confrontant avec son inconscient, il découvre la signification de l'accomplissement des rites, des sacrifices, a des visions, des rêves éveillés l'entraînant dans un dialogue avec son inconscient, découvre que l'inconscient possède certaines figures apparaissant sous forme de personnages avec lesquels il peut converser, apprend à rendre conscientes des images dissimulées derrière les émotions qui l'agitent et se livre tout entier à un monde étrange qu'il ne comprend pas et ne maîtrise pas. Un processus possédant sa propre logique interne commence et Jung l'observe. Il réalise également combien le monde intérieur de l'inconscient est dangereux, pouvant entraîner l'homme sur les plus hauts sommets de la spiritualité mais aussi dans les plus bas fonds de l'âme humaine. De tout cela émerge du sens pour Jung, probablement le sens de sa vie : la certitude qu'il est saisi et subjugué par un message qu'il lui faut transmettre. Mais avant de transmettre il doit complètement comprendre ce dont il fait l'expérience. La solitude et l'errance psychique de Jung durent de 1913 à 1918. Ce qui l'aide beaucoup à sortir de l'obscurité dans laquelle il est, sont les mandalas (3) qu'il dessine entre 1916 et 1918. Il semble que Jung dessine spontanément des mandalas, avant même d'en comprendre la signification. Cela lui permet d'observer les transformations psychiques qui s'opèrent en lui.

Après la confrontation avec l'inconscient C.G. Jung se plonge dans l'étude de la gnose. Les gnostiques l'intéressent parce qu'il suppose qu'ils ont rencontré, avant lui, le monde de l'inconscient et de ses images symboliques. Il cherche à connaître la façon dont ces hommes et ces femmes réagissaient et comprenaient ces images. Ce travail le conduit vers l'alchimie qui va devenir un des piliers sur lesquels il va s'appuyer pour développer son oeuvre. La rencontre avec l'alchimie est donc essentielle dans la vie de Jung puisqu'elle va lui permettre de comprendre et d'expliquer le mythe religieux à partir de l'inconscient, et donc de la psychologie.

Jung voyage beaucoup et constate que ce qu'il a découvert à l'intérieur de lui-même, dans la psyché de ses malades et à travers son étude des symboles, de l'alchimie et des mythes, est quelque chose d'universel. Pendant cette longue période qui s'étend de 1913 à 1944, Jung fait l'expérience de la conscience cosmique, de la non dualité et découvre que c'est le processus de la réunification des contraires qui provoque une transformation de la psyché la conduisant vers un élargissement de la conscience.

A 69 ans, en 1944, Jung fait l'expérience de la mort suite à un infarctus cardiaque. C'est un moment très important car pendant la période où il est inconscient il fait une expérience mystique. Il décrit une "sortie hors du corps (4)" au cours de laquelle il peut apercevoir la sphère terrestre baignée d'une lumière bleue. Il fait l'expérience du détachement. A la suite de la rencontre avec la mort, Jung semble avoir atteint un autre stade de sa métamorphose intérieure ; après cette période il travaille beaucoup et écrit ses oeuvres principales en laissant les choses se faire, sous l'emprise d'une impulsion créatrice. Jung entrait dans la dernière partie de sa vie avec une grande sagesse intérieure et une certitude : la vérité ne peut surgir dans l'acte de la volonté, dans la lutte contre son destin ; l'homme, s'il veut accéder à la compréhension du monde et de la vie, doit accepter son destin et la manifestation de ses intentions.
C.G. Jung et l'autorisation noétique
En étudiant la vie de Jung nous nous apercevons que l'autorisation noétique, c'est-à-dire ce qui permet à l'individu d'atteindre sa plus haute réalisation ne surgit pas d'un coup mais constitue un processus continu de transformation de soi, processus qui l'a accompagné tout au long de son existence et auquel il a été attentif. Il semble cependant y avoir eu des moments clés, des moments "flash" qui surgissaient d'un coup et dont Jung n'était pas responsable. Ces flashes provoquaient une compréhension entraînant une modification interne, une avancée du processus, ils semblent avoir été comme faisant partie du destin de l'individu. Les autres moments décisifs correspondent davantage à la résultante de choix successifs que l'on fait. Nous pouvons cependant nous interroger sur ce qui détermine nos choix, ce qui parfois nous pousse à faire un choix plutôt qu'un autre : est-ce la raison ou est-ce quelque chose de plus intuitif et qui correspond à un instinct auquel nous ne pouvons que nous soumettre ?

Jung, dès son plus jeune âge, est conscient de sa différence. Il est en contact avec son monde intérieur et est conscient qu'il y a une différence entre ce monde et le monde extérieur. Ceci va générer de la souffrance, de l'incompréhension et une difficulté d'adaptation à la vie sociale et à ses conditionnements. C'est cette souffrance, cette incompréhension qui font de Jung un chercheur, d'abord un enfant qui ne comprend pas les événements étranges dont il est le témoin, puis un adolescent s'interrogeant énormément et cherchant à comprendre ses pensées les plus intimes, et enfin un homme qui passera sa vie à une tentative de compréhension du monde. On voit, dans l'existence de Jung, peu à peu se dévoiler cette compréhension au fil des rencontres importantes qu'il fait et qui lui apportent des réponses ; au fil du temps émerge une certaine vision du monde. Carl Gustav Jung n'a jamais été ce qu'on pourrait appeler un homme fermé, ne se posant pas de questions et affirmatif de ce qu'il est, c'est-à-dire certain de son Moi. Au contraire, dès l'origine il apparaît comme un être ouvert à tout ce qui l'interpelle, se posant des questions existentielles sur la vie et le monde ainsi que sur lui-même. A aucun moment il n'apparaît comme quelqu'un de sûr de lui mais au contraire ne sait pas exactement qui il est ; c'est ce qui le pousse toujours vers son devenir, vers une recherche de compréhension. Nous pourrions dire que, dès l'enfance, il appartenait à cette catégorie d'homme que nous pouvons qualifier de profond, d'existentiel et qui correspond à l'homme qui doute et qui s'interroge. On voit bien apparaître dans la vie de Jung une phase où il tente de rejoindre les hommes fermés, de se socialiser. C'est la phase où il est en relation avec Freud. Freud, s'il s'interroge sans cesse sur la vie, s'il appartient à l'homme existentiel, reste cependant très ancré dans l'homme fermé tandis que Jung semble aller vers autre chose, il est pris dans un mouvement qui le conduit vers une évolution, un processus de transformation intérieure. Cette transformation va réellement commencer après la rupture avec Freud. Jung va s'abandonner à sa véritable nature : cela va réellement démarrer avec la connaissance de soi, avec cette remise en cause profonde et cette interrogation sur sa vie. Les remontées de l'inconscient vont surgir avec les souvenirs d'enfance ; en accédant à une meilleure connaissance de lui-même Jung va s'ouvrir, élargir sa conscience. Ensuite il va, lors de la confrontation avec l'inconscient, accéder à l'aspect collectif des choses par l'émergence d'images et de fantasmes à caractère mythologique et religieux. Il semble qu'à cette phase de son évolution Jung ait eu accès à une connaissance ontologique, c'est-à-dire en dehors de tout savoir livresque, une connaissance qui surgit de l'intérieur même de l'individu. C'est alors une véritable création qui provient de l'intériorité de l'homme qui se produit car il réinvente le monde, a accès à une compréhension du monde. C'est une sorte d'illumination, une compréhension de la vie. En se confrontant avec l'inconscient l'homme accède à la dimention mythologique et aux deux dimensions de la vie : la première concerne le sens du sacré et du bien suprême qui correspondent à un esprit religieux au sens propre de ce terme, c'est-à-dire un esprit qui ne s'attache pas aux dogmes d'une organisation, ni aux croyances, mais un esprit qui fait l'expérience du religieux. Il est saisi par lui, par une sorte d'illumination, de grâce qui le pousse vers un autre regard sur le monde. L'autre dimension est celle où l'homme se voit confronté à des démons, des monstres, à cette partie que l'on nie, qui correspond au mal et qui, bien qu'étant niée, a toujours constitué l'ombre du monde et sa nature profonde. Après cette émergence, ce surgissement de symboles qui vont provoquer une profonde transformation de la psyché humaine et une ouverture de la conscience, Jung va comprendre sa mission sur la terre, le sens de son existence. L'autorisation noétique commence ici car l'homme accède à la réalisation de lui-même. Pour Jung cela va consister en la construction d'une oeuvre, la transmission de ce dont il a fait l'expérience. Sa vie prend tout son sens dans cette transmission à la fois à travers l'oeuvre qu'il construit et dans sa relation avec ses malades. Pendant une trentaine d'années Jung va se consacrer à son oeuvre psychologique et à ses malades sans, me semble t-il, qu'il y ait d'autres grands moments provoquant une nouvelle ouverture, un nouvel élargissement de la conscience. Pourtant Jung n'est pas arrivé au terme de sa métamorphose, de sa transformation. C'est à 69 ans, trente et un ans après la confrontation avec l'inconscient, qu'il va accéder à une nouvelle ouverture. Cette fois c'est à la mort qu'il doit se confronter pour accéder à un nouveau niveau de conscience. Lors de sa crise cardiaque, et pendant qu'il est inconscient, il a des visions qui modifient considérablement, une fois encore, sa vision du monde. S'il avait bien perçu que la réunification des contraires en l'individu - c'est-à-dire le dépassement de la dualité - le menait vers le Soi, c'est-à-dire le centre de la personnalité et l'unité, il découvre en affrontant la mort qu'il y un autre niveau d'ouverture et qui correspond à la mort de l'Ego, à la mort du Moi. Alors l'homme accède à l'unité profonde de lui-même avec le monde. Jung décrit cette phase du processus comme un arrachement, quelque chose d'extrêmement douloureux et qui mène à la mort. Après cette épreuve, cette nouvelle ouverture de sa conscience, Jung est un homme des profondeurs, il est en relation avec l'essence même des choses. Son oeuvre n'est pas terminée et il l'achèvera mais alors elle va devenir inaccessible à ceux qui n'auront pas fait l'expérience de ce dont il parle et c'est pourquoi Jung sera tellement critiqué et incompris. L'autorisation aura atteint alors un niveau auquel peu d'hommes sont parvenus et qui s'apparente à l'expérience spirituelle des grands sages. L'auto-formation à ouverture spirituelle jungienne apparaît donc comme un processus qui se développe tout au long des étapes de la vie. Certains événements déterminants semblent cependant favoriser ce processus. Dans l'enfance c'est le sentiment d'être différent, incompris, qui pousse l'individu à chercher qui il est et à mieux comprendre son monde intérieur, ensuite c'est la souffrance provoquée par la rupture avec Freud. Il y a alors la reconnaissance de tout ce monde intérieur qui nous fragmente et ouverture, réunion du conscient et de l'inconscient. Jung nous explique l'accès au Soi, à la réunion des contraires à travers la psychologie humaine tandis que d'autres hommes l'ont fait d'une façon bien différente, à travers la philosophie, la religion ou le mysticisme.

Krishnamurti
Qui donc était Krishnamurti ? Un jeune Hindou né dans l'Inde du sud le 11 mai 1895. On l'appela Krishna parce que l'usage veut que le huitième enfant d'une famille indienne, s'il est de sexe masculin, porte le nom de Krishnamurti afin de rendre hommage au Dieu Krishna qui fut lui-même un huitième enfant. Dès le lendemain de sa naissance le destin du bébé est fixé par l'horoscope établi selon la coutume : Krishnamurti serait un très grand homme. Cette prévision vint confirmer une prémonition que Sanjeevamma, sa mère, avait eue pendant sa grossesse lui indiquant un destin exceptionnel pour son enfant. La famille de Krishnamurti appartient à la caste des brahmanes5. Son père, Narianiah diplômé de l'université de Madras est employé dans l'administration britannique ; il respecte profondément la tradition et le jeune Krishna reçoit, dès sa naissance, une éducation religieuse. Pendant ses dix premières années Krishnamurti vit dans une famille unie avec ses frères. Il est cependant très proche de son jeune frère Nityananda ainsi que de sa mère avec laquelle il partage des dons de clairvoyance leur permettant d'entrer en contact avec une de ses soeurs décédée. La scolarité du jeune enfant est difficile car il ne présente aucun don intellectuel mais est plutôt enclin à la rêverie et à la méditation spontanée. En décembre 1905, sa mère meurt et Krishna se trouve privé de toute tendresse maternelle. Son père, occupé par son travail, arrive péniblement à faire vivre sa famille et n'a guère le temps de s'occuper de ses enfants.

En 1907, le père de Krishnamurti prend sa retraite et propose ses services à la société théosophique dont il est membre depuis 1882. Il est engagé comme secrétaire-adjoint au siège se trouvant à Adyar. Narianiah déménage et s'installe à Adyar avec ses enfants. C'est là que le destin du jeune Krishnamurti bascule.

Le mouvement théosophique, à cette époque, annonce la venue d'un instructeur du monde, un nouveau Christ apportant l'aide sur la terre et renforçant la spiritualité que les hommes ont perdue. L'un des rôles de la théosophie est de préparer l'humanité à la venue de ce messie. Krishnamurti est reconnu par Leadbeater (6) pour remplir cette mission. A partir de cet instant la société théosophique enlève Krishnamurti et son frère à leur père et Leadbeater initie Krishnamurti à l'ésotérisme. Le jeune homme est façonné, conditionné par les théosophes pour devenir celui qu'ils désirent qu'il devienne et part, avec son frère, en Angleterre afin de reçevoir une éducation digne de sa mission .

Krishnamurti et son frère passent plusieurs années à étudier en Occident ; Krishna n'est pas doué pour les études tandis que son frère présente un esprit brillant et vif.

Les deux frères ne sont jamais libres, n'ont que très rarement l'occasion de mener une vie normale avec des jeunes gens de leur âge et restent ainsi sous l'emprise du mouvement théosophique pendant de nombreuses années. Krishnamurti commence à s'affirmer et à se révolter contre l'autorité des chefs de la société théosophique. Il semble que cette révolte provienne d'une souffrance intérieure et d'un sentiment de solitude profond. Krishnamurti, bien que doux, attentionné et dénué de tout égoïsme, possède toutefois un sens aigu de l'indépendance. En voulant aliéner sa nature profonde aux doctrines théosophiques on l'oblige à ne pas respecter sa vraie nature, on le prive de la liberté de penser et d'agir par lui-même. C'est sans doute ce conditionnement total qui génère un conflit aigu dans l'âme du jeune homme ainsi qu'une immense souffrance et une grande solitude. Son esprit d'indépendance ne pouvant pas se manifester extérieurement, Krishnamurti, dont la tendance naturelle est déjà d'être un être profond, va s'intérioriser et développer sa vie spirituelle à travers la méditation. Krishnamurti est vénéré par les adeptes de la théosophie ; partout où il se rend il est adoré comme un Dieu mais jamais le sentiment de vanité ne se développera en lui. Au contraire, toute cette adulation lui fera prendre conscience de l'aveuglement des êtres humains et de leur endoctrinement, de leur aliénation à un mouvement, à un homme, à une idée et les poussant à adorer un homme qu'ils ne connaissent pas. Un sentiment de révolte va donc surgir de toute cette mascarade, de cette souffrance puissante qui tourmente son âme assoiffée de liberté et de compréhension. Les deux frères effectuent de nombreux voyages et Nitya, atteint de la tuberculose, a besoin d'un grand repos dans un climat favorable à la maladie. Le secrétaire général de la société théosophique aux États-Unis, M. Warrington, va proposer aux deux frères un séjour près de Los Angeles dans la vallée d'Ojai. Le 17 août 1922, six semaines après son arrivée dans la vallée, Krishnamurti vit une expérience mystique d'une grande intensité qui bouleverse sa vie et le conduit à la joie et à la félicité. Krishna atteint l'état de samadhi (7) et est transformé par cet état de plénitude totale. A la suite de cette expérience Krishnamurti sait comment il doit diriger sa vie car sa mission lui a été pleinement révélée : aider les autres sans les conditionner. Une longue et intense période de création poétique va suivre cet état et tous les écrits de Krishnamurti remontant à cette époque sont d'une grande beauté, imprégnés de l'expérience transcendantale de l'âme. Krishnamurti nous y parle de sa vision du monde et de son amour pour le divin. Cependant Krishna est toujours sous l'emprise du mouvement théosophique et continue de parcourir le monde tout en s'occupant de Nitya dont l'état n'est pas brillant. Il pense cependant que la vie de son jeune frère sera épargnée car les théosophes affirment que Nitya doit le seconder dans sa mission. Le 13 Novembre 1925 Nitya meurt à Ojai alors que Krishnamurti est sur un bateau se dirigeant vers l'Inde. C'est Mme Besant qui lui apprend la nouvelle et le choc est terrible. Il apprend qu'il faut accepter d'être seul au monde, que l'attachement est source de souffrance et qu'il n'est pas l'amour. Les bases de son futur enseignement prennent leurs racines dans l'expérience divine vécue à Ojai ainsi que dans le choc provoqué par la mort de son frère. C'est quatre ans après la mort de son jeune frère que Krishnamurti trouve suffisamment de ressource en lui-même pour dissoudre le mouvement de l'Étoile d'Orient, mouvement créé pour lui, dont il est le chef, et quitte définitivement la société théosophique. Cet événement essentiel dans la vie de Krishnamurti se produit lors de l'ouverture du camp annuel d'Ommen (8), le 3 août 1929. Il y prononce un discours dans lequel il exprime tout ce qu'il a sur le coeur.Tout son discours est un appel à la prise en charge de soi et à l'autonomie, il demande que l'on cesse de toujours chercher à l'extérieur de soi, auprès des sages et des organisations, ce qui se trouve à l'intérieur de nous-mêmes. Pour accéder à la libération il faut comprendre, dépasser la souffrance et cela passe par la connaissance de soi.

A partir de cet instant et pendant toute sa vie Krishnamurti s'emploie à essayer de délivrer l'homme de ses peurs et des ses aliénations. Il organise ce qu'il nomme des causeries et sans cesse, individuellement ou collectivement, que ce soit en Inde, en Europe ou aux États-Unis il s'adresse aux hommes, tel un éducateur qui tente désespérément de faire comprendre à ceux auxquels il s'adresse, quelque chose dont il a fait l'expérience mais qui est intransmissible par les mots et dont la compréhension intellectuelle ne permet pas de saisir toute la portée et toute la vérité, quelque chose dont il faut faire l'expérience soi-même pour parvenir à la comprendre, l'intégrer et la vivre.

Krishnamurti et l'autorisation noétique
Krishnamurti, dès son plus jeune âge, est décrit comme un enfant éveillé au sens spirituel du terme. Il est possible de distinguer trois grandes périodes dans sa vie et dans le processus interne le menant vers la plus haute réalisation de lui-même.

- Une période allant de sa naissance jusqu'à 1922 et que nous qualifierons de période religieuse. Les quatorze premières années de sa vie Krishnamurti fut soumis aux habitus de la culture indienne au sens le plus classique du terme. Enfant d'une famille de brahmanes il reçut l'enseignement traditionnel de la religion hindoue et subit l'influence d'une mère très portée sur l'occultisme. Il est alors immergé dans l'imaginaire indien très axé sur la religion. Entre sa quatorzième et sa vingt-septième année il va être conditionné par la société théosophique et être initié aux états modifiés de la conscience ainsi qu'aux expériences psychiques. Nous pouvons dire que durant les 27 premières années de son existence Krishna vit dans un monde ésotérique auquel il semble adhérer malgré une très grande solitude et une souffrance intérieure qui ne fera que croître, amenant peu à peu des questions, des doutes. Ces doutes, ces questions le feront peu à peu progresser vers lui-même et vers une quête de réponses.

- La seconde période s'étend de 1922 à 1925. Nous l'avons vu, en 1922 Krishnamurti vit une expérience spirituelle nouvelle le menant vers la connaissance de l'unité, de l'état cosmique, de la non-dualité et l'expérience de visions, de sorties hors du corps. Ceci semble correspondre à une expérience spirituelle très importante le menant à affirmer que plus rien ne sera jamais comme avant. Cette expérience, décrite pour l'essentiel comme l'éveil de la kundalini (9),est accompagnée de ce que Krishnamurti nomme le processus, c'est-à-dire de fortes douleurs à la base de la colonne vertébrale et à la nuque. Ces douleurs se manifesteront régulièrement, tout au long de sa vie, et semblent être apparues à chaque fois que Krishnamurti vivait un état d'illumination. Le processus reste un mystère dans la mesure où il semble être le seul mystique à avoir décrit ces sensations de douleurs à un moment où, d'habitude, les sages sont libérés de la souffrance. Cette seconde période le conduit vers une conscience illuminée et est accompagnée d'une phase créatrice durant laquelle Krishnamurti écrit de nombreux poèmes. Le processus interne de transformation de la conscience a soudainement changé de niveau ; Krishnamurti décrit cette modification comme sans relation de causalité avec les diverses "initiations" auxquelles il fut soumis par les théosophes. Nous nous s'interrogeons cependant sur cette réflexion reprenant le débat entre différentes écoles spirituelle bouddhiques sur l'illumination subite ou graduelle. Il semble évident que l'illumination apparaît subitement et l'éveil est simultané, mais, il apparaît également important de rappeler que Krishnamurti a subi toute une "éducation" durant laquelle il a, graduellement, acquis un certain nombre d'expériences et de savoirs, le préparant à un tel éveil, même si celui-ci semble survenir d'un seul coup. Rappelons également qu'au moment de cette expérience, Krishnamurti pratiquait la méditation, le yoga et récitait des mantras (10). Dire qu'il n'y a pas eu de préparation à ce qu'il a vécu me paraît irréaliste et Krishnamurti lui-même est contradictoire lorsqu'il affirme qu'il n'y a aucune relation causale entre l'événement d'Ojai et l'enseignement reçu par les théosophes. Le conditionnement infligé par les théosophes l'a conduit vers une très grande souffrance et une très grande solitude ; n'est-ce pas cette souffrance qui l'a conduit vers la pratique de la méditation et du yoga ? N'est-ce pas cette extrême blessure intérieure qui a provoqué des doutes ? Krishnamurti n'était-il pas, à cette époque de son existence, en grand questionnement intérieur sur le sens de sa vie ? N'effectuait-il pas une recherche solitaire sur lui-même ? Il dit lui-même que la pratique de la méditation l'a conduit à une meilleure compréhension de certains événements de son passé. Ne peut-on pas poser l'hypothèse que l'endoctrinement théosophique l'a poussé jusqu'au bord ultime du désespoir et de la souffrance, que de cette souffrance un questionnement intérieur est né, une quête de sens menant vers la pratique de la méditation, vers un cheminement intérieur ouvrant à la connaissance de soi et conduisant à l'expérience spirituelle ? Cette hypothèse semblerait contredire les écoles dites "gradualistes" reposant sur l'accumulation de pratiques et d'une culture spirituelle pour, ensuite, s'éveiller soudainement. Elle développerait l'idée que c'est la souffrance, la quête de la connaissance de soi qui conduisent vers l'éveil ou un changement de niveau de conscience menant vers l'ouverture spirituelle. Bien évidemment la connaissance de soi est graduelle dans le sens où elle s'effectue peu à peu, elle ne repose cependant ni sur l'accumulation de connaissances, ni dans l'apprentissage, mais plutôt sur la perte de ce que l'on connaît et sur le désapprendre afin d'aller vers ce qu'il y a au-delà des conditionnements. Se dépouiller de ce que l'on croit être et croit savoir, pour laisser l'être véritable se dévoiler. En ce sens, il serait peut-être possible de dire que l'éveil de Krishnamurti est "subit" et que c'est seulement après cet éveil qu'il a, graduellement, eu accès à ce qui lui était arrivé ?

- La troisième période commence en 1925 et va jusqu'à la mort de Krishnamurti. Cette troisième période survient à la suite du choc de la mort de Nitya. Krishnamurti fait alors l'expérience du renoncement radical et de l'acceptation. Renoncement de ses croyances que son frère ne pouvait pas mourir car il était utile à sa mission, et qu'il aurait dû être prévenu de cette mort par les maîtres avec qui il était en contact. Tout n'était donc qu'illusion ! Tout ce que les théosophes lui affirmaient depuis toujours était faux ! Le choc de cette révélation peut conduire l'homme au bord de l'abîme, du néant et il fait alors l'expérience du réel, de l'insupportable. Dans cette confrontation avec le réel il y a mort des croyances et des illusions . Ce renoncement est extrêmement douloureux ; l'homme est seul dans ce processus de renoncement qui débouche également sur une acceptation de ce qui est, de la vie telle qu'elle est. C'est une prise de conscience qui fait, une fois encore, changer le niveau de conscience de l'individu. Il accède alors à la véritable sagesse et à une authentique compréhension de lui-même et du monde et fait l'expérience du sacré, de cette " autreté ", ce sans nom, cette "otherness" qui transforme radicalement sa façon d'appréhender la vie. A la suite de cette expérience Krishnamurti prendra encore quatre années avant de se séparer définitivement des théosophes et assumer pleinement sa vie et sa responsabilité de citoyen du monde. Après la dissolution de l'Etoile d'Orient, il entre vraiment dans la liberté le menant à un accord total de lui-même et du monde. Il n'y a plus alors aucune notion de croyance mais une rupture radicale avec l'idée de la religion. Krishnamurti ne pose plus la question de Dieu, la question de la création comme s'il avait compris que tout aurait toujours été et qu'il y aurait un processus naturel de la vie permettant la transcendance de l'immanence.

Juste après l'expérience de 1925, Krishnamurti vivra encore une période extrêmement créatrice durant laquelle il tentera d'exprimer, à travers la poésie, le sans nom, l'otherness, puis il cessera d'écrire et se consacrera à l'enseignement. Ce que Krishnamurti ne cesse d'affirmer à partir de 1929, c'est qu'il faut se libérer de nos conditionnements, de tout ce qui nous construit et qui est illusions, croyances, préjugés, pour accéder à la liberté. Apprendre à se connaître est le seul moyen de parvenir à découvrir qui nous sommes derrière le mur des conditionnements. C'est seul que l'homme doit cheminer ; personne ne peut faire le chemin à sa place. Il doit mourir à ce qu'il est pour renaître différent, vrai, authentique et faire l'expérience de sa vérité, de sa liberté et de sa compréhension du monde. Cela ne peut se produire sans ce renoncement total, radical de tout ce qui a été, du passé et sans une acceptation de ce qui est dans l'instant, d'instant en instant. L'enseignement de Krishnamurti est construit sur le doute et le questionnement. Il faut sans cesse tout remettre en doute et questionner ce qui surgit. Ce questionnement, essentiellement philosophique, permet une progression vers soi-même ; alors la personne se met en quête de réponses, devient un chercheur de vérité. Krishnamurti a développé une pensée complexe (11), une pensée paradoxale portant en elle les germes de la tolérance. C'est en reconnaissant ses limites, l'incomplétude de ce que l'on affirme comme vérité, tant dans la science que dans la religion ou dans tout autre domaine, que l'on peut progresser dans la compréhension de soi-même et du monde.

Sri Aurobindo Ghosh

Sri Aurobindo naît le 15 août 1872, à Calcutta, en Inde, d'un père médecin et d'une mère qui était la fille du chef d'un mouvement religieux engagé politiquement et considéré comme le grand-père du nationalisme indien. Sri Aurobindo est élevé dans une atmosphère anglaise. En 1879, alors qu'il a sept ans, son père décide que ses enfants doivent recevoir une éducation entièrement européenne et les emmène à Manchester où ils restent en pension chez un pasteur anglais et sa femme. Les trois frères restent avec les Drewett jusqu'en 1885 puis vivent seuls, de 1887 à 1889 dans un quartier de Londres dans des conditions d'extrême pauvreté. Pendant cette période, lorsqu'il a 10 ans, Aurobindo a la vision qu'il jouera un rôle important dans une révolution. Il quitte l'Angleterre le 12 janvier 1893 après avoir fait de brillantes études et arrive à Bombay le 6 février 1893. En posant le pied sur la terre indienne, après 14 ans d'absence, il est touché par la grâce et connaît une expérience spirituelle. Dès son arrivée en Inde, en raison de sa formation occidentale, il assume des fonctions administratives et éducatives à Barodâ. Etant particulièrement doué pour les études il continue d'étudier et apprend le bengali tout seul ainsi que le sanskrit, ce qui lui permet d'accéder aux grands textes sacrés indiens.

Durant la première année de son retour, en 1893, il fait une autre expérience spirituelle. Pendant cette expérience il a la vision du divin en lui qui le protège, il fait aussi l'expérience de la non-séparativité entre la divinité et lui-même. Très vite, d'ailleurs, il se considère comme étant aux ordres du divin. Les ordres de Dieu lui demandent de libérer l'Inde. Il entre alors dans l'action par la publication d'articles politiques attaquant le Congrès National qui se leurrait et leurrait la nation en passant pour le libérateur virtuel du pays. Il souhaite parvenir à un équilibre entre la culture moderne et l'idéalisme de l'ancienne philosophie indienne afin que celle qu'il appelle "la Mère", c'est-à-dire l'Inde, puisse servir de guide à l'humanité toute entière. C'est par cette synthèse de la modernité et de la spiritualité qu'il est peut-être possible de sauver la civilisation moderne de son avidité d'industrialisation qui provoquera sa destruction. Il pense qu'une telle tâche ne peut s'effectuer sans l'intervention d'un pouvoir supérieur, une intelligence universelle pouvant le soutenir dans son travail et son action ; c'est pourquoi il recherche l'aide de yogis pouvant l'aider à acquérir la force intérieure qui lui permet de réaliser son oeuvre politique. C'est par la fréquentation de grands yogis qu'il reçoit ses premières leçons de yoga. Aurobindo mélange la politique et la méditation et il mène ces deux activités de front sans aucun problème. Ainsi en cherchant à obtenir la force intérieure pour réussir dans sa mission de libérer l'Inde, Aurobindo explore le monde caché de la spiritualité, en fait l'expérience. Il comprend que l'homme doit suivre son chemin seul, en payant de sa personne, et qu'il ne doit pas s'attacher à un gourou. Ce qui semble le choquer c'est ce refus du monde des yogis lorsqu'ils ont atteint l'état de libération. Ils semblent planer dans un univers de béatitude, parfaitement détachés de ce qui se passe dans le monde. Pourtant, dans les textes sacrés qu'il étudie, il lit qu'il n'y a pas de distinction entre Dieu et le monde, entre Dieu et la Vie. Il découvre le secret de ces livres qui s'était comme perdu et qui réside en la réconciliation entre les extrêmes, la lumière et les ténèbres, l'esprit et la matière. C'est en écrivant dans un journal dont il assume la direction, le Bandé Mâtaram, qu'il transmet son désir ardent pour la libération de la Mère. Le gouvernement anglais essaye d'arrêter Sri Aurobindo et ses amis sous différents prétextes et, notamment, sous celui de sédition, mais il a des difficultés à prouver qu'il est le responsable du Bandé Mâtaram. Au milieu de toute l'agitation politique que suscitent ses propos, Sri Aurobindo, au début de l'année 1908, rencontre, grâce à son frère Bârin, un maître yogi : Vishnou Bhâskar Lélé, qui, dans sa jeunesse, avait été un nationaliste acharné. Ce dernier conseille à Aurobindo d'arrêter la politique trois jours et de rester avec lui. Pendant ces journées il vit des expériences spirituelles le menant à l'éclatement de l'ego.

Le 5 mai 1908 il est jeté en prison suite à des attentats. Dans cet isolement total et des conditions de vie inhumaines, Sri Aurobindo renforce encore sa foi en un pouvoir supérieur. Il reste un an emprisonné pendant lequel il est continuellement en contact avec la spiritualité et ce qu'elle lui enseigne de l'intérieur. C'est là, dans une solitude totale, que se posent les bases de tout son travail ultérieur sur la conscience humaine et de ses oeuvres sur le yoga. Le 5 mai 1909, pendant son procès et alors que tout laisse penser qu'il va être condamné à la peine capitale, son avocat, Chittaranjan Dâs, fait un discours qui bouleverse complètement le cours des événements : Aurobindo est acquitté. Après sa libération Aurobindo reprend ses activités politiques et ses discours à travers un nouveau journal : le karmayogin. Ses articles sont désormais toujours porteurs d'enseignement spirituel, il tente d'y expliquer le fonctionnement de la conscience nationale et d'y décrire un système idéal basé sur une vérité intérieure essentielle. Cependant, au début de l'année 1910, des attentats sont organisés et les mouvements de répression du gouvernement menacent Sri Aurobindo. Il entend une voix intérieure qu'il connaît bien lui indiquer de partir à Chandernagor, ce qu'il fait immédiatement. Il reste quelques semaines à Chandernagor puis la voix d'en haut se manifeste de nouveau et lui ordonne de se rendre à Pondichéry (12). C'est son dernier voyage et la fin de ses activités politiques. A 38 ans, conscient que tout ce qu'il a effectué jusque là va être continué par d'autres et mènera à la liberté de l'Inde, il se consacre complètement à l'enseignement spirituel ainsi qu'à des recherches sur la conscience humaine. Sri Aurobindo et les quelques disciples qui se groupent autour de lui vivent dans une grande misère pendant les premières années à Pondichéry. Entre 1914 et 1920 il écrit énormément et publie presque la totalité de son oeuvre c'est-à-dire près de cinq mille pages. Puis, après ces six années, il considére qu'il a suffisamment écrit et se consacre à sa correspondance avec ses disciples ainsi qu'à l'épopée faite de 23.813 vers : Savitri (13), que l'on peut considérer comme un cinquième Veda (14) dans lequel Aurobindo transmet l'histoire de l'évolution terrestre et universelle ainsi que sa vision de l'évolution future.

Le 29 mars 1914 vient le rejoindre celle qu'il va appeler la Mère, qui va partager sa vie et continuer son oeuvre après sa mort.

Aurobindo et la Mère n'ont cessé de travailler sur la conscience humaine afin d'aider à l'évolution de la vie et à la transformation de l'homme. Ces travaux sont répartis en trois grandes phases : la première phase que l'on peut situer entre 1920 et 1926 et que les disciples appelaient la "période brillante", consistait en une vérification des pouvoirs de la conscience. Il s'agit d'une vérification par l'expérience des possibilités de la conscience humaine par rapport au corps. En 1926 s'ouvre la deuxième phase qui est une phase de travail sur le corps et dans le subconscient (15). En affrontant le subconscient, Aurobindo semble affronter ce que Jung appelait l'inconscient collectif et qui contient toute l'histoire du monde. Cette phase de travail s'étend jusqu'aux environs de l'année 1940 et pendant toutes ces années Sri Aurobindo et la Mère semblent avoir fait l'expérience de tout ce qu'il y a de plus horrible dans l'humanité, ils descendirent très bas dans l'obscurité de l'âme humaine puis se trouvèrent comme arrêtés devant des résistances empêchant la progression de leur travail. A la fin de cette deuxième phase de leur travail, Aurobindo et Mère, découvrirent qu'en se confrontant à leur subconscient personnel (16) ils avaient débouché sur un subconscient collectif et que, de ce fait, ce n'était pas par un travail individuel mais collectif qu'ils pourraient parvenir à la réalisation d'une transformation du monde. La troisième phase du travail d'Aurobindo et de la Mère fut donc la création d'un ashram (17) ouvert à tous où pourrait s'effectuer un travail collectif, une lutte collective pour nettoyer le subconscient. Ainsi, dans l'ashram de Pondichéry, véritable laboratoire du yoga supramental, la diversité de l'âme humaine était représentée parce que la transformation à laquelle Aurobindo et la Mère travaillaient ne pouvait s'effectuer par un seul individu représentant un ensemble de caractéristiques mais par un ensemble d'hommes diversifiés pouvant représenter l'ensemble des caractéristiques de l'âme humaine.

Aurobindo meurt le 5 décembre 1950 à l'âge de 78 ans mais avant il connaît la joie de vivre l'indépendance de son pays. L'Inde est libérée le 15 août 1947 et nous pouvons nous demander si c'est par hasard que cette date correspondit au jour anniversaire des soixante-quinze ans de Sri Aurobindo.

Aurobindo et l'autorisation noétique
Comme nous l'avions déjà constaté en étudiant la vie de C.G. Jung et celle de Krishnamurti, nous avons vu, en étudiant la vie de Sri Aurobindo, que l'autorisation noétique n'a pas été atteinte d'un seul coup, mais a constitué un processus formé de transformations successives tout au long de son existence. Les moments clés de la vie d'Aurobindo sont relativement peu nombreux mais semblent avoir été accompagnés de visions ou de flashes existentiels soudains et révélateurs provoquant, à chaque fois, une avancée menant à un élargissement de la conscience. Tout comme Jung et Krishnamurti, Aurobindo ne semble pas avoir un jour été un homme "fermé" ou endormi, c'est-à-dire quelqu'un de tellement enfermé dans son habitus de classe, dans son conditionnement, qu'il en perde la perception de son âme. Nous pouvons comparer la conscience de soi de l'homme endormi à ce qu'Aurobindo nomme le mental ordinaire ; c'est-à-dire un homme entièrement prisonnier dans ses pensées et dominé par elles. Un homme qui est encore très aux prises avec le vital, c'est-à-dire avec l'état pulsionnel et instinctif. Cet homme là n'a aucun contact avec son intériorité et est complètement axé vers l'extérieur. Il n'a aucune conscience qu'il n'est pas lui-même et que son véritable être est recouvert des multiples conditionnements qui le constituent. Aurobindo semble ne jamais avoir appartenu à cette catégorie d'homme. Dès l'enfance il est déjà à l'écoute de son monde intérieur et influencé par lui. A dix ans, sa première révélation lui indique clairement ce qu'il va devenir. Pourquoi certains hommes sont-ils plus ouverts dès l'enfance ? Il me semble hasardeux de vouloir répondre à cette question. Les points communs entre Aurobindo et les deux autres sujets de notre étude est, premièrement, qu'ils ont "baigné" dans un monde religieux dès l'enfance. Cette culture spirituelle les a peut-être aidés à avoir très jeunes une vision du monde ne niant pas l'irrationnel, le sacré et tout ce qui touche à cette partie de l'être que l'on nomme l'âme. Deuxièmement, ils ont tous les trois souffert d'une séparation d'avec la mère ainsi que des conditionnements sociaux, familiaux et culturels.

Dès son plus jeune âge, Aurobindo nous apparaît donc comme un homme conscient ou "éveillé", c'est-à-dire ouvert à ce qu'il appelle le mental supérieur. Il devient un homme illuminé, au moment de son retour en Inde. C'est l'instant d'un flash existentiel important durant lequel il fait l'expérience de la conscience cosmique, d'une certaine unité de lui-même avec le monde. Qu'est-ce qui a provoqué ce moment de flash existentiel au moment du retour d'Aurobindo en Inde ? On peut présumer que ce retour était un moment extrêmement important pour lui ; d'abord c'était revenir vers sa patrie et on peut supposer tout l'imaginaire qu'il y avait derrière cet acte. Ensuite il y avait le projet existentiel de l'homme : libérer l'Inde. Peut-être que l'émotion ressentie par le jeune homme fut tellement forte qu'elle provoqua un certain lâcher-prise du mental l'entraînant dans un état proche de la transe ou un état modifié de la conscience. On sait qu'une très forte émotion ou un choc important peut entraîner un changement d'état de la conscience.(18) Cette première transformation ou ouverture provoque généralement une vision ou une illumination et c'est bien ce que décrit Aurobindo lorsqu'il dit avoir senti une très grande sérénité descendre sur lui. Peu de temps après, à un moment où il risque d'avoir un accident mortel, il fait l'expérience d'une deuxième vision illuminatrice provoquée par une "intuition" qui lui sauve la vie. Ces deux "chocs" ou "flashes" existentiels sont certainement importants dans le processus d'autorisation noétique d'Aurobindo et apparaissent comme une suite logique de son évolution personnelle. C'est parce qu'il est à l'écoute de sa vie intérieure profonde qu'il peut entendre ce qui surgit au moment de ces évènements importants, qui, chez d'autres personnes, moins ouvertes, moins éveillées, seraient passés complètement inaperçus. L'étude personnelle et l'intérêt que porte Aurobindo au savoir, à la tradition et aux textes sacrés vont venir renforcer sa vision du monde et apporter une compréhension à ce dont il fait l'expérience spontanément. Ici nous voyons l'importance de la non séparabilité du savoir et de la connaissance. Intégrer une expérience vécue complètement consiste sans doute aussi en une compréhension intellectuelle. Les textes anciens vont venir confirmer ce qu'il vit et ceci me semble très important dans le processus de l'autorisation noétique. Quelqu'un vivant une expérience importante, en est troublé, s'il ne parvient pas à la comprendre intellectuellement ne risque t-il pas d'être "bloqué" dans son évolution ? La curiosité, l'esprit de connaissance, le profond désir de savoir sont probablement un argument important en faveur de l'évolution de la conscience humaine et du processus de l'autorisation noétique. Cette phase du processus d'évolution de la conscience permettant à l'homme d'accéder à ce qu'Aurobindo nomme le mental illuminé amène le jeune homme à une émergence poétique et artistique. Il semble que cela corresponde à l'état de conscience de tous les grands créateurs, poètes et artistes. Une certaine libération de l'être se produit avec l'émergence des visions, correspondant certainement à l'accès aux symboles, aux mythes, à ce que Jung a décrit comme archétypes numineux. Après avoir eu accès aux visions symboliques libérant une certaine compréhension du monde s'accompagnant de l'éclosion des capacités créatrices, Aurobindo accède à une nouvelle étape qu'il nomme intuitive et qu'il considère appartenir toujours à la catégorie de l'homme illuminé. Cette nouvelle expérience il l'a faite en s'isolant pendant quelques jours avec le Maître spirituel Lélé. Que s'est-il passé exactement pendant ces trois jours ? Personne ne le saura jamais mais on peut supposer que quelque chose "lâche", dans le mental d'Aurobindo. Une acceptation de ce qui est, se manifestant par une compréhension expérientielle et intellectuelle que les pensées ne viennent pas de l'intérieur de nous-mêmes mais de l'extérieur. Il semble que dans cette expérience Aurobindo a vécu ce que les sages appellent le silence intérieur. Il y a arrêt de la pensée, du mental et l'être s'ouvre à une autre dimension, il accède au Soi, il est relié à la conscience cosmique et universelle, à Dieu. C'est l'expérience suprême, l'état de nirvana, la rencontre avec Dieu. Aurobindo, en accèdant à cette fusion totale de lui-même avec le monde, en acceptant cette reliance au monde, découvre que le sens de l'ego disparaît. Dès lors son activité ne prend plus sa source dans le mental mais dans quelque chose qu'il laisse s'exprimer à travers lui et qui le guide. Nous savons combien Krishnamurti avait accès à cette source qui lui permettait de s'exprimer sans passer par le "Je". Ceci semble correspondre à ce qu'il nommait la vision pénétrante et qu'il définissait comme un état pouvant provoquer une modification des cellules du cerveau, une transformation.

L'autorisation noétique est-elle atteinte dès lors que l'ego se dissout et que la conscience est illuminée et intuitive ? Les grands sages de tous temps semblent nous dire oui mais Aurobindo affirme le contraire. L'autorisation noétique n'est pas terminée lorsqu'on atteint la réalisation suprême, c'est-à-dire lorsque l'on accède au Soi, à la fusion totale de l'être avec l'univers et à la dissolution de l'ego. Certes c'est sans doute un des degrés les plus hauts de cette autorisation et bien peu d'hommes y accèdent mais il semble que le sens profond de la vie ne s'arrête pas là. Pour Aurobindo cette réalisation individuelle est essentielle mais elle est "personnelle" et ne permet pas de changer le monde. L'homme noétique est donc quelque chose de plus que le sage perdu dans son extase perpétuelle : il est un homme concret et rationnel qui vit parmi les hommes, un homme qui oeuvre concrètement dans le monde et non un sage qui se retire du monde. L'homme noétique a une mission, quelque chose à transmettre : il est un éducateur dans le sens où le but de son existence est d'enseigner aux hommes ce dont il a fait l'expérience. Nous retrouvons chez Aurobindo cette nécessité de transmission tout comme nous l'avons déjà vue chez Jung et chez Krishnamurti. L'homme noétique a quelque chose à dire à l'humanité, un message d'une portée universelle. Cette dernière étape du processus, lorsqu'elle se produit, est une "redescente" vers les réalités concrètes du monde. Il semble que l'emprisonnement et la rencontre avec la mort aient poussé Aurobindo vers l'ultime réalisation du mental intuitif et illuminé ; c'est cependant certainement pendant cet isolement et cette confrontation avec la mort qu'il découvrit l'étroite relation entre le ciel et l'enfer, entre l'ombre et la lumière, entre tout ce qui est opposé. L'accès au supramental qui, pour nous, semble correspondre à l'autorisation noétique achevée, est cette compréhension que tout doit se rencontrer en un centre parfait. Nous retrouvons ici l'idée des pôles opposés de Jung, des tendances contraires, des extrêmités qui se réunissent en un centre. Pour Aurobindo, ce supramental c'est la descente de la lumière dans les ténèbres, c'est la conscientisation de la matière qui, seule, permettra une véritable mutation de la conscience humaine. En examinant la vie des trois sujets de recherche de cette étude : C.G. Jung, Krishnamurti et Sri Aurobindo, nous avons pu dégager que l'autorisation noétique est une auto-éducation de la personne constituée d'une succession d'étapes permettant, à chacune d'elles, des changements de niveaux de la conscience. Nous avons relevé quatre niveaux d'évolution de la conscience humaine :
- Conscience fermée ou endormie
Il s'agit de la conscience ordinaire de l'homme d'aujourd'hui. La personne est sous l'emprise de ses conditionnements familiaux, de ses habitus sociaux et sa personnalité est constituée des masques auxquels elle s'identifie. L'individu fermé est entièrement sous l'emprise de l'ego. La globalité de son être est fragmentée en deux grands champs : ce dont il est conscient et ce dont il n'est pas conscient. Le conscient de l'homme endormi lui permet de s'intégrer dans la société, d'y trouver une place et d'y vivre d'une manière harmonieuse. Cependant cette vie reste centrée sur l'accumulation ; l'homme endormi pense que pour être heureux il doit acquérir des savoirs, une place sociale, une famille et des biens extérieurs. Cet homme de "paraître" est souvent très attentif à l'image qu'on a de lui et tout le sens de sa vie consiste à correspondre à ce que la société exige de lui. L'homme endormi reste cependant très prisonnier d'une partie de lui-même, c'est-à-dire de son inconscient. Cet inconscient renferme sa véritable personnalité, cachée derrière le voile de l'ignorance qu'il a de lui-même et derrière l'épaisse muraille des conditionnements. Ainsi bien des comportements seront effectués sans en avoir pleinement conscience et l'homme fermé tournera ainsi toute sa vie dans une sphère close où la seule évolution possible sera d'ouvrir son mental.

- Conscience éveillée ou élargie
C'est souvent par un "éveil" brusque que l'homme fermé s'ouvre à une conscience plus élargie. Quelque chose survient qui dévoile l'essence profonde de l'être ; l'individu est comme "saisi" ou "arraché" à ce qu'il est et accède à autre chose, souvent incompréhensible et indéfinissable mais qui l'ouvre. Ces moments de "flash existentiel" correspondent à un choc émotionnel, un accident, la disparition d'un être cher, ..., mais il peut être aussi très discret : l'émotion dans un regard que l'on croise ou dans un paysage que l'on regarde.... En un instant quelque chose s'éclaire provoquant une compréhension, un changement dans notre façon de regarder le monde. Par cet éveil l'homme accède à une meilleure compréhension de son existence, sa conscience s'élargit. Il devient éveillé, l'âme s'est dévoilée et il a fait l'expérience unitaire de l'être. L'autorisation noétique commence à cet instant car un processus intérieur démarre, une poussée interne qui conduit l'homme vers lui-même.

Bien des gens font l'expérience de flashes existentiels, prennent conscience de leurs conflits intérieurs, de leur souffrance mais restent englués dans la conscience ordinaire de l'homme fermé. L'autorisation noétique démarre lorsque l'homme fermé prend conscience de l'unité de l'être, d'une vie intérieure à lui-même et quand il s'autorise à entreprendre une démarche de connaissance de lui-même.

Dès que l'homme cherche à se connaître il devient un chercheur et ses recherches vont le mener vers une meilleure écoute de lui-même et du monde. C'est souvent pendant cette investigation qu'il va découvrir ses conditionnements, ses croyances, ses masques sociaux, etc... Cela correspond souvent à une demande d'aide et au long travail de la cure psychanalytique. L'homme commence à se confronter à son inconscient, cela l'ouvre vers une conscience élargie. Il accède d'abord à tout son imaginaire pulsionnel et social (19) et qui correspond à ce que Jung nomme l'inconscient personnel, puis, peu à peu, il touche à l'univers du mythe et du symbole, à l'imaginaire sacral (20) ou à ce que Jung nomme l'inconscient collectif.

- Conscience illuminée, créative, intuitive
En accédant à l'imaginaire sacral la personne fait l'expérience du religieux et ceci correspond souvent au surgissement de visions ou d'états modifiés de la conscience. L'homme pénètre alors dans le monde de la conscience illuminée, il touche à ce que toutes les grandes religions ou philosophies nomment illumination. L'homme perçoit alors son appartenance à l'unité du monde. L'homme qui atteint cette réalisation de conscience illuminée est poussé de l'intérieur vers lui-même, sa progression ne peut s'arrêter là, le processus est en route. La créativité s'ouvre et se libère. Bien des créateurs sont parvenus ou ont perçu cet état de la conscience illuminée et créative. L'oeuvre jaillit de cet état de la conscience ; seule la poésie peut exprimer ce dont on fait l'expérience et qui surgit du silence. L'autorisation noétique n'est pas achevée, elle pousse de l'intérieur, elle permet l'avancée vers une conscience encore plus fine, plus achevée. Une écoute dans laquelle notre reliance à l'autre s'établit. Dans cette écoute nous entrons en vibration avec l'autre et tout cela est au-delà des mots et du langage. Le chercheur spirituel accède à la conscience intuitive et a accès à la vérité, à la connaissance globale des choses par éclairs révélateurs. L'homme est parfaitement éveillé, ouvert, conscient de ses actes et de lui-même. Le plus haut niveau de cette phase de conscience illuminée, créative et intuitive, Aurobindo le nomme "surmental" et correspond à la perception de ce qu'est l'état de Nirvana des bouddhistes, la réalisation de la sagesse au sens du yogi indien, c'est-à-dire l'état de samadhi. En accédant à l'état de samadhi, l'homme s'ouvre à une conscience cosmique et fait l'expérience de l'unité, de la lumière divine qui lui donne une très grande force intérieure. C'est un très haut degré de réalisation où l'homme s'est transcendé et a transcendé sa conscience. Aurobindo a défini cette transcendance de la conscience comme l'accès au supramental ou à la supraconscience. L'étape suivante est beaucoup plus difficile et dangereuse, elle ne consiste pas à rester dans cet état de plénitude et de béatitude mais à utiliser cette lumière, cette force et cette connaissance intérieures pour vaincre les ténèbres en nous-mêmes et ainsi avoir une action positive sur le monde. Atteindre un très haut degré de réalisation spirituel est possible grâce à la connaissance de soi ou par toutes techniques dites spirituelles ou religieuses (yoga, zen, chamanisme, ....). Tout n'est cependant pas réglé et la connaissance absolue n'est pas atteinte. Le monde est un tout construit sur une vision dualiste produisant des polarités : ciel/terre - lumière/ténèbres - connaissance/ignorance, etc.... Ainsi atteindre la lumière, accéder au principe céleste et à la connaissance ne signifie pas que nous avons fait face à l'autre partie de la polarité. L'homme vit sur la terre et doit bien s'intéresser à cette matière associée aux ténèbres et à l'ignorance. Il s'agit ici d'aller se confronter aux forces du mal, aux forces les plus obscures, les plus instinctuelles en nous-mêmes et dont nous sommes porteurs. Ainsi démarre la véritable confrontation avec l'inconscient de Jung, le processus de Krishnamurti et la descente d'Aurobindo. Après avoir fait l'expérience des sommets et des états d'extase, l'homme se trouve devant un choix : il peut rester sur ces sommets, la tête perdue dans les nuages ou choisir de redescendre car sa place est dans le monde et sur la terre. Redescendre c'est affronter réellement la réalité et découvrir que l'essence profonde de l'homme n'est pas seulement bonne mais qu'elle est aussi mauvaise et destructrice. Cette étape de l'autorisation noétique est certainement la plus difficile car il nous faut affronter l'horreur du monde dans lequel de grands dangers guettent. Il s'agit ici d'un travail de transformation, de mutation et d'évolution de la conscience : il faut transcender la dualité afin de réunir en un centre harmonieux les polarités. Le chercheur ne peut accéder à ce centre en lui-même et qui le relie à l'énergie cosmique sans un certain abandon, une certaine acceptation de tout ce qui est. Cela suppose un renoncement, un non attachement et une conscience d'instant en instant, une attention constante à ce qui est. Dans la réunion des contraires l'homme accède à sa plus haute réalisation, et devient un homme relié au monde. Dans ce processus de transformation, l'ego, la notion d'une conscience personnelle disparaît.

- L'homme noétique
L'homme noétique est donc celui qui a fait l'expérience du non-Soi après avoir fait l'expérience du Soi (non-dualité, totalité) ; il meurt au Moi (dualité, séparativité) et découvre une autre dimension difficile à décrire avec des mots. Il y a réunification des contraires, l'homme n'est plus ni dans la dualité ni dans l'unité, il est au centre d'un troisième terme paradoxal qui inclut à la fois l'unité et la dualité. Il est à la fois la dualité et l'unité, fait l'expérience de la globalité, de la complexité et accède à la connaissance.

Education et autorisation noétique
L'autorisation noétique prend tout son sens lorsqu'on la place dans le cadre de l'éducation. L'éducation c'est permettre au processus interne de la fonction noétique de progresser sans cesse vers une ouverture de la conscience afin que l'être humain puisse atteindre son plus haut degré de réalisation. Tout l'enseignement de Krishnamurti nous explique que l'éveil de l'intelligence c'est l'éveil de la conscience, que cet éveil peut se produire grâce à l'attention qu'il définit comme l'écoute de ce qui est, dans l'instant présent, en mettant en jeu tout son être, toutes ses aptitudes, toute son attention, au delà des jugements, des croyances et des conditionnements. Il s'agit donc de laisser la place à la connaissance de soi dans l'éducation afin de dégager, dans un premier temps, les conditionnements dont nous sommes tous prisonniers. Krishnamurti nous propose ici de nous questionner : l'éducation actuelle permet-elle un tel cheminement vers la connaissance de soi ? Permet t-elle de progresser vers une meilleure conscience de soi et vers une ouverture de la conscience ? Mène t-elle l'individu vers son plus haut degré de réalisation ? Si nous observons ces questions avec attention, nous les verrons clairement et cette clarté nous donnera la réponse. Mais une autre question surgit qu'il nous faut encore examiner avec attention : les éducateurs actuels sont-ils capables de transmettre une telle éducation ? Leur formation leur a t-elle permis d'accéder à la plus haute réalisation d'eux-mêmes ? Ont-ils cheminé vers la connaissance de soi, vers un niveau de conscience plus élevé ? C.G. Jung nous prévient qu'une telle progression est difficile et que l'homme résiste à aller vers une meilleure connaissance de lui-même ; cela l'oblige à renoncer à ses croyances, à ses illusions. Si, pour accéder à une éducation dont le but serait de progresser vers l'autorisation noétique, il est nécessaire d'éduquer d'abord des enseignants qui vont résister à aller vers l'inconnu en eux-mêmes, la tâche semble extrêmement ardue. Il apparaît cependant impossible de progresser sans en passer par un travail de connaissance de soi des éducateurs et futurs enseignants. C.G. Jung nous dit encore combien il est dangereux de transmettre lorsqu'on n'a pas effectué ce travail sur soi-même. "Une souffrance névrotique est en somme une duperie inconsciente qui n'a pas la valeur morale de celle qui résulte de la réalité des choses. Mais, outre la production de la névrose, la cause refoulée de la souffrance a encore d'autres effets : elle rayonne secrètement sur l'entourage et, quand il y a des enfants, elle les contamine" (21). On comprend pourquoi Krishnamurti insiste tant dans son enseignement sur le déconditionnement et la connaissance de soi. Tout le problème de la transmission se pose ici : on transmet ce que l'on est. Plus l'éducateur a atteint un niveau de conscience élevée et plus il pourra transmettre l'autorisation noétique.

Conclusion
Nous sommes partis de l'hypothèse que la connaissance de soi définie comme la possibilité, pour un individu, d'entrer dans un processus d'évolution de sa structure psychologique, le menant à un élargissement de la conscience et lui permettant d'accéder à une meilleure compréhension de lui-même et du monde, peut également conduire l'homme vers la spiritualité. Nous avions proposé de définir la spiritualité comme un processus de transcendance de soi débouchant sur l'autorisation à devenir auteur et créateur de son existence afin d'atteindre le plus haut degré de réalisation expérimenté dans l'histoire humaine : le dépassement des limites de l'ego. Nous avons nommé ce processus de réalisation de soi, l'autorisation noétique.

C'est en étudiant trois "auteurs" au sens qu'ils sont reconnus socialement comme ayant atteint un très haut niveau de réalisation d'eux-mêmes et comme ayant transcendé les limites de leur ego, que nous avons essayé de découvrir comment l'homme peut parvenir à un élargissement de sa conscience ainsi qu'à une ouverture vers le sacré et le spirituel. Après avoir démontré, à partir de l'histoire de vie de C.G. Jung, Krishnamurti et Sri Aurobindo, que l'homme, pour se connaître, doit se débarrasser de ses conditionnements, de ses préjugés et de ses illusions, nous avons pu constater que le processus d'autorisation menant à l'élargissement de la conscience est lié à la reconnaissance de l'altération (22) comme valeur positive et à la transgression (23). En effet, dans la chronologie de la vie, la personne en train de se faire est en quête de son identité propre et ne se contente pas d'une identité imposée par la famille, la culture et l'environnement. C'est à partir du conflit entre la quête de son identité propre et l'identité donnée ou imposée que l'altération et la transgression des valeurs reçues peuvent se produire et conduire l'homme vers l'autorisation à devenir auteur et créateur de son existence. Nous avons vu, ensuite, que cette autorisation caractérisait l'entrée de l'individu dans un processus d'évolution inachevée dont nous avons pu dégager plusieurs moments importants :

1) l'homme conditionné, ne se connaissant pas lui-même et sous l'emprise de son inconscient, prend conscience de ses conflits intérieurs et de sa souffrance. Cette prise de conscience, souvent provoquée par un flash existentiel ou un choc psychologique, l'éveille à une remise en cause fondamentale de ce qu'il connaît et provoque un questionnement existentiel, une quête de compréhension de soi et du sens de sa vie. L'homme s'éveille ainsi à une conscience élargie.

2) L'homme conscient engage un travail de connaissance de lui-même le conduisant à se déconditionner et à devenir autonome en accèdant à ses propres règles de fonctionnement. C'est l'autonomie, comme accès à ses propres règles, qui va produire un changement de la personne et permettre l'autorisation, c'est-à-dire l'entrée dans le processus d'évolution conduisant l'individu vers l'accès à un niveau de conscience supérieur. Cette première étape de la connaissance de soi correspond souvent au travail psychanalytique durant lequel l'homme commence à établir un contact avec son inconscient.

3) Le processus d'évolution correspond à quelque chose en train de se faire, il suppose un mouvement menant à une transformation ou à une succession de transformations. L'homme, dans son premier travail sur lui-même, accède d'abord à son imaginaire pulsionnel et social, c'est-à-dire à son inconscient personnel, ce qui provoque une première transformation et l'accès à un niveau de conscience supérieur.

En continuant son travail de confrontation avec l'inconscient, il accède ensuite à l'inconscient collectif et rencontre alors l'univers du mythe, du symbole qui le conduit vers l'imaginaire sacral. La conscience semble alors s'élargir encore pour devenir illuminée, créative et intuitive. Ces nouvelles transformations semblent se produire différemment suivant les individus. Elles peuvent s'effectuer parallèlement et dans un même mouvement ou suivre un ordre allant des visions et des illuminations vers un état créatif et poétique puis vers une conscience intuitive. Il est essentiel néanmoins de bien préciser que si ce processus apparaît identique à tout mouvement d'apprentissage il se situe cependant dans une sphère différente que celle connue et reconnue dans le monde scientifique et rationnel actuel. Le noétique suppose la reconnaissance et l'acceptation de l'Esprit, c'est-à-dire d'une force d'énergie créatrice comme principe supérieur et organisateur de la structure hiérarchisée et trinitaire de l'homme qui comprend le corps-l'âme (psyché) et l'Esprit. L'achèvement de cette phase d'ouverture vers un nouveau niveau de conscience se produit par l'expérience de l'unité, de la non-séparativité, de la non-dualité et de la conscience cosmique. L'homme se sent, par instant, relié au monde et accède à la vérité par éclairs révélateurs.

Il semble que parallèlement à cette ascendance vers des états supérieurs de la conscience et vers la lumière, conduisant à une très grande force intérieure et à la connaissance, l'homme désirant progresser encore, soit amené à faire face à l'autre aspect du monde, l'autre polarité de la vie : l'ombre et les ténèbres. Par ce travail de descente vers les forces obscures du monde, l'homme se confronte à l'inconscient collectif, ce qui n'est pas sans danger. Un travail de transformation, de mutation et d'évolution de la conscience humaine est en cours.


4 - Par la reconnaissance et l'intégration des opposés l'homme transcende la dualité, provoquant ainsi la réunion des contraires en un centre harmonieux et équilibré. Il n'est plus alors ni dans la dualité (le Moi), ni dans la non dualité (le Soi) mais au-delà de cela (unidualité). Dans la réunion des polarités en un centre l'homme accède à la plus haute réalisation expérimentée dans l'histoire humaine et dépasse les limites de l'ego. L'homme noétique correspond à l'expérience du non soi, il est à la fois l'unité et la complexité et accède à la connaissance suprême. "Prajnânâs insiste à la fois sur la singularité de chaque chose et sur l'unité de toutes (tout est différent, rien n'est séparé)". (24)

Cette progression vers la réalisation de soi, vers l'autorisation noétique, semble entrer dans une démarche gradualiste, c'est-à-dire qui prend du temps, correspondant à une méthode de connaissance de soi ouvrant peu à peu vers l'évolution de la conscience humaine. Pourtant, paradoxalement, l'évolution de la conscience ne peut s'effectuer par accumulation de connaissances, elle se produit par l'expérience soudaine nous arrachant à l'état précédent où nous étions fixés.

Au fil de notre recherche nous avons découvert qu'un certain nombre de caractéristiques accompagnaient le processus de l'autorisation noétique chez chacun des sujets étudiés. Ces caractéristiques sont les suivantes :
- la souffrance, les conflits intérieurs, le désespoir,
- la solitude, l'isolement intérieur,
- les flashes existentiels,
- les rencontres et les événements ontologiques,
- la recherche du sens de la vie, le questionnement, les doutes,
- une rupture, une séparation,
- la connaissance de soi, le déconditionnement, l'arrachement aux habitudes, l'affrontement avec l'inconnu, le renoncement aux croyances et aux illusions,
- la rigueur, la persévérance, le courage,
- la reconnaissance et l'écoute du monde intérieur,
- la reconnaissance de l'importance de l'imaginaire,
- la reconnaissance de ses limites, le renoncement au désir de toute puissance,
- la rencontre avec le réel,
- l'émergence du sacré, l'ouverture spirituelle,
- les visions illuminatrices, la rencontre avec les archétypes (symboles, mythes...)
- Le développement de la créativité et de l'intuition,
- la confrontation avec les démons et les monstres intérieurs,
- le sentiment d'unité, le développement d'une conscience cosmique
- l'attention, l'écoute
- l'acceptation,
- le renoncement, l'abandon de soi,
- la mort symbolique,
- la réunion des opposés en un centre

Nous ne pouvons, au terme de cette recherche, affirmer que ces caractéristiques sont indispensables au processus de l'autorisation noétique. Nous pouvons simplement constater qu'elles sont communes à l'histoire de vie des trois personnes étudiées. Par ailleurs, si l'autorisation, dans le cadre de l'éducation, est définie comme "la capacité, pour chacun, de devenir son propre co-auteur" et constitue "une des visées, une des finalités de tout projet pédagogique" (25), nous pouvons affirmer que l'autorisation noétique dépasse cette première approche dans la mesure où elle prend en compte la totalité de l'être : corps-âme-esprit, ce qui n'est pas encore le cas des projets éducatifs occidentaux actuels. Si l'évolution la plus achevée d'un être humain suppose l'accès au processus de l'autorisation noétique, elle pose également le problème de la transmission : comment les éducateurs actuels pourraient-ils transmettre ce que la plupart d'entre eux semblent ignorer ? Pourtant, nous avons pu mettre en évidence au cours de ce travail que l'accès à une conscience supérieure menait également à un sentiment de reliance, d'unité et donc à une conscience universelle. Chacun des objets de la recherche, à la suite de sa transformation intérieure, s'est senti responsable du monde, concerné par l'éducation des hommes, et a tenté de transmettre ce dont il avait fait l'expérience. Leur message semble clair : si nous désirons cheminer vers une évolution de la conscience humaine, l'éducation ne doit plus reposer sur une accumulation du savoir, sur la scientificité rationnelle et séparatrice et sur la compétitivité, mais s'établir sur le plein épanouissement de l'être humain, ce qui suppose la réhabilitation de la dimension spirituelle, l'écoute du non rationnel et de la subjectivité dans une vision du monde considérant l'homme comme une totalité (corps-âme-esprit), et relié à l'unité du monde. Un tel processus apparaît donc accessible seulement à celui qui se soumet à la force spirituelle transfortmatrice de la conscience qu'il découvre au fil de son évolution ou soudainement lors d'un flash. Une telle éducation présume également que l'enseignant ait lui-même cheminé vers l'évolution de sa conscience pour qu'il puisse devenir un médiateur entre le savoir et la connaissance dans le but de transmettre, non seulement ce qu'il a appris, mais aussi ce dont il a fait l'expérience, c'est-à-dire ce qu'il est.

Les caractéristiques de l'homme noétique, commune aux trois objets de la recherche et qui sont le signe de leur épanouissement sont :
- la paix avec soi-même et le monde,
- une joie constante et sans objet,
- une grande capacité créatrice,
- une acceptation totale de ce qui est,
- une grande qualité d'écoute,
- une absence de ressentiment,
- une complète autonomie,
- une grande rigueur et de la fermeté,
- le sens de la responsabilité,
- la conscience d'être relié et le besoin de transmettre ce dont ils ont fait l'expérience,
- une compréhension du sens de la vie et du monde.


Ces qualités apparaissant également chez d'autres êtres ayant atteint un haut niveau de conscience26 sont axées sur l'épanouissement de l'être et non sur la performance et le paraître. Sans nier l'importance du savoir et des sciences actuelles, n'est-il pas urgent pour les sciences de l'éducation de s'interroger sérieusement sur la reconnaissance de la fonction noétique à l'université et sur ses possibilités de permettre un certain progrès, une certaine ouverture de la conscience humaine ?

Il ne s'agit pas ici de proposer une éducation essentiellement spiritualiste mais de réfléchir à une éducation prenant toutes les dimensions de l'être humain en considération : le corps (soma) - l'âme (psyhé) - l'esprit (noùs).

Joelle MACREZ

Notes
- "La spiritualité c'est la conduite juste, et non la croyance en des superstitions, qu'elles soient modernes ou anciennes."
André Compte-Sponville, De l'autre côté du désespoir, introduction à la pensée de Swami Prajnânpad, Paris, 1997, Editions Accarias l'Originel, p. 16.

2 - Le mot noétique provient de Noùs qui signigie l'esprit et de noèse (du grec noêsis) qui signifie l'acte par lequel on pense. Le noème est ce que l'on pense. Noétique, du grec noétikos, se rapporte donc à ce qui est du domaine de la pensée et de l'esprit.

3 - Le mandala est un cercle dans lequel figure des dessins géométriques. En Orient le mandala est un support à la méditation. Les mandalas existent cependant également dans tous les pays du monde et expriment le symbole du centre, de l'ordre universel et des puissances divines. Tout mandala, toute vie, sont issus du centre unique, de l'unité (Dieu pourrait-on dire) et, de là, se déploient dans le monde de la manifestation. Pour Jung, le mandala représente le centre de la personnalité en tant que totalité psychique. Il est l'auto-représentation d'un processus psychique de centrage de la personnalité, production d'un centre nouveau de celle-ci. C'est l'illustration du processus d'individuation jungien.

4 - Les phénomènes de "sortie hors du corps" physique ont été décrits par l'expérience des yogis lorsqu'ils entrent en état de samadhi, voir à ce sujet le livre de Gopi Krishna, Kundalini, les secrets du yoga, aux éditions Calmann-Levy ou le livre de Mircea Eliade, Le yoga, Immortalité et liberté, aux éditions Payot. On peut lire dans cet ouvrage, à la page 32 (5) : "L'ascension au Ciel et le vol magique sont chargés d'un symbolisme extrêmement complexe, ayant trait surtout à l'âme et à l'intelligence humaine. Le "vol" traduit parfois l'intelligence, la compréhension des choses secrètes ou des vérités métaphysiques. "L'intelligence (mana) est le plus rapide des oiseaux", dit le Rig Veda (VI, 9, 5). Et le Pancavimça Brâhmana (XIV, 1, 13) précise : "celui qui comprend a des ailes". On sait que chez de nombreux peuples l'âme est conçue comme un oiseau. Le "vol magique" prend la valeur d'une "sortie du corps", c'est-à-dire il traduit plastiquement l'extase, la délivrance de l'âme. Mais tandis que la plupart des humains se transforment en oiseaux seulement au moment de leur mort, lorsqu'ils abandonnent leurs corps et s'envolent dans les airs - les chamans, les sorciers, les extatiques de toute sorte réalisent ici-bas et autant de fois qu'ils le désirent la "sortie du corps". Ce mythe de l'âme-oiseau contient en germe toute une métaphysique de l'autonomie et de la liberté spirituelles de l'homme". Cette notion de "sortie hors du corps" a également été abordée dans le livre de Patrice Van Eersel , La Source Noire, Éditions Grasset et Fasquelle, 1986, ainsi que dans les travaux d'Elisabeth Kübler-Ross sur les "near death experimentations" (NDE), c'est-à-dire les expériences de ceux qui ont frôlé la mort de très près.

5 - Le brahmane, en Inde, est le membre de la caste chargée de l'enseignement traditionnel.

6 - Charles Webster Leadbeater est un membre dirigeant de la société Théosophique et est considéré comme clairvoyant au sein de la société.

7 - L'état de Samadhi est l'étape finale de la philosophie du Yoga. C'est la pure contemplation résultant des règles et exercices, de la concentration et de la méditation et de la non identification au corps. Le mot Samadhi signifie union, totalité, concentration totale de l'esprit. Samadhi c'est la mort du mental, le sujet n'existe plus et se fond dans le soi. Mircea Eliade définit l'état de samadhi de la manière suivante : dans cette méditation, la pensée est délivrée de la présence du moi, car l'acte cognitif "je connais cet objet" ou "cet objet est à moi" ne se produit plus ; c'est la pensée qui est (devient) cet objet.

8 - Le camp d'Ommen est un lieu où la Société Théosophique se réunit annuellement pour diffuser son enseignement et faire connaître Krishnamurti.

9 - La kundalini, selon la philosophie du yoga, consiste en l'éveil de centres énergétiques du corps humains. La kundalini ou feu du serpent, est le centre principal de l'énergie, situé à la base de la colonne vertébrale. Lors de l'éveil de la kundalini une énorme force énergétique est libérée, monte le long de la colonne vertébrale jusqu'au sommet de la tête en brûlant toutes les impuretés restant dans les centres énergétiques (chakras) et permettant d'accéder à l'état de samadhi, c'est-à-dire de faire l'expérience de l'unité cosmique.

10 - Combinaison de mots ou de sons ayant une signification et un pouvoir spirituels.

11 - Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe, 1990, Paris, ESF.

12 - Pondichéry était à cette période un comptoir colonial français. Ainsi, en passant en zone française, il espérait échapper aux persécutions des Britanniques.

13 - Sri Aurobindo, Savitri, Pondichéry, Inde, Editions Europress.

14 - Les quatre Véda sont des grands textes sacrés indiens.

15 - Pour Aurobindo la partie de notre nature dont nous sommes normalement conscients à l'état de veille est notre personnalité de surface, constituée du corps, du vital qui est fait des instincts, des passions, des désirs, etc... et du mental qui comprend les facultés d'intelligence, de mémoire, de volonté, d'imagination, de raison, etc... Cependant, derrière cette conscience superficielle existe une conscience plus profonde, beaucoup plus vaste et plus puissante. Dans cette conscience cachée, qui nous influence et nous gouverne à notre insu, Sri Aurobindo distingue trois régions : le subconscient qui contient, en puissance, toutes les réactions primitives de la vie et qui conserve l'impression de nos expériences passées. Ces impressions peuvent à tout moment remonter sous forme de rêves, de répétitions mécaniques, de complexes qui explosent en actions ou en évènements. La deuxième région de cette partie cachée, ce qu'il nomme le subliminal, comprend, derrière le mental et le vital conscients, un mental et un vital intérieurs plus vastes et plus puissants et derrière le corps de surface une conscience physique plus subtile et plus libre. Ce subliminal s'ouvre, au-dessous, aux régions subconscientes et au-dessus à des régions supraconscientes. Le surconscient ou surmental est donc la troisième région de l'inconscient et comprend certaines zones du mental dont l'homme ordinaire n'est pas normalement conscient et qui est la source des intuitions et des inspirations supérieures, puis, il y a ce qu'Aurobindo nomme le supramental et ce qui est au-dessus.

16 - Le subconscient est la partie cachée de l'individu (l'inconscient) contenant, en puissance, toutes les réactions primitives de la vie. Il conserve aussi l'impression des expériences passées de l'individu. Ainsi le subconscient d'Aurobindo contient deux parties : l'une appartient à l'histoire personnelle de l'individu et est constituée de tout ce que sa conscience a oublié ou refoulé et l'autre appartient à l'humanité, est collective et contient tous les résidus et toutes les forces qui ont présidé à l'évolution humaine. Ces forces ne sont pas des forces passives mais actives qui continuent à vivre dans les profondeurs cachées de notre être et de nous influencer.

17 - Un ashram est un lieu communautaire dans lequel vivent des disciples autour d'un maître spirituel. C'est un centre d'étude et de méditation. Il faut cependant noter que l'ashram de Sri Aurobindo n'a rien à voir avec cette définition. Satprem le définit non comme un lieu de paix mais comme une forge : "Ce n'est pas une sorte de couvent exotique, encore moins un lieu de refuge et de paix ; c'est plutôt une forge" et Aurobindo dira de son ashram "Ce n'est pas pour le renoncement au monde que cet ashram a été créé, mais comme un centre ou un terrain d'expérience pour l'évolution d'une nouvelle forme de vie " . Il pensait que c'est dans la vie ordinaire que la vie spirituelle peut trouver son expression la plus puissante et non dans le renoncement au monde. "C'est par l'union de la vie intérieure et de la vie extérieure que l'humanité sera finalement soulevée et qu'elle deviendra puissante et divine". L'ashram d'Aurobindo n'est donc pas un lieu de détachement de la vie mais bien au contraire un endroit où l'on mélange à la fois la vie ordinaire, les métiers, les nationalités, les adultes et les enfants et où l'on ne cherche pas à apprendre quelque chose mais plutôt à désapprendre. Contrairement aux autres ashram, à Pondichéry il n'y a pas de règles et le disciple doit trouver la vérité en lui-même au beau milieu d'une vie extérieure active.

18 - Les rituels de passage effectués dans les sociétés primitives consistaient à provoquer un changement d'état de la conscience du jeune initié. Pour cela on le mettait dans une situation provoquant soit une transe, par la prise de drogue ou en lui faisant effectuer des gestes et émettre des sons répétés, soit une forte émotion en le mettant dans une situation de danger ou d'épreuves auxquelles il devait faire face. L'affrontement d'un réel intolérable ou le changement d'état de conscience provoqué par la drogue permettait, en principe, d'accéder à une ouverture de la conscience, à une autre compréhension du monde et de la vie. Voir à ce sujet le livre de Mircéa Eliade "Initiation, rites, sociétés secrètes, naissances mystiques" Paris, 1959, Editions Gallimard. D'autres travaux ont montré que certaines situations émotionnelles importantes : rencontre avec la mort, accident, peur, joie intense, orgasme, etc.... pouvaient conduire à une modification de la conscience et provoquer des visions, des illuminations ou, plus simplement, des flashes existentiels. Voir à ce propos les ouvrages de Stanislas Grof, les travaux d'Abraham Maslow et ceux de Marc-Alain Descamps sur les expériences transpersonnelles.

19 - René Barbier, L'approche transversale. L'écoute sensible en sciences humaines, Paris, 1997, Anthropos. Pour René Barbier "L'imaginaire pulsionnel renvoie à la problématique de la psyché/soma individuelle, à sa dynamique pulsionnelle et à ses mécanismes de défense", tandis que l'imaginaire social est défini comme "un magma de significations sociales à caractère imaginaire dont la production ne se réfère pas à une ou plusieurs élaborations psychiques individuelles ni même de groupes ou d'organisations. Pour le comprendre nous devons nous placer d'emblée dans une perspective sociétale. "

20 - L'imaginaire sacral, défini par René Barbier, est constitué de tout ce qui touche à la dimension sacrée et qui se manifeste dans la psyché humaine sous forme de symboles, de mythes ou d'archétypes porteurs d'une force énergétique pouvant conduire l'homme à une connaissance du monde et de lui-même.

21 - C.G. Jung, Psychologie et éducation, Paris, 1963, Editions Buchet/Chastel, p. 32.

22 - "L'altération non comme dégradation ou entropie mais comme neg-entropie ou enrichissement". Voir le texte de Jacques Ardoino "L'intervention : imaginaire du changement ou changement de l'imaginaire", 1979, p. 20. Ce concept développé par Jacques Ardoino présente l'altération non comme une dégradation de la personne mais comme un processus de changement permettant de devenir autre et comme condition pour accéder à l'autorisation.

23 - Les Sciences de l'éducation de l'université Paris 8 énoncent un tel principe intellectuel ; le chercheur s'interroge sur l'application expérientielle et concrète de ce concept qui semble s'appliquer tant que les recherches effectuées restent dans le cadre dit scientifique et qui repose sur la dualité. Le chercheur, par les questions qu'il se pose, est bien conscient d'altérer certains dogmes scientifiques établis. En ce sens il transgresse l'institué et affronte certains tabous comme les questions de la spiritualité qui ne sont pratiquement jamais abordées à l'université. Avec la question de la spiritualité c'est toute la définition des sciences de l'éducation qui se pose : doivent-elles nier certains aspects de l'être humain alors qu'elles prônent la multiréférentialité ou doivent-elles s'ouvrir à tous les aspects de la vie et à tout ce qui peut conduire à l'épanouissement de l'être ? Avec le questionnement sur le spirituel, la multiréférentialité est même dépassée car elle nous conduit vers la transdiciplinarité (Basarab Nicolescu), au transpersonnel (Marc-Alain Descamps), au transversal, (René Barbier) et à tout ce qui transcende l'homme. Le petit Robert définit l'éducation comme la mise en oeuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement d'un être humain. Si la dimension spirituelle constitue un des moyens de formation et de développement de la personne pourquoi le nier ? Pourquoi ne pas s'interroger sur la place d'un tel champ disciplinaire au sein de l'éducation ? Il ne s'agit pas ici de rejeter le savoir et la science mais de trouver l'équilibre entre le savoir et la connaissance, entre l'objectivité et la subjectivité, entre le rationnel et l'irrationnel, entre l'imaginaire et le réel.

24 - André Compte-Sponville, De l'autre côté du désespoir, introduction à la pensé de Swami Prajnânpad, Paris, 1997, Editions Accarias l'Originel, p. 78.

25 - Jacques Ardoino et Guy Berger, "Les sciences de l'éducation : analyseurs paradoxaux des autres sciences ?" p. 48.

26 - Rudomf Steiner, Ramana Maharshi, Swâmi Prajnânpad, Tierno Bokar, Jésus, Bouddha, etc...


pour en savoir plus : http://www.barbier-rd.nom.fr/AutoNoetJMacrez.html

27 avril 2008

Le silex


Un silex est une roche sédimentaire siliceuse très dure constituée de calcédoine presque pure, et d'impuretés comme de l'eau, ou des oxydes, ces derniers influents sur leur couleur.

Atetntion, il est important de faire la différence entre outil préhistorique et silex brut, qui n’a pas été « utilisé ».


Gisement : Très abondants, le silex se trouve comme accidents siliceux dans la craie sous forme de nodules, et dans des sols argileux, certains de ces sols (comme en Haute-Normandie ou en Champagne) étant des altérations de la craie.


Formation : Le silex est formée lorsque l'eau de mer est saturée en silice. Ce phénomène s'est produit en climat tropical, quand les sols rouges subissent une altération physique et chimique (météorisation) intense. La silice se cristallise alors sur le lit des océans en comblant les cavités laissés dans la craie (ou une autre forme de calcaire). Le nodule, en se formant, épigenise les calcaires environnants, c'est à dire que les molécule de carbonate de calcium sont remplacées une à une par des molécules de silice, sans changer la structure originelle de la roche ; ainsi le silex croit aux dépends du calcaire. Le phénomène de formation d'un nodule de silex s'arrête lorsque les dépots de calcaires l'ensevelissent et le privent de l'apport en silice dissout dans l'eau. L'enveloppe du nodule, le cortex, est composé d'impureté (dépots organiques,...) repoussées vers l'exterieur lors de la croissance du silex.

On peut retrouver des fossiles dans un nodule de silex, en général assez mal conservés.

Le silex a été utilisé pendant la Préhistoire pour la fabrication d'outils et d'armes, du fait de leur propriété de se casser en formant des arêtes tranchantes (cassure conchoïdale).

Du XVIIème au XIXème siècles, on l'a utilisé en tant que percuteur pour les fusils (platine à silex).

Frappés contre une roche riche en fer ou contre un morceau d’acier, les silex produisent des étincelles.




Utilisation lithothérapeutique et ésotérique :

Le papyrus Ebers (1550 avant JC) décrit précisément des centaines de recettes utilisées par les égyptiens pour des traitements sur toutes les parties du corps et qui font intervenir une grande variétés de minéraux, plomb rouge, argile, cuivre, silex noir et le lapis-lazuli utilisé pour... les déficiences de la vue.

Correspondant au chakra de base, pierre d’enracinement, elle peut aider a se détacher de liens émotionnels négatif.

La pierre du feu primordial est à domestiquer car son aspect tranchant nous reconnecte aux forces antiques préhistoriques, aux réflexes, aux désirs puisants ; le silex possède une énergie tonique qui relance les énergies en cas de fatigue et de passivité, il peut être associé à quartz fumé pour renforcer l'énergie physique de notre corps. Elle exerce une forte influence sur la circulation du sang . Elle régularise le travail des reins et du système hormonal, elle est calmante pour les nerveux . Elle régénère les tissus et s'avère précieuse en cas d'anoréxie, combat les cauchemars et les peurs de toutes sortes, apporte équilibre dans la connaissance de soi. Le silex, fonctionne en tant que pierre de centrage et d'enracinement.

En association avec la lépidolite, il apaise l’inquiétude et calme l’esprit.


Le silex outil :

Les outils préhistoriques sont très intéressants à utiliser en méditation pour se replonger dans les racines de l'espèce humaine. Ils sont pleins d'humilité mais possèdent souvent une volonté brutale et déterminée. Symboliquement, ils représentent l'état originel du savoir, si vaste et pourtant si mince et partiel, la volonté de perfectionner ses connaissances, d'accéder à un savoir universel, à la fois plus spirituel et plus matériel, d'aller toujours plus avant. Ils symbolisent aussi le combat pour la survie. Mais, on ne travaille pas en séance thérapeuthique avec des outils préhistoriques. "Ce ne sont que des livres, de merveilleux livres".


Bibliographie et sources net :

La mystique des pierres de JY Paulin

Wikipédia

et merci à A la recherche, de ce qui ne souhaite être découvert, mais qui se laisse approcher...

18 avril 2008

fleurs de cérisiers






16 avril 2008

le Livre de la Voie et de la Vertu

Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu
(aussi tao te king etc.)
en 81 chapitres

UN : La voie que l'on peut définir n'est pas le Tao, la Voie éternelle. Le nom que l'on peut prononcer n'est pas le Nom éternel. Ce qui ne porte pas de nom, le non-être, est l'origine du ciel et de la terre. Ce qui porte un nom est la mère de tout ce que nous percevons, choses et êtres. Ainsi à celui qui est sans passion se révèle l'inconnaissable, le mystère sans nom. Celui qui est habité par le feu de la passion a une vision bornée. Désir et non désir, ces deux états procèdent d'une même origine. Seuls leurs noms diffèrent. Ils sont l'Obscurité et le Mystère. Mais en vérité c'est au plus profond de cette obscurité que se trouve la porte. La porte de l'absolu du merveilleux. Le Tao.

DEUX : Le monde discerne la beauté, et, par là le laid se révèle. Le monde reconnaît le bien et, par là le mal se révèle. Car l'être et le non-être s'engendrent sans fin. Le difficile et le facile s'accomplissent l'un par l'autre. Le long et le court se complètent. Le haut et la bas reposent l'un sur l'autre. Le son et le silence créent l'harmonie. L'avant et l'après se suivent. Le tout et le rien ont le même visage. C'est pourquoi le Sage s'abstient de toute action. Impassible, il enseigne par son silence. Les hommes, autour de lui, agissent. Il ne leur refuse pas son aide. Il crée sans s'approprier et oeuvre sans rien attendre. Il ne s'attache pas à ses oeuvres. Et, par là, il les rend éternelles.

TROIS : Il ne faut pas exalter les hommes de mérite afin de ne pas éveiller de ressentiments. Il ne faut ni priser les biens rares, car ce serait inciter au vol, ni exhiber les choses enviables, pour ne pas troubler les coeurs. Aussi, le Sage, dans son gouvernement, fait le vide dans le coeur de ses sujets. Il détruit en eux désir et passion qui peuvent les troubler, mais veille à bien les nourrir. Il doit affaiblir leur volonté tout en fortifiant leur corps. Il doit obtenir que le peuple soit ignorant mais satisfait et que la classe cultivée n'ose agir. S'il pratique le non-agir, l'harmonie est préservée. L'ordre est maintenu. L'empire gardé.

QUATRE : Le Tao est le vide, mais le vide est inépuisable. C'est un abîme vertigineux. Insondable. De lui sont sortis tous ceux qui vivent. Eternellement, il émousse ce qui est aigu, dénoue le fil des existences, fait jaillir la lumière. Du rien, crée toute chose. Sa pureté est indicible. Il n'a pas de commencement. Il est. Nul ne l'a engendré. Il était déjà là quand naquit le maître du ciel.

CINQ : Le ciel et la terre sont indifférents aux passions humaines. Pour eux, les vivants ne sont que chiens de paille. Ephémères. Le Sage n'a pas d'affection. Pour lui aussi, les hommes ne sont que chiens de paille. Entre le ciel et la terre, l'espace est comme un soufflet de forge. Il est vide mais pas épuisé. Soit qu'il s'enfle, soit qu'il s'abaisse, il est toujours prêt à servir, toujours inépuisable. L'homme qui veut saisir l'espace n'étreint que le vide. Mieux vaut se fondre dans ce vide, dans ce vide immense, dans ce vide merveilleux. C'est le vide sublime, c'est le Tao.

SIX : L'esprit de l'Obscurité est immémorial, éternel. C'est le principe féminin des origines. Les racines du ciel et de la terre s'élancent de sa porte mystérieuse. Toujours renouvelé, il se répand dans l'univers. Indéfiniment. Il ne s'épuise jamais.

SEPT : Le ciel et la terre sont éternels. Ils n'ont pas de vie propre. Voilà pourquoi ils sont éternels. Ainsi, la première place revient au Sage qui a su s'effacer. En oubliant sa personne, il s'impose au monde. Sans désirs pour lui-même, ce qu'il entreprend est parfait. Il s'était assis à la dernière place. C'est pour cela qu'il se retrouve à la première.

HUIT : La grande perfection est comme l'eau. Comme elle, elle dispense ses bienfaits aux dix mille êtres et ignore les luttes. Comme elle, elle se détourne des obstacles et les évite, descend vers la vallée et demeure là où les hommes ne peuvent pas habiter. C'est pourquoi elle est proche du Tao. Dans tout et pour tout, la perfection commande l'humilité. Elle demande au coeur d'être profond comme un puits. Dans les rapports avec les autres elle réclame des trésors de patience. De la parole, elle attend la vérité. Quand il faut gouverner, elle impose la loyauté et l'ordre. Quand il faut agir elle exige la compétence. Elle s'exerce au moment opportun et ne lutte jamais. Ainsi, elle ne peut s'égarer.

NEUF : Peut-on conserver plein ce qui veut déborder ? Le tranchant aiguisé ne peut que s'émousser, et aucune salle ne peut être gardée si elle contient or et joyaux. Avoir de l'orgueil pour sa puissance et sa richesse attire l'infortune. Si tu fais de grandes oeuvres, termine-les puis efface-toi. Telle est la loi du ciel.

DIX : Accorder le corps et l'âme afin qu'ils voguent à l'unisson et ne se séparent pas. Concentrer sa force vitale et la rendre docile comme celle du nouveau-né. Au-delà du réel, scruter le miroir poli par le regard de l'âme et se laisser aspirer par la lumineuse obscurité. Ménager le peuple sans intervenir. Rester serein, comme la femme, lorsque s'ouvrent et se referment les portes de l'existence. Garder son ignorance et voir les choses dans leur lumière. Donner la vie et la protéger. Produire sans s'approprier. Agir sans rien attendre. Diriger sans dominer. Tel est le chemin de la mystérieuse perfection.

ONZE : Les rayons de la roue convergent au moyeu. Ils convergent vers le vide. Et c'est grâce à lui que le char avance. Un vase est fait d'argile mais c'est son vide qui le rend propre à sa tâche. Une demeure est faite de murs percés de portes et de fenêtres, mais c'est leur vide qui la rend habitable. Ainsi, l'homme construit des objets, mais c'est le vide qui leur donne sens. C'est ce qui manque qui donne la raison d'être.

DOUZE : Les cinq couleurs aveuglent l'homme. Les cinq notes assourdissent ses oreilles. Les cinq saveurs rendent sa bouche insensible. Les courses et la chasse égarent son esprit. Les richesses l'empêchent de progresser. Ainsi le Sage tourne son regard en lui-même et, loin du tumulte et des passions, exerce librement son choix.

TREIZE : Supporte la disgrâce Dd'un cour égal. Accepte l'adversité comme inséparable de la condition humaine. Que faut-il comprendre par Supporte la disgrâce d'un cour égal ? La disgrâce n'est pas pire que la faveur. Toutes deux engendrent la crainte. Ne soit donc affecté ni par la perte ni par le gain. Que faut-il comprendre par L'adversité est inséparable de la condition humaine ? L'homme a un corps, c'est pourquoi le malheur a prise sur lui. S'il n'en possédait point, quel événement pourrait le frapper ? C'est pourquoi, à celui qui se soucie des autres autant que de lui-même on peut confier le monde. Seul celui qui aime les autres autant que lui-même est digne de les gouverner.

QUATORZE : Mes yeux s'écarquillent, et je ne le vois pas : il s'appelle l'Invisible. Mon ouïe est en alerte, et je ne l'entends pas : il s'appelle l'Inaudible. Mes mains se tendent et ne rencontrent rien : il s'appelle l'Impalpable. Trois aspects indéfinis qui font l'unité. En haut il n'est pas lumineux, en bas il n'est pas obscur. Son éternité défie même le temps. Il n'a pas de nom. Il vient d'un monde où rien de sensible n'existe. Car la lumière appelle l'obscurité et l'obscurité existe par la lumière. Le Tao est une forme sans forme, une image sans image. Il est l'Indéterminé. Si l'on marche devant lui, on ne voit pas son principe. Si l'on va derrière lui, il paraît sans fin. En suivant l'antique voie, on maîtrise le présent. Car le Tao est le fil qui guide l'homme à travers le temps.

QUINZE : Les grands sages de l'Antiquité étaient si éloignés des autres hommes par l'étendue de leur connaissance et la profondeur de leur pensée qu'on ne pouvait espérer les comprendre. Peut-on les décrire ? Ils étaient attentifs comme l'homme qui traverse l'eau tumultueuse et glacée d'un torrent. Prudents comme le voyageur averti d'un danger. Réservés comme le visiteur qui reçoit l'hospitalité. Insaisissables comme la glace qui font. Simples comme le bois brut que l'on vient de débiter. Ils étaient emplis d'espace infini comme la vallée. Insondables comme une eau dormante. Celui qui suit le Tao peut, sans trouble intérieur, attendre que l'eau pure se décharge des limons. Immobile et calme, il verra se présenter l'heure d'agir. Il ne désire que l'infini du vide. C'est pourquoi les hommes peuvent par moment le mépriser, le croyant loin de la vérité, car ils ignorent sa sagesse.

SEIZE : Ayant atteint le vide parfait, je me laisse porter par l'aile puissante du silence. Je contemple l'agitation des hommes. Retourner à son origine... Retourner à son origine, c'est retrouver le repos. Le repos, c'est le retour dans sa demeure véritable. C'est renouer avec son destin. Ce retour est la loi éternelle. Connaître la loi éternelle, c'est être éclairé. L'ignorer, c'est la confusion et, par là, c'est le malheur. celui qui connaît la loi possède le savoir. Il se montre, alors, impartial. Impartial, il agit royalement. Royal, il atteint le divin. Le divin atteint, il est uni au Tao et se trouve désormais au-delà de tout péril. Rien ne peut le surprendre. Rien ne peut l'émouvoir. Rien ne peut le toucher. Pas même la mort.

DIX-SEPT : Des grands souverains d'antan le peuple ne connaissait que le nom. Ce furent des rois aimés et loués. Puis en vinrent d'autres qu'il craignit. Puis d'autres qu'il méprisa. A celui qui n'a pas confiance le peuple ne peut faire confiance. L'énergie du grand souverain ne se dissipe pas en paroles. Elle suscite toute vocation et toute action. Alors le peuple dit : C'est nous qui avons fait tout cela . Il dit aussi : Nous sommes libres .

DIX-HUIT : Autrefois le Tao régnait. L'homme suivait l'ordre de la nature. Puis il advint une époque où le Tao fut oublié et ce fut alors l'ère de la justice des hommes. Puis ce fut l'époque de l'intelligence et de l'habileté. et les ambitions ne connurent plus de bornes. La paix quitta les familles. Mais c'est dans l'adversité que se révèlent les fils respectueux. L'Etat sombra dans le désordre. Mais c'est pendant l'anarchie que surgissent les serviteurs loyaux. Ainsi le Tao est toujours près de l'homme pour le secourir.

DIX-NEUF : Renoncez au savoir, ne vous mêlez plus de morale. Le peuple s'en trouvera cent fois mieux. Abandonnez toute justice humaine et chassez ses lois. Le peuple redécouvrira les vertus familiales. Renoncez au luxe, bannissez le profit. Il n'y aura plus de voleurs ni de bandits. renoncez à tout cela et croyez en l'inutilité de l'apparat. Soyez simples, demeurez fidèles à vous-mêmes. Rejetez de vos cours l'égoïsme et les désirs. La voie s'ouvrira devant vous.

VINGT : Renoncez à l'étude et vous connaîtrez la paix. Entre oui et non la frontière est bien mince. Le bien et le mal sont entremêlés. La peur qu'éprouve le commun des mortels ne doit pas effleurer votre cour. Les hommes courent aux festins de la vie. Ils cueillent les fleurs du printemps, du printemps qui annonce la vie. Mais moi seul reste calme, étranger au tumulte, comme le nouveau-né qui n'a pas encore souri. Je suis seul. Immobile. Je parais démuni de tout, je parais ignorant, je parais abandonné, sans but, sans logis. La multitude s'affaire à accroître ses biens. Moi seul ne possède rien. L'homme de la foule a des idées sur tout. Moi seul hésite. L'homme de la foule est actif, efficace. Seul, je reste immobile. Je regarde sans voir. Mes pensées, égarées, m'échappent pour danser, dans les nuages et le vent, parmi les vagues de l'océan. La multitude des hommes s'affaire, réalise, construit. Je demeure absent, délaissé, inutile. Et pourtant, mes haillons cachent la plus grande des richesses. Seul, je diffère des autres. Je suis l'enfant de la Mère universelle. L'enfant du Tao.

VINGT ET UN : La grande Vertu vient du Tao. Le Tao est vague, imperceptible, insaisissable ! Oh, qu'il est vague, imperceptible, insaisissable ! Et pourtant en son sein est la vérité. Oh, qu'il est insaisissable, imperceptible ! Et pourtant en son sein est la forme des choses. Il est si sombre, si ténébreux ! Et pourtant en lui est l'essence vraie de l'être. Cette essence est la vérité rayonnante et la vérité cachée. Depuis l'aube des âges son nom nous a été transmis et de lui naissent tous les êtres. Comment peut-on connaître les voies de la création ? Par lui. Par le Tao.

VINGT-DEUX : Ce qui est incomplet s'accomplira. Ce qui est courbé deviendra droit. Ce qui est vide sera rempli. Ce qui est usé deviendra neuf. N'avoir rien et se sentir comblé. Etre riche, et garder sa simplicité. Ainsi est le sage. Il embrasse l'Unité. Il vit caché et pourtant tous le voient. Il ne s'affirme pas et pourtant il s'impose. Il ne se vante pas, et son mérite éclate. Absent à lui-même, sa présence s'accroît. Etant sans ambition, il ne heurte personne. Il ne lutte point. Ainsi nul ne peut l'égaler. Ce qui est incomplet sera achevé. Cette sentence ancienne est pleine de vérité car seul celui qui plie reste intègre. Reste humble et garde l'esprit ouvert : tu recevras le monde.

VINGT-TROIS : Préserve-toi par le silence. L'ouragan ne hurle pas toute une matinée. L'orage ne dure pas tout un jour. Qui produit l'ouragan et la pluie ? Ce sont le ciel et la terre. Si ciel et terre ne produisent rien d'éternel, comment l'homme le pourrait-il ? Celui qui suit la loi s'accorde au Tao. Sa volonté et ses principes sont ceux du Tao. Avec lui il agit et avec lui il s'abstient. Le Sage épris d'absolu y trouve la plénitude. En suivant la voie on trouve la voie. En se conformant à la vertu on devient la vertu. Mais si on pense au crime on recueille la honte du crime. C'est pourquoi l'action comme l'inaction traduisent l'invisible harmonie Ou la foi est totale, ou elle n'est pas.

VINGT-QUATRE : Qui marche sur la pointe des pieds perd l'équilibre et tombe à terre. Qui avance à grand pas s'essouffle vite et est dépassé. Celui qui se met en vue reste dans l'ombre et personne ne voit son mérite. L'homme imbu de lui-même perd l'estime d'autrui. Qui se glorifie n'est pas considéré. Qui se gonfle d'orgueil ne peut pas progresser. Qui vit ainsi est malade de l'âme. Ces laideurs ne salissent pas celui qui suit la voie.

VINGT-CINQ : Une puissance indéfinissable et confuse existait depuis l'éternité. Elle était avant la naissance du ciel et de la terre. Perfection indéterminée. Energie éternelle. Mouvement sans fin. Mouvement immuable. Force unique. Omniprésente. Impérissable. Sans nom mais connue de tous. Mère et principe créateur de l'univers. Nul ne connaît son nom. On l'appelle le Tao. Il échappe à toute définition. Invisible, il est immense. Immobile, il se propage à l'infini. En fuyant, il revient. Ainsi, immense est le Tao. Immenses le ciel et la terre. Immense l'être. Quatre immensités dans l'univers, dont l'être. L'homme épouse le rythme de la terre, la terre s'accorde avec le ciel, le ciel s'harmonise avec le Tao. Le Tao est la loi, la voie de la nature. Et la voie demeure, éternelle.

VINGT-SIX : Le lourd est la racine du léger. L'immobilité est mère du mouvement. C'est pourquoi le Sage se déplace avec un seul bagage : le Tao. Partout où il va, il reste détaché et serein. Spectateur des merveilles. Spectateur de la vie. Ainsi le Maître des milles choses doit préférer son peuple à lui-même. Car agir avec légèreté, c'est perdre sa racine, s'agiter, c'est perdre la maîtrise de soi.

VINGT-SEPT : Celui qui sait marcher ne laisse pas de traces. Celui qui sait parler garde ses paroles. Celui qui sait compter n'a pas de boulier. Celui qui sait garder n'a que faire de verrous et de clefs. Celui qui sait lier n'a pas besoin de liens et nul ne peut défaire les noeuds qu'il a serrés. Ainsi le Sage se dédie au secours des hommes. Il n'en rejette aucun. Il veille à préserver les êtres, sans en excepter aucun. Il est dans la lumière. Tout plein de soleil. Le Sage est le maître de celui qui ne l'est pas et ce dernier est la matière sur laquelle il agit. Ainsi, ils ont besoin l'un de l'autre. Voilà une vérité. Une vérité subtile. Car tout ce qui est essentiel pour l'homme, tout ce qui lui est indispensable, reste une énigme. C'est l'inconnu pour lequel on lutte et on travaille. C'est l'inconnu qui nous donne la force de vivre, la force d'espérer, la force de croire. Car ce que l'homme veut savoir lui reste inconnu. A jamais.

VINGT-HUIT : Celui qui est conscient de sa force mais garde la douceur de la femme, est le creuset de l'univers. Etant le creuset de l'univers, il fait un avec le Tao et redevient pur comme l'enfant. Celui qui connaît l'étendue de son savoir et garde la simplicité dans son coeur, est le modèle du monde. Etant le modèle du monde, il rejoint le Tao et son espace infini. Celui qui connaît la gloire mais garde son humilité possède la vertu du monde. Etant la vertu du monde, il atteint la plénitude du Tao et revient à l'unité originelle, cette unité d'où provient toute chose. Le Sage participe alors à l'harmonie universelle. Grain de lumière, il se répand dans l'univers et revient à la grande lumière. Et il retrouve l'infini.

VINGT-NEUF : Celui qui veut posséder le monde et lui imprimer sa marque ne peut y réussir. Je le sais. Le monde est une entité sacrée. La main de l'homme ne peut le modeler. En voulant le changer on le détruit. Quand on croit le tenir on le perd. C'est ainsi que l'homme s'éloigne du chemin de la vertu. Car parmi les hommes les uns marchent en avant et les autres s'attardent. Les uns ont un souffle léger, les autres une haleine puissante. Certains sont forts, d'autres faibles. Les uns renversent ce que d'autres ont bâti. Aussi le Sage évite l'excès, l'incohérence et toute extrême. Il vit dans la vérité.

TRENTE : Un souverain instruit dans la voie du Tao renonce à conquérir le monde par la force. Car il sait qu'à l'attaque succède la riposte. Là où sont passées les armées, ne restent que des ruines et ne poussent que des ronces. Les grandes guerres amènent des années de disette. C'est pourquoi l'homme éclairé se montre résolu sans tomber dans l'excès. Il parvient à ses fins mais n'en tire aucune gloire. Il mène à bien ses entreprises sans offenser ni détruire. Il agit sans orgueil et ne combat que par nécessité. Il ne trouble pas la grande harmonie. La force use celui qui l'utilise, car elle va à l'encontre du Tao. Et ce qui va contre le Tao va à sa perte.

TRENTE ET UN : Les armes les plus belles ne sont que des engins de mort. L'humanité les a en horreur. Celui qui suit la voie du Tao en détourne ses regards. L'homme de bien se place à gauche du maître de maison. L'homme de guerre s'installe à sa droite. Les armes n'apportent que la mort. Le bon souverain en détourne le regard. Il ne les prend que s'il n'a pas d'autre choix. Pour lui, les trésors suprêmes sont le calme et la paix. La victoire ne le remplit pas de joie, car se réjouir serait se glorifier d'avoir ordonné la mort. Celui qui se glorifie de la mort d'autres hommes ruine sa destinée et ne pourra pas gouverner. Dans les jours heureux, la place d'honneur se trouve à gauche. Dans les jours de malheur, elle est à droite. L'aide de camp se place à gauche, le chef de guerre s'installe à droite. Ainsi la guerre se conduit comme des funérailles. Le chef triomphant préside au festin de la victoire comme s'il assistait à l'office funèbre de ceux qu'il a fait tuer. Car ayant fait tuer beaucoup d'hommes, Il doit maintenant en porter le deuil.

TRENTE-DEUX : Le Tao ne peut être défini. Etant insaisissable, il échappe à toute emprise. Si les souverains se conformaient au Tao, ils verraient les dix mille êtres se remettre entre leurs mains. L'harmonie du ciel et de la terre emplirait l'univers et une douce rosée descendrait sur les hommes. La paix universelle ferait la joie de tous les peuples. Et puis les hommes furent séparés par contrées et par nations, et distingués chacun par un nom. Et avec le nom surgit la division. Par le Tao on connaît les limites du danger. Car le Tao, dans l'univers, est comme le fleuve, dont le flot, depuis toujours, va rejoindre la mer.

TRENTE-TROIS : Celui qui connaît les hommes acquiert la sagesse. Celui qui se connaît lui-même possède la lumière. Celui qui conduit les hommes est fort. Mais celui qui se maîtrise lui-même détient la vraie puissance. Celui qui se contente de ce qu'il a est le vrai riche. Etre sans désir, c'est posséder le monde. C'est suivre la voie. Si celui qui persévère fait preuve de volonté, celui qui demeure dans l'ordre des choses est le Sage absolu. Celui qui meurt mais reste dans le souvenir des hommes a touché à l'éternité.

TRENTE-QUATRE : Le Tao se répand comme un flot. Sa puissance est sans limite. Les dix mille êtres naissent et vivent de lui sans qu'il en soit l'auteur. Il poursuit son oeuvre éternelle sans vouloir rien imposer. Il commande aux hommes sans s'en déclarer le maître. Il est sans désir et dénué d'ambition. On peut le dire petit. Quelle erreur : il est immense, incommensurable. Les dix mille êtres retournent à lui sans qu'il ne demande rien. On peut alors le dire immense, et nul ne peut le cerner. Le sage ignore sa grandeur, ainsi elle se réalise d'elle-même. A l'infini.

TRENTE-CINQ : Celui qui suit le Tao peut parcourir le monde en toute quiétude. Il trouvera partout paix, équilibre, sécurité. Il s'avance, impassible, dans la sérénité. Musique et bonne table attirent le passant. Mais la bouche qui parle du Tao ne le retient pas. Car ce qu'elle dit est sans saveur : on le regarde et on ne le voit pas, on l'écoute, et on ne l'entend pas. Pourtant, celui qui puise dans le Tao a puisé l'inépuisable.

TRENTE-SIX : On ne peut réduire que ce qui est déployé. On ne peut affaiblir que ce qui est puissant. On ne peut abattre que ce qui est élevé. Ainsi pour recevoir, il faut avoir donné. C'est la loi de la nature. La douceur et la faiblesse triomphent de la dureté et de la force. Que le poisson qui brille demeure au sein des profondeurs ! Les secrets du royaume doivent être ainsi maintenus cachés au regard des hommes.

TRENTE-SEPT : Le Tao n'agit pas par lui-même. Et pourtant il n'est rien qu'il n'accomplisse. Si seulement les rois et les princes pouvaient s'y tenir, les dix mille êtres les suivraient dans cette voie. Dans la voie du bonheur, dans la voie de la perfection. Et si malgré tout ils voulaient encore agir, la simplicité suprême du Sans-Nom les assagirait. Ils deviendraient alors sans désir, en paix, et, partant, l'univers se transformerait. de lui-même.

TRENTE-HUIT : L'homme de haute vertu est au-dessus de la vertu, c'est pourquoi il est vertueux. L'homme de moindre vertu, se dit vertueux c'est pourquoi il ne l'est pas. L'homme de haute vertu la pratique sans y penser. L'homme de moindre vertu l'utilise pour atteindre un but. Et pourtant il ne l'atteint pas. Le véritable homme de bien agit sans avoir de raisons de le faire. L'homme de justice agit car il a des raisons de le faire. L'homme qui se conforme au rites agit et veut les imposer par la force. Ainsi, si l'on oublie le Tao, il reste la vertu. Si l'on se détourne de la vertu, il reste la bonté. Lorsque la bonté est perdue, il reste la justice. Lorsqu'on abandonne la justice, on recourt aux rites. Or, Les rites ne sont que l'apparence de la vérité et de la sincérité. Ils sont aussi l'amorce de la confusion. La connaissance et l'intelligence ne sont pour le Tao que des fleurs sans parfum. Elles sont souvent la source de l'erreur. C'est pourquoi le Sage puise au tréfonds des choses sans s'arrêter aux apparences. Il contemple le fruit plutôt que la fleur. Il ignore l'une et cueille l'autre.

TRENTE-NEUF : Voici ce qui, depuis les origines, a atteint l'unité : Le ciel parce qu'il est pur. La terre parce qu'elle est stable. Les esprits parce qu'ils sont transcendants. Les vallées parce qu'elles sont riches en eau. L'humanité parce qu'elle se reproduit. Les souverains et les gouvernants parce qu'ils donnent l'exemple. C'est l'unité qui les rend parfaits. Si le ciel n'était plus pur, certainement il s'effondrerait. Si la terre n'était plus stable, elle s'écroulerait. Si les esprits n'étaient plus transcendants, ils s'évanouiraient. Si les vallées n'étaient plus humides, elles deviendraient des déserts. Si les dix mille êtres cessaient de se reproduire, ils disparaîtraient. Si les souverains et les gouvernants renonçaient au pouvoir, leurs pays tomberaient dans le chaos. La noblesse repose sur l'humilité. Ce qui est grand prend appui sur ce qui est infime. Ainsi les souverains et les gouvernants se nomment-ils eux-mêmes orphelins, hommes sans valeur et de peu de mérite. Ils montrent par là leur compréhension de l'ordre profond des choses. L'honneur suprême est en dehors de l'honneur. Car le Sage ne cherche ni a briller comme le jade, ni a être rejeté comme un caillou. Il vit au-dessus de l'estime et du mépris.

QUARANTE : L'immobilité est le mouvement du Tao. Dans sa faiblesse réside sa puissance. Tous les êtres de ce monde sont nés du visible. Le visible procède de l'invisible. Car tout est et n'est rien.

QUARANTE ET UN : Lorsqu'un esprit sage entend parler du Tao, il s'applique à le suivre. Lorsqu'un esprit moyen entend parler du Tao, tantôt il y pense, tantôt il l'oublie. Lorsqu'un esprit superficiel entend parler du Tao, il éclate de rire. Mais, s'il n'en était pas ainsi, Le Tao ne serait pas le Tao. C'est pourquoi la sagesse nous enseigne que la voie étincelante paraît sombre. La voie qui progresse semble reculer. La voie juste semble pleine d'embûches. La vertu parfaite semble semble vide de sens. La vertu généreuse semble inutile. La vertu la plus ferme semble fragile. La vérité bien ancrée a l'air de vaciller. Un très grand carré nous empêche de voir ses points extrêmes. Le trop grand vase est impossible à modeler. La musique céleste est au-delà des sons. Le Tao est caché. Il n'a pas de nom Il est et il n'est pas. Mais c'est lui qui maintient le monde. Il en est le sens.

QUARANTE-DEUX : Le Tao engendra UN. Un engendra Deux. Deux engendra Trois. Trois engendra les dix mille êtres et tout ce qui est vivant. Les dix mille êtres portent l'obscurité sur leurs épaules mais serrent dans leurs bras la lumière. Chacun d'eux a été engendré par ce souffle divin que l'on nomme harmonie. Les hommes redoutent d'être pauvres, délaissés, sans valeur ou sans mérite. Et pourtant, les souverains et les princes sages se nomment eux-mêmes ainsi : sans valeur, sans mérite. C'est pourquoi, parmi les êtres, celui qui s'élève se diminue, et celui qui se diminue s'élève. Et le violent qui veut s'imposer par la violence mourra par la violence. Ceci est un des fondements de l'enseignement. Une des vérités du Tao.

QUARANTE-TROIS : Dans l'univers, le plus faible vient à bout du plus fort. Seul ce qui est sans substance peut pénétrer un espace plein. Par là le Sage reconnaît la vertu du non-agir. Enseigner sans la parole, entreprendre sans agir. Voilà la vertu. Cela est difficile à comprendre pour la plupart des hommes. Là pourtant se trouve la vérité. Car le plus souple gagnera le plus fort et rien ne saurait égaler la puissance du non-dire et du non-faire.

QUARANTE-QUATRE : De la gloire ou de la santé, quel est le plus important ? De la santé ou de la richesse, quel est le plus précieux ? Du gain ou de la perte, quel est le plus honteux ? L'homme trop passionné s'expose à la souffrance. L'avare qui prévoit et amasse subit de lourdes pertes. Celui qui se contente de ce qu'il a reste serein. Celui qui sait se réfréner tient à distance le danger. Par là son existence sera préservée. Car qui aura trop aimé sera frustré. Et qui aura trop amassé ne possèdera rien.

QUARANTE-CINQ : La perfection achevée semble imparfaite. Et pourtant elle rayonne sans fin. La plénitude parfaite paraît vide. Et pourtant elle est intarissable. Elle donne sans jamais s'épuiser. Une franchise extrême semble fausse. Une habileté extrême entrave le geste. Une éloquence extrême ne persuade personne. le mouvement triomphe du froid, et c'est l'immobilité qui triomphe de l'ardeur. C'est dans le calme et la sérénité que réside le bonheur, car la quiétude et l'immobilité règlent le monde. Ainsi est-il.

QUARANTE-SIX : Quand un peuple suit le Tao, les chevaux de guerre restent à la ferme et labourent les champs. Quand un peuple a perdu le Tao, les chevaux de guerre sont aux portes de la ville prêts à la bataille et les champs restent incultes. Il n'est pas de plus grave erreur que d'écouter ses désirs. Il n'est pas de plus grande misère que de ne savoir se contenter. Il n'est pas de pire fléau que l'envie de posséder. C'est pourquoi celui qui limite ses désirs ne saurait manquer de rien. Ses granges seront pleines, ses champs cultivés et son coeur comblé de joie. ainsi veut la loi.

QUARANTE-SEPT : Sans franchir sa porte, connaître le monde entier. Sans regarder par la fenêtre, entrevoir le chemin du ciel... Plus on voyage, plus la connaissance s'éloigne. C'est pourquoi le Sage connaît sans se mouvoir, comprend sans examiner et accomplit sans agir.

QUARANTE-HUIT : En s'adonnant à l'étude, on s'accroît chaque jour. En se consacrant à la voie, on diminue chaque jour. Et l'on continue de diminuer jusqu'au jour où l'on cesse d'agir. N'agissant plus, il n'est rien, désormais, qu'on ne puisse accomplir. La conduite du royaume revient à qui demeure au-dessus de l'action. Celui qui lutte pour gagner le royaume ne l'obtient jamais.

QUARANTE-NEUF : Le Sage n'a pas de conscience propre, il est la conscience de l'univers. Il est bon avec le juste, mais bon aussi avec celui qui ne l'est pas, car la plus grande vertu est la bonté. Il est loyal avec le fidèle, loyal aussi avec celui qui ne l'est pas, car la plus grande vertu est la loyauté. Le Sage est humble et modeste aux yeux du plus grand nombre. Il paraît faible et désarmé. Mais le peuple retient son souffle et se fait attentif devant cet homme semblable à un petit enfant. Car son coeur peut contenir le monde entier.

CINQUANTE : Où s'arrête la vie, où commence la mort ? Trois hommes sur dix suivent le sentier de la vie. Trois hommes sur dix suivent le sentier de la mort. Trois hommes sur dix quittent trop tôt le sentier de la vie pour celui de la mort. Pourquoi ? Parce qu'ils brûlent leur vie aux feux de leurs passions. Celui qui garde sa sérénité ne rencontre pas le rhinocéros ni le tigre. Il traverse sans dommage les rangs d'une armée hostile. Car il n'offre pas de prise à la corne mortelle, il n'offre pas de prise aux griffes qui déchirent, il n'offre pas de prise à l'épée meurtrière. Pourquoi ? Parce que sur lui la mort n'a plus de prise.

CINQUANTE ET UN : Le Tao donne la vie aux dix mille êtres, et par sa vertu il les nourrit. La matière modèle leur forme et le milieu les fait s'épanouir. C'est pourquoi tous ont, pour le Tao et sa vertu, respect et adoration. Personne, pourtant, ne le leur demande. Ils ne font que suivre la loi de la nature, le Tao. Qui donne sans posséder. Régit sans diriger. Réchauffe sans feu et protège sans armes. Sa vertu est mystérieuse. En réalité, la voie les met au monde, les fait croître et se développer, leur permet de mûrir et de se parfaire, et les accompagne toute leur existence. Elle donne la vie sans vouloir posséder, elle agit sans rien demander, elle régit sans contraindre. Elle est la vertu primordiale.

CINQUANTE-DEUX : A l'origine de l'univers est la mère. Par la Mère l'on peut connaître les enfants. Celui qui connaît les enfants et garde son attachement à la Mère n'a pas peur de la mort. Garder le silence et modérer son énergie permet de traverser l'existence sans fatigue. Sortir de sa réserve et s'agiter fait perdre le sens de l'existence. Celui qui sait s'émerveiller des petites choses marche dans la lumière. Celui qui garde sa douceur dans le tumulte a de la grandeur d'âme. Tirer parti de rayons de soleil en ayant une pensée pour leur source préserve du malheur. Celui qui agit ainsi chemine dans la voie. Il hérite de l'Eternel.

CINQUANTE-TROIS : Si une haute fonction m'était confiée, voici ce que je voudrais enseigner : Suivez la voie, et craignez de vous en écarter. La grande voie est toute simple, Mais la multitude préfère divaguer sur des chemins de traverses. Sur des raccourcis qui sont des impasses. Un palais superbe se dresse devant vous, mais son apparence est illusoire. Regarde : Alentour les champs sont en friche. Ce n'est qu'herbe folle. Et les greniers sont vides. Se vêtir d'habits somptueux, se ceindre d'épées étincelantes, festoyer alors qu'on n'a plus faim, ne plus savoir où serrer ses richesses, c'est glorifier le vol et le mensonge. Ceci est bien loin du Tao.

CINQUANTE-QUATRE : Ce qui a été bien planté ne pourra pas être arraché. Ce qui a été solidement bâti ne sera pas détruit. Et le souvenir des ancêtres se perpétuera de génération en génération. Cultive la vertu en toi-même, elle sera authentique. Cultive-la dans la famille, elle augmentera. Cultive-la dans le village, elle s'étendra. Cultive-la dans le royaume, elle deviendra florissante. Cultive-la dans le monde, elle sera partout. Car c'est en les comparant à lui-même que l'individu considère les autres individus et que la famille juge les autres familles. C'est aussi en fonction de lui-même que le village considère les autres villages, et le royaume les autres royaumes. Dans tout ce qu'il contemple le Sage voit l'ébauche de l'univers entier.

CINQUANTE-CINQ : Celui qui porte en lui la vertu est comme l'enfant nouveau-né : innocent. Les bêtes venimeuses ne le piquent pas, les fauves l'épargnent, les oiseaux de proie ne fondent pas sur lui. Ses os sont faibles, ses muscles aussi. Et pourtant, quelle force ont ses petites mains ! Il ignore l'union de l'homme et de la femme, et pourtant sa virilité se manifeste déjà. Il crie tout le jour et pourtant sa voie reste claire, tant est parfaite son harmonie. Atteindre l'harmonie, c'est connaître l'éternel. Connaître l'éternel, c'est être dans la lumière. Néfaste est l'abus de la vie car être fort c'est dominer son souffle. Trop d'énergie dépensée nous éloigne du Tao. Dès lors, la fin est proche.

CINQUANTE-SIX : Celui qui sait ne parle pas. Celui qui parle ne sait pas. Garder sa bouche close. Modérer ses sens. Tempérer ses ardeurs. Ramener chaque chose à sa valeur. Voiler l'éclat dont on rayonne. Etre conscient de son union profonde avec la nature, c'est atteindre la parfaite harmonie. Dès lors, le Sage n'est plus affecté par l'amitié ou l'inimitié, par le bien ou par le mal, par les honneurs ou la disgrâce. Il est parvenu au degré suprême. Par la voie.

CINQUANTE-SEPT : On gouverne un royaume par la justice. On conduit une guerre par la tactique. Mais c'est en renonçant à toute action qu'on devient le maître du monde. Comment peut-on savoir celà ? En considérant ceci : Plus il y a d'interdits, plus le peuple s'appauvrit. Plus les armes se perfectionnent, plus le pays est dans le désordre. Plus les hommes sont ingénieux et habiles, plus leurs inventions deviennent néfastes. Plus nombreux sont les décrets et les lois, plus les malfaiteurs et les bandits pullulent. C'est pourquoi le prince sage dit : Je n'agis pas et le peuple s'amende de lui-même. Je demeure dans la quiétude et le peuple s'améliore. Je ne recherche aucun profit, et le peuple voit augmenter ses biens. Je demeure sans désirs et le peuple retrouve les bienfaits d'une vie simple.

CINQUANTE-HUIT : Lorsque le prince est simple et bienveillant, le peuple est honnête et prospère. Lorsque le gouvernement est intransigeant et soupçonneux, le peuple est roué et mesquin. Les racines du bonheur naissent dans le malheur. Le malheur sommeille sous le bonheur. Qui peut prévoir l'avenir ? Car les règles de ce monde sont instables et mouvantes : la droiture peut être prise pour de la ruse et le bien confondu avec le mal. Depuis toujours l'égarement de l'homme le plonge dans l'erreur. C'est pourquoi le Sage admoneste sans blesser, conseille sans vexer, redresse sans contraindre. Il éclaire mais n'éblouit pas.

CINQUANTE-NEUF : Rien ne vaut la modération quand on veut gouverner les hommes tout en servant le ciel. La modération doit être le souci constant de l'homme. C'est ainsi que la vertu devient grande, en lui. Lorsqu'il a atteint un haut degré de vertu, tout lui devient possible. Si rien ne lui est impossible, ses limites sont inconnaissables. L'homme dont les limites sont inconnaissables peut posséder le royaume. Celui qui possède le grand principe du royaume oeuvre sans fin. Et pour le bien. Il puise à la racine féminine de toute chose. Il puise à la fondation immémoriale, celle qui donne plénitude à sa vie et lumière à son esprit. Oui, c'est celui qui est juste qui devient roi, car il imite le ciel.

SOIXANTE : On gouverne un Etat comme on cuit un petit poisson : avec précaution. Si l'empire est gouverné selon le Tao, les démons invisibles perdent leurs armes. Non qu'ils ne soient puissants, mais ils ne nuiront pas aux hommes. Non qu'ils ne puissent nuire aux hommes, mais parce que le Sage, lui, ne nuit pas aux hommes. Les forces des entités invisibles et celles du Sage ne nuisent pas aux hommes ni ne se nuisent mutuellement. Cet état de chose est une manifestation de la vertu qui est à l'oeuvre dans le monde. Et le monde, par elle, sera meilleur.

SOIXANTE ET UN : Un grand royaume doit être comme un lieu de plaine qui draine a lui toutes les eaux. Un creuset pour l'univers. Le grand principe féminin qui régit le monde. Par son immobilité la femelle triomphe toujours du mâle. De sa passivité elle tire sa puissance. C'est pourquoi un grand royaume s'attache un plus petit pays en le respectant. De même, un petit pays reçoit la protection d'un grand pays en s'inclinant devant lui. Ainsi l'un accueille l'autre parce qu'il s'incline et l'autre est accueilli parce qu'il s'incline aussi. Un grand royaume cherche toujours à affermir sa puissance et souhaite rassembler de petits pays sous sa protection. Un petit pays désire voir reconnaître sa valeur et contribuer au bien commun d'un grand empire. Mais pour que chacun trouve la place qui lui revient, le grand pays doit d'abord s'abaisser. Comme un lieu de plaine amène à lui toutes les eaux. Comme la femelle triomphe toujours du mâle.

SOIXANTE-DEUX : Le Tao est la source secrète d'où proviennent tous les hommes. Il est le trésor de l'homme bon, le refuge de celui qui ne l'est pas. De belles paroles peuvent valoir la renommée, des actions méritoires attirer la considération. Mais pourquoi rejeter qui n'en est pas capable ? Le jour où l'empereur est intronisé, avec trois hauts dignitaires qui seront ses ministres, quelle est la plus précieuse des offrandes ? Les bijoux de jade pour parer ses mains ? Les quadriges de chevaux pour magnifier ses cortèges ? Ou le Tao que, sans bouger, le Sage lui tend ? Pourquoi les anciens tenaient-ils le Tao en si grande estime ? N'est-ce pas parce qu'il apporte réponse à celui qui cherche, et rachat à celui qui a failli ? C'est pour cela que le Tao est tenu pour le plus grand trésor qui soit au monde.

SOIXANTE-TROIS : Agis sans pour autant bouger, oeuvre sans t'impliquer, savoure ce qui est sans saveur. Célèbre Ce qui est petit, élève ce qui est humble, réponds aux offenses par des bienfaits. Accomplis ce qui est difficile en commençant par le facile, vois de la grandeur dans la plus humble chose. Dans l'univers, les choses difficiles se réalisent comme si elles étaient faciles, et les grandes oeuvres du monde ont commencé par de petites Aussi le Sage n'entreprend rien de grand, et c'est pour cela qu'il peut réaliser des oeuvres éternelles. Qui promet à la légère ne mérite pas la confiance. Qui trouve tout facile rencontre des obstacles. Pour le Sage, tout est d'égale difficulté. C'est pourquoi il accomplit tout sans peine.

SOIXANTE-QUATRE : Ce qui est au repos est facile à garder. Ce qui n'est pas encore est facile à prévoir. Ce qui est fragile est facile à briser. Ce qui est ténu est facile à détruire Empêche le mal avant qu'il n'apparaisse. Mets tes affaires en ordre avant que la confusion ne s'installe. L'arbre que tu ne peux embrasser est né d'un germe infime. La tour de neuf étages part d'une poignée de terre. C'est par un pas que débute un voyage de mille lieues. Celui qui agit va a l'échec. Tout échappe à celui qui accapare. Le Sage se garde d'agir et n'échoue pas. Il ne s'attache a rien et donc ne perd rien. Ceux qui croient tenir la réussite voient soudain leurs espoirs s'effondrer. Prête autant d'attention au dénouement de tes entreprises qu'à leur commencement. Alors tu ne connaitras pas l'échec. Ainsi le Sage, qui ne désire être que sans désirs, n'est pas tenu par les biens de ce monde. Il apprend sans étudier. Il remet les hommes sur la voie mais s'abstient d'agir.

SOIXANTE-CINQ : Les princes d'autrefois, qui connaissaient le Tao ne l'enseignaient pas au peuple. Car un peuple est difficile à gouverner s'il a trop de savoir. Celui qui utilise le savoir pour gouverner ruine son pays. C'est pour cela qu'il faut garder le peuple dans son heureuse ignorance. Celui qui le gouverne dans la simplicité le rend prospère et tranquille. Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c'est posséder la vertu suprême, c'est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s'achemine.

SOIXANTE-SIX : La mer règne sur tous les fleuves parce qu'elle s'étend plus bas que ceux-ci. C'est ainsi qu'elle règne sur tous les fleuves. Si le Sage souhaite éclairer le peuple, il doit se montrer plus humble que lui. S'il désire le guider, il doit se placer le dernier de tous. Ainsi son pouvoir sera grand parmi les hommes et il n'opprimera personne. Il sera le premier sans que nul ne soit abaissé. Les dix mille hommes supporteront sa tutelle avec joie et ne s'en lasseront pas. Car le Sage ne s'oppose à personne, ainsi personne ne peut s'opposer à lui.

SOIXANTE-SEPT : Tout le monde dit que la voie est immense. Et qu'elle ne peut être comparée à rien d'autre. C'est précisément par son immensité qu'elle est différente de tout ce que l'on connaît. Si elle ne l'était pas, depuis longtemps, elle se serait dissipée. Il y a trois trésors que je garde en moi : Le premier est l'amour. Le second est la frugalité. Le troisième l'humilité. Par l'amour on peut devenir courageux. Par l'économie naît la générosité. Par l'humilité on peut atteindre le sommet. Les hommes n'aiment plus mais ils pprétendent être braves. Ils ont perdu le goût de l'économie mais ils se déclarent généreux. Ils ont oublié l'humilité et se bousculent pour être les premiers. C'est une pente qui conduit à la mort. Si l'on combat par amour l'on sort toujours vainqueur et la ville qu'on défend deviend inexpugnable. Le ciel secourt l'homme qui aime et le rend invulnérable. Et lui fait un bouclier de sa miséricorde.

SOIXANTE-HUIT : Un grand chef de guerre n'est pas belliqueux. Un vrai guerrier n'éprouve pas de haine. Un véritable vainqueur ne cherche pas la guerre. Celui qui veut commander aux hommes doit rester humble devant eux. Cela s'appelle la force du seigneur de la paix ou l'art de conduire les hommes. C'est vivre avec les lois qui régissent la nature. Car Celui qui gagne sur lui-même est le vrai triomphateur.

SOIXANTE-NEUF : Un grand guerrier des temps anciens a dit : Je ne porte pas le premier coup, Je préfère attendre celui de l'ennemi. Plutôt que d'avancer d'un pouce Je préfère reculer d'un pas. Ainsi on conquiert sans affronter. Cela s'appelle progresser par l'immobilité, repousser sans utiliser la force, dominer l'adversaire sans l'attaquer Etre armé mais garder les mains nues Etre armé mais d'armes célestes. Il n'y a pire désastre que de sous-estimer son ennemi Sous-estimer son ennemi, c'est courrir à sa propre perte. S'il faut engager la bataille, les forces étant égales, le vainqueur sera celui qui n'avait pas souhaité le combat. Car son bras était armé d'armes invisibles. Et son triomphe aura le plus grand éclat s'il témoigne de sa victoire sur lui-même.

SOIXANTE DIX : Mon enseignement est très simple à pénétrer. Très simple à réaliser. Pourtant personne ne le comprend ni n'essaie de le mettre en pratique. Mon enseignement a ses racines dans l'expérience ancienne. Mes actes ont pour base un principe connu. Facile à saisir. Facile à pratiquer. Mais comme les hommes ne le comprennent pas, ils ne me connaissent pas. Rares sont ceux qui m'entendent et privilégiés ceux qui me suivent. C'est pourquoi le Sage, sous son vêtement grossier, cache en son sein un véritable trésor. Un trésor de jade.

SOIXANTE ET ONZE : Celui qui sait croit qu'il ne sait rien. Celui qui ne sait rien et croit tout savoir s'expose à l'échec. L'homme qui prend conscience de ses erreurs peut éviter de les répeter. Le Sage est conscient des difficultés, conscient aussi des erreurs. Ainsi il peut les écarter. Et il garde sa sérénité.

SOIXANTE DOUZE : Si ton pouvoir n'est plus respecté par le peuple, c'est qu'un pouvoir plus fort survient et que ta fin est proche. N'oblige pas le peuple à vivre à l'étroit, ne restreins pas le champ de son labeur, ne l'oppresse pas. Il restera paisible. Ainsi le Sage se connaît lui-même, et il vit dans l'isolement. Il est en paix avec lui-même. Sans aucune vanité. C'est pourquoi en tout il peut faire librement son choix. Et c'est dans la profondeur et non dans l'extérieur qu'il puise sa connaissance. C'est dans le dedans et non dans le dehors qu'il puise son amour.

SOIXANTE TREIZE : L'homme courageux et téméraire joue avec la vie. L'homme courageux et sage préserve la vie. De ces deux façons d'être l'une est bonne, l'autre est funeste. Qui peut comprendre les décrets mystérieux du ciel ? C'est pourquoi le Sage ne prend pas parti. La voie du ciel régit sans contraindre. Elle trouve réponse sans questionner. Elle reçoit sans avoir demandé, et accomplit son dessein mystérieux en toute sérénité. Le filet du ciel est immense. Très larges sont ses mailles. Mais nul n'y échappe. Car le ciel rejette ce qu'il faut rejeter et garde ce qu'il faut garder. Et nul ne sait comment.

SOIXANTE QUATORZE : Si le peuple n'a plus peur de la mort, la menace de la mort n'aura plus d'effet. Si le peuple craint la mort, et si l'on met à mort ceux qui violent les lois, qui oserait alors les transgresser ? Le grand bourreau c'est la nature. Elle exécute, elle punit. Vouloi se substituer au bourreau, c'est vouloir équarrir du bois à la place du charpentier. Mais celui qui veut équarrir du bois à la place du charpentier risque fort de s'entailler les mains. Laisse la nature faire son travail, car c'est elle le Grand Exécuteur.

SOIXANTE QUINZE : Le peuple est affamé parce que les gouvernants le chargent d'impôts. C'est pourquoi il a faim. Le peuple murmure et s'agite parce que ses gouvernants le harcèlent C'est pourquoi il s'agite. Le peuple regarde la mort avec indifférence quand sa vie est pénible. Et c'est ça qui le rend indocile. Voilà pourquoi il méprise la mort. Seul celui qui n'est pas réduit à lutter pour vivre peut apprécier sagement la vie. Le Sage ne vit pas que pour vivre Ainsi il peut en apprécier la valeur.

SOIXANTE SEIZE : En naissant, l'homme est fragile et souple. Lorsqu'il meurt, il est dur et raide. En naissant de la terre, les arbres sont tendres et flexibles. Morts, ils deviennent secs et rigides. Rigidité et dureté sont le propre de la mort. Souplesse et fragilité sont le propre de la vie. C'est pourquoi une armée lourde et forte sera défaite, et l'arbre puissant et dur s'abattra tout à coup. Ce qui est grand et fort est en réalité faible, et sera couché au sol. Ce qui est faible et souple est véritablement sublime et s'élèvera au ciel.

SOIXANTE DIX SEPT : La voie du ciel peut être comparée à un arc que l'on tend. Le haut est courbé vers le bas. Le bas est relevé. Si la corde est trop longue, elle sera raccourcie, si elle est trop courte, elle sera rallongée. La voie du ciel prend à celui qui a trop, et donne à celui qui n'a pas assez. La voie des humains est bien différente. Ils prennent à celui qui n'a pas assez pour donner à celui qui a déjà trop. Qui sait se séparer du superflu pour en faire don aux autres ? C'est celui qui possède le Tao, la voie du ciel. Ainsi le Sage oeuvre sans vouloir être reconnu. Il accomplit ce qui doit être accompli sans en tirer gloire. Et il cache sa sagesse comme on cache un trésor.

SOIXANTE DIX HUIT : Dans ce monde, rien n'est plus inconsistant et plus faible que l'eau. Et pourtant, l'eau attaque et emporte ce qui est dur et puissant. Dans la lutte éternelle entre l'eau et le roc, c'est toujours l'eau qui emporte la victoire. Rien ne lui résiste et rien ne peut la vaincre. Car la faiblesse a raison de la force, et la souplesse s'impose à la dureté. Tout le monde sait celà, mais personne ne se conforme à cette loi. Et le Sage dit : " L'esprit du sol qui reçoit toutes les ordures du royaume devient le maître et le seigneur des moissons " Ainsi celui qui accepte les refus du royaume devient le maître de l'empire. Car le faux paraît vrai et le vrai paraît faux.

SOIXANTE DIX NEUF : Même apaisée, une grave querelle laisse un ressentiment. Que peut-on faire pour agir selon le Tao ? Le Sage accepte ce qu'on lui attribue, et ne réclame rien d'autre. Il honore ses engagements et ne veut pas plus. L'homme sans vertu veut s'approprier le maximum. La voie du ciel n'a pas de préférences. Elle comble de biens l'homme de bien.

QUATRE VINGT : Si je gouvernais un petit royaume avec peu d'habitants, je défendrais d'utiliser les armes que ce peuple possèderait. Le peuple devrait considérer la mort comme redoutable et rester dans les lieux de ses ancêtres. Bien qu'ayant bateaux et chars, il n'en userait point. Bien qu'ayant armes et cuirasses, il les laisserait dans leurs caches. Il compterait jours et années avec des cordelettes comme dans le passé. Il trouverait savoureuse sa nourriture, beaux ses vêtements, agréable sa maison, pleines de douceur ses coutumes ancestrales. Non loin de là, il apercevrait avec bonheur les hommes du pays voisin. Il entendrait chanter leurs coqs et aboyer leurs chiens. Il vivrait au rythme des saisons, et mourrait de vieillesse sans avoir connu le pays voisin.

QUATRE VINGT UN : Les paroles sincères ne sont pas toujours agréables, les paroles agréables ne sont pas toujours vraies. Le bien ne s'argumente pas. Les arguments ne sont que vaines paroles. L'ignorant croit tous savoir. L'érudit pense qu'il ne sait rien. Le Sage ne garde rien pour lui. Plus il donne aux autres, plus il s'enrichit. Et il possède un trésor précieux : Ce qu'il a donné aux autres. Ayant tout donné, tout lui est rendu au centuple. La voie du ciel est d'agir sans demander, d'obtenir sans lutter, de s'enrichir en donnant. Telle est la voie du ciel. Le Tao.

Nouvelle traduction de Conradin Von Lauer © Editions Jean de Bonnot 1990. Chez Jean De Bonnot 7, Faubourg St-Honoré, Paris, France. Le livre

15 avril 2008

Les cinq fatigues

WU LAO (les Cinq Fatigues) Les 5 fatigues sont des états d'épuisement. On les classe en 5, comme les 5 organes ou les 5 éléments, en fonction de leur origine: la fatigue du cœur, du foie, de la rate, des poumons, et des reins. Ces fatigues sont dues à un épuisement de l'énergie de l’organe correspondant.

Il a suffit d'un foie

Jacques Belghiti. Ce chirurgien spécialiste de la greffe de foie à partir de donneurs vivants renonce à cette pratique suite à un décès. Et s’inquiète des dérives dans ce domaine.

Il faut l’entendre, Jacques Belghiti, parler du foie. Il est intarissable, chaleureux, précis. On dirait qu’il évoque le contour d’une femme. 'D’abord, le regarder. C’est très important de regarder le foie, de le toucher. Sa couleur, sa consistance. C’est un organe extraordinaire.' Puis : 'Le foie, c’est plein, on ne voit rien, on devine. Le foie, c’est un organe extrêmement vascularisé, donc très complexe. On sait qu’il y a des territoires autonomes, mais on ne les voit pas. C’est unique.'

Jacques Belghiti a 60 ans. Sa femme est une psychologue de grande finesse. Ils ont un enfant ensemble, il en a deux autres d’un précédent mariage. Et il est chirurgien, spécialisé dans les greffes de foie, et en particulier des greffes à partir de donneur vivant. Car cet organe a, en outre, une particularité étonnante : il se reconstitue très vite. Vous en coupez la moitié, deux semaines plus tard, il est comme avant ou presque. 'Le foie, c’est un mystère. Il faut toujours le greffer à l’endroit où il était, et trouver le bon angle. Alors que le rein, on peut le greffer dix centimètres plus haut ou plus bas, cela ne change rien.' Et voilà pourtant qu’au top de sa carrière il vient de prendre la décision d’arrêter les greffes à partir de donneurs vivants. La passion qui a fait sa notoriété. Il en faisait près des deux tiers en France, il n’en fera plus.

La raison ? Le 15 mars 2007, un homme de 48 ans est mort, il venait de donner un lobe hépatique à son frère. 'Vous vous rendez compte. Un homme arrive en pleine santé à l’hôpital. On lui fait tous les examens pour lui prélever une partie de son foie et le greffer à son frère. Un mois plus tard, il est mort.' Que penser ? Où mettre le curseur entre le risque, la vie, la recherche, la mort, et la toute-puissance d’un geste qui peut sauver ? Jacques Belghiti est-il allé trop loin ? Trop près ? Etait-ce prévisible ?

En France, il y a déjà eu un mort, et dans le monde, 13 sur plus de 6 000 greffes. Jacques Belghiti s’est interrogé à mots ouverts. 'C’est quelqu’un de très respectable', dit de lui Didier Houssin, directeur général de la santé. 'Je lui ai dit : Surtout, ne prends pas de décision trop vite, donne-toi du temps.' Didier Houssin connaît bien Jacques Belghiti. 'On est du même âge. Etudiant, on l’appelait le communiste', raconte-t-il. Et pour cause… Si Jacques Belghiti a détonné dans ce milieu, c’est au départ en raison de son engagement communiste, peu banal dans la confrérie des chirurgiens. Né au Maroc - son père est ingénieur -, Jacques débarque en France à l’âge de 12 ans. 'J’ai fait de mauvaises études. Au lycée, j’ai été viré pour incompétence.' Belghiti traîne. Il loupe son bac, ne fait rien. Mais allez savoir pourquoi, un jour, il décide de changer. Totalement. 'Je suis allé voir le proviseur d’Henri-IV et je l’ai convaincu de me donner ma chance. Depuis, je n’ai plus rien raté.' Bac, médecine, internat, etc. Toujours reçu, jamais collé. Il avance. Mais quand même, pourquoi diable adhérer au parti communiste en 1967, alors que se préparait un mois de mai plutôt guilleret ? 'Ce n’était pas pour avoir une famille. Non, je militais, j’étais sérieux, responsable, ironise-t-il. Et d’un coup arrive Mai 68. Je voyais le mouvement enfler, et moi je restais sur le quai, on me renvoyait mon discours ringard. Je ne me suis jamais senti dans l’histoire. Cela a peut-être été ma chance, car cette marginalisation m’a sauvé d’une carrière politique. La priorité a été mon métier, même si je continue à militer.

Opérer donc. Et Dieu sait qu’il aime ça. 'Enfant, je ne faisais que ça. Je vivais en Afrique, et je m’étais installé un bloc opératoire avec de vrais animaux, des lézards, des rats, etc.' Qu’est-ce qui le passionnait tant au juste ? 'Quand on ouvrait, c’était comme dans les livres, c’est cela qui m’a toujours marqué : vérifier que c’était comme dans un livre.' Ensuite ? 'J’ai bénéficié d’une chance historique. Je me suis occupé d’un organe, dont on a découvert l’anatomie dans les années 50 et le fonctionnement complexe dans les années 60. Et puis arrivent les greffes dans les années 70-80.' Jeune chirurgien, il part au Japon en 1982-1983, où il découvre l’essor des greffes d’organes à partir de donneurs vivants, et se lie d’amitié avec le roi de la chirurgie, le professeur Makuchi. Sa première greffe ? Jacques Belghiti ne peut jamais faire comme tout le monde, elle a lieu 'la nuit de la chute du mur de Berlin'. Après ? Une histoire brillante, limpide. Les greffes se suivent et ne se ressemblent pas tout à fait. Une, dix, cent, trois cents. Il devient un chirurgien connu internationalement. Au point qu’on lui propose de présider l’Association mondiale des greffes hépatiques. Et cela aurait pu continuer.

Mais voilà, la mort de ce donneur change tout. Celui-ci avait un cancer rare qui s’est révélé lors de ce prélèvement et qui a explosé avec les suites opératoires, alors que sans la greffe la pathologie aurait pu rester silencieuse. Jacques Belghiti et son équipe de l’hôpital Beaujon se sont arrêtés. Sonnés, comme jamais. La belle histoire des greffes à partir de donneurs vivants se révélait un peu plus lourde qu’ils ne se le disaient. Dans un article paru dans Esprit, la psychologue du service, Mathilde Zelany, a détaillé combien la question du don était compliquée, combien ce choix était contraint. Comment, en effet, dire non et ne pas donner à son frère, à sa femme ? 'Quand quelqu’un est embarqué, il n’a plus vraiment la possibilité de refuser, explique Jacques Belghiti. Et puis on a quand même noté que plus d’un tiers de ceux à qui on a prélevé le foie droit ont eu des complications.' Mais le chercheur reprend vite le dessus. D’autres questions sont là, en suspens : 'Le foie se régénère vite, mais on ne regagne jamais son foie à 100 pour cent, seulement à 90 pour cent. Est-ce que le sacrifice brutal d’une partie de son foie n’entraîne pas une forme de réaction ?

Jacques Belghiti continue les greffes à partir de cadavres, mais, on le sent, cette décision n’a pas été simple. 'Une greffe, à partir d’un donneur vivant, c’est magique. Cela a bouleversé l’acte chirurgical. D’ordinaire, un chirurgien isole la partie malade d’un organe pour conserver le reste. Là, la gestuelle a changé, il fallait préserver les deux. C’était un bouleversement conceptuel.'

Arrêter ? Il a fallu qu’il se fasse violence. Certes, il y avait l’argument raisonnable : en France, pour les adultes, il y a assez de foies prélevables sur des morts, et donc le risque, même minime, n’est plus acceptable. 'Mais, avoue-t-il, c’est très difficile d’accepter de ne plus être pionnier. Grâce aux donneurs vivants, on a beaucoup appris sur le foie, jamais on aurait pu apprendre autant, et là, d’un coup, on peut avoir le sentiment de se fermer une porte de connaissance.'

Dans sa décision intervient un autre aspect, peut-être plus militant. Comme si, avec l’âge, il revenait à ses premiers combats. Jacques Belghiti est inquiet de l’avenir qui se dessine. 'Les pays occidentaux arrêtent peu à peu les greffes sur donneurs vivants adultes. Mais celles-ci se développent énormément en Asie. Au Japon, à Taiwan, à Hongkong, ils en font beaucoup. Que va-t-il se passer en Chine ?' Jusqu’à récemment, la Chine se servait outrageusement des organes prélevés sur les corps des condamnés à mort. Vu le tollé mondial, celles-ci se sont peu à peu arrêtées. 'A coup sûr, les greffes à partir de donneurs vivants vont se développer. N’est-ce pas ouvrir, là, la boîte de Pandore ? Comment s’assurer que le donneur est bien volontaire, qu’il ne le fait pas pour de l’argent ? Cela me fait peur. De drôles d’histoires circulent déjà à Hongkong…'"

Source : http://www.liberation.fr/
et l'agence de la biomedecine...

14 avril 2008

Le Tratac





















Le Tratac est un exercice d'origine hindou qui, selon les principes de la méditation, fixer et calme le mental. On se sert d'un diagramme sur il convient de fixer les yeux pendant plus de deux minutes Les effets de cet exercice sont multiples. Il peut aider à favoriser : le sommeil, la méditation, la mémoire, la visualisation, la neutralisation du stress.

Mode d'emploi :
Placer le diagramme à hauteur des yeux (40 cm environ) et fixer le point central sans cligner des yeux. Respirer calmement et continu. Après deux minutes de concentration sur tratac, fermer les yeux et poser les mains sur eux sans appuyer. Nous constatons que le dessin est imprimé dans notre cerveau, à l'envers. Il s'agit d'un effet de rémanence et la dissolution de l'image survient progressivement. Après avoir éloigné les mains, il convient d'essayer de retrouver mentalement l'image du diagramme.

Chakras - today's energy level

13 avril 2008

Le jeu des cinq animaux

Le jeu des cinq animaux est une des pratiques chinoises corporelles de santé les plus connues . Il a été mis au point dans l'antiquité par le célèbre médecin Hua Tuo.
Les styles de cette méthode sont innombrables mais se réfèrent tous aux cinq animaux de Hua Tuo: le tigre, le cerf, l'ours, le singe et la grue.


Le tigre
Le tigre évoque, d'une manière générale, les idées de puissance et de férocité.
"Quand il se meut, il engendre le vent et lorsqu’il feule, les montagnes retentissent et les vallées résonnent". "Il se meut comme une bourrasque et il est calme comme la lune".
Dur à l’extérieur, souple à l’intérieur, il peut passer rapidement d’un état de calme et de sérénité à un état de vivacité et de férocité ; alternance de détente et de contraction.
Son regard est éclatant, son esprit s’exprime dans ses yeux et sa puissance surgit dans ses griffes.

Le pratiquant de qi gong s'exercera à contenir cette "force tranquille" à l'intérieur qui s'exprimera ensuite dans un mouvement propulsif vers l'extérieur
La concentration est sur Mingmen, la force se transmet par le Du mai.
Les exercices du tigre renforcent le jing des reins, le cœur et les poumons.


Le cerf
le cerf est majestueux et dégage une impression de grande force derrière une attitude sereine; réputé pour sa vivacité et sa rapidité, il est également un symbole universel de puissance sexuelle virile et de longévité.
Il excelle à la course, fait usage de ses ramures pour s'imposer ou délimiter son territoire. Il observe alentour avec vigilance et regarde en arrière vers ses talons.

La concentration est sur Wei Lu, le coccyx, et les mouvements éveillent la petite révolution céleste.
Le pratiquant s'exercera dans son attitude et ses déplacements à incarner et manifester cette noblesse et cette puissance caractéristiques de l'animal. Les mouvements étirent les muscles et fortifient les os, les reins et le cerveau; ils chassent les douleurs articulaires du bassin et des jambes.


L'ours
Derrière son apparente lourdeur et sa démarche nonchalante, se cachent une grande intelligence, et beaucoup d'habileté et de souplesse. L'ours est simple, stable et honnête mais il peut devenir redoutable et terrifiant dans l'adversité.
"L'ours a la force de pousser les rochers et d'ébranler les arbres"
Massif et calme à l'extérieur, il est souple et mobile intérieurement; lorsqu'il se met à marcher à l'amble en s'affaissant tout en souplesse, il semble ne pas avoir d'ossature...

Le pratiquant doit exprimer la légèreté et la souplesse derrière la lourdeur et la stabilité. "Utiliser la force pesante et relâchée; la sensation est celle d'une enveloppe remplie de liquide dans laquelle se propagent des ondes" (Bruno Lazzari) Chercher l'immobilité dans le mouvement
Amener le qi vers le bas et se concentrer au Dan Tien. Les mouvements de l'ours renforcent la rate et l'estomac, dispersent le feu du foie et font descendre le feu du cœur; ils permettent d'améliorer le sommeil et se révèlent efficaces pour l'hypertension et la neurasthénie. Ils renforcent le corps dans son ensemble.


Le singe
Le singe symbolise la vivacité et l'inconstance, à l'image de son regard très mobile qui se porte rapidement d'un côté et de l'autre. Curieux et imprévisible, souple et léger, il est également craintif, peureux mais il est aussi réputé chapardeur... Détendu, il esquive très bien les attaques des autres animaux.
L'attitude du singe en art extrême oriental est celle de la sagesse et du détachement par rapport à la pseudo-sagesse des hommes. Les célèbres singes du Jingoro, au temple Nikko, qui se ferment, un les yeux, l'autre les oreilles, le troisième la bouche, sont une expression de la sagesse et du bonheur.
"Il parcourt les montagnes et saute par-dessus les ravins; il grimpe aux arbres et monte sur les branches"

Le pratiquant fera sienne la souplesse, l'agilité et la vivacité du singe, utilisant ainsi ses membres, sa tête, ses yeux et tout son corps tout en restant serein à l'intérieur... La concentration est au nombril, les mouvements de singe améliorent la circulation sanguine, affinent la vue et l'ouïe, calment l'esprit.


La grue
Son attitude au sol peut évoquer une grande dame un peu hautaine et prétentieuse, quelque peu rigide et cassante. "Elle a les pieds dans la boue mais ne veut pas le montrer". Mais quand elle vole, libre et sans contrainte, elle dégage alors légèreté, grâce et équilibre.

Le pratiquant s'efforcera d'intégrer cette noblesse naturelle, toujours conscient de son axe vertical, et d'exprimer l'harmonie et la grâce de l'échassier quand il déploie ses ailes dans le ciel. La concentration est au Dan Tien et au Ming Men; pendant le mouvement, l'eau des reins et le feu du cœur se rencontrent.
Les mouvements de grue renforcent les reins, apaisent le cœur, dilatent les méridiens et activent la circulation du sang; ils sont spécialement indiqués en cas de fatigue et de faiblesse générale.

Chakra - today's energy level

12 avril 2008

Chakra - today's energy level


09 avril 2008

Chakra - today's energy level


07 avril 2008

Chakras - today's energy levels








The Chakras represent the seven primary energy hubs in the body. Life force energy is constantly flowing in and out of these centers. Just as the cosmos is constantly changing, so too are the levels of energy absorbed and radiated by our Chakra centers. The graph below is a representation of the quantities of Chakra energies available today.



Sahasrara - The Crown Chakra represents energies associated with cosmic consciousness, spirituality, knowledge, wisdom and inner peace.
Ajna - The Third Eye Chakra represents energies focused on both physical and spiritual vision. Psychic powers resonate from the Ajna Chakra, as well as your image of the Cosmos as a whole (the big picture and the many nuances that make your journey unique.
Vishuddha - Throat Chakra is the energy center associated with communication and creativity. Your energy to express yourself verbally and creatively are derived from the Vishuddha Chakra.
Anahata - The Heart Chakra’s energy is concentrated on issues concerning your emotions. This energy fuels your power to love, feel compassion and maintain balance between disparate aspects of your being.
Manipura - The Power Chakra provides the energy that fuels our strength of will, individuality and sense of self-worth.
Svadhisthana - The Spleen or Sacral Chakra supplies the energy we use emotionally and sexually. This is the energy used to connect to others.
Muladhara - The Root or Base Chakra furnishes the energy used to create and maintain our foundation. This is the energy that keeps us on firm ground and provides us with the basic skills to uphold a place in the world.

05 avril 2008

Qigong Chi Kung: Six Healing Sounds

une manière de faire, pas tout à fait dans l'ordre de monika mais bon... interressant cependant

15 décembre 2007

Les 5 parfums du coeur


Ainsi parlait le maître Hui Heng :

« Vous êtes venus de loin et vous attendez de moi que je vous transmette quelque méthode qui vous permette de retrouver votre nature de bodhi*. Sachez tout d’abord que la nature de bodhi ne peut se trouver que par soi-même, en y pensant à chaque instant, en œuvrant à chaque instant pour que le cœur soit pur, en agissant à chaque instant dans le but de rencontrer la nature d’origine qui se trouve en chacun. Et ceci personne ne peut vous aider à l’obtenir, ou le faire à votre place.
Mais, nous sommes réunis ici et maintenant. Cela veut bien dire que les chemins de nos destinées doivent se croiser. Alors puisqu’il en est ainsi, je vais vous parler des cinq parfums du cœur.
Le premier est le parfum de l’épuration, ou encore le parfum né des interdictions que l’on se fait à soi-même : dans le cœur, il n’y a pas de négation, de mauvaises intentions, pas de jalousie, pas de cupidité, pas de mécontentement ni de prétention. Cet état fait naître le parfum qui élimine les impuretés. On le nomme le parfum d’épuration.
Le second parfum est le parfum de la stabilité ou encore le parfum de la nature inébranlable : face à tous les aspects qu’ils soient positifs ou négatifs, fastes ou néfastes, notre cœur n’est pas troublé, il reste inébranlable. Ceci est le parfum de la stabilité.
Le troisième est le parfum de l’intelligence, ou encore le parfum de la sagesse : à chacun d’utiliser son intelligence comme une lumière pour éclairer son propre cœur, et veiller ainsi à ce qu’il ne soit pas encombré. Le cœur peut être encombré par les souvenirs des bonnes actions que l’on a réalisé ou des mauvaises que l’on a pu subir. Par le discernement de l’intelligence, et avec sagesse, le cœur ne s’attache pas aux actes ni à leurs souvenirs, il reste ainsi disponible. Ceci est le parfum de l’intelligence et de la sagesse.
Le quatrième est le parfum de la liberté : puisque le cœur n’est encombré ni des actes ni de leurs souvenirs, il ne crée par non plus de discernement entre ce qui peut être bon ou mauvais. Il reste ainsi sans attache. Ceci est le parfum de la liberté.
Le cinquième parfum est le parfum de la liberté active : puisque le cœur n’est encombré ni des souvenirs, ni du discernement entre le bien et le mauvais, il est vraiment libre de toute attache. A ce point il faut se garder cependant de rester solitaire et plonger dans un vide stérile. Au contraire, c’est alors que l’écoute s’ouvre au maximum à l’intérieur et à l’extérieur : et ainsi, en relation harmonieuse avec l’environnement et attentif aux enseignements de toutes les sagesses, la différence entre soi et l’autre, entre la nature véritable du cœur et l’univers disparaît. Ceci est le parfum de la liberté active.

Sachez tous que ces parfums là, c’est à l’intérieur de soi-même que chacun doit les allumer pour purifier et embaumer le cœur. Vous ne les trouverez pas en cherchant secours à l’extérieur.
Les cinq parfums du cœur vous mèneront sur le chemin de la bodhi. »
Une conférence sur le boudhisme ChanPar le sixième patriarche Hui Neng Parfum du Cœur
Traduction Rinnie Tang et Bertrand Nourrissat

* Terme essentiel au bouddhisme, traduit assez souvent et à tort par « illumination », bodhi signifie « éveil ». Il existe plusieurs sortes de bodhi, la plus parfaite étant celle des buddha, des Éveillés

29 octobre 2007

La suite des mudras


position de départ



1_l'inébranlable



2_Vajra ou "roue de diamant"



3_Rugissement du Lion vers l'univers extérieur



4_Rugissement du Lion vers l'univers inteérieur






















5_Noeud sans fin Extérieur






















6_Noeud sans fin intérieur




7_Mudra de Sagesse



8_Roue Solaire



9_Vase d'eau lustrale

21 octobre 2007

Le Cerf



09 septembre 2007

ma posture chérie du moment_l'enfant









L'enfant_Child Pose_Balasana

I relax from outer involvement into my inner haven of peace.

30 juillet 2007

ma posture chérie du moment_la charrue























La charrue_Plow Pose_Halasana

Allongé sur le dos, amener les genoux sur la poitrine puis passer les jambes par-dessus la tête. En gardant les jambes tendues, essayer d'aller poser les pieds sur le sol.
Tenir la posture en respirant profondément, de quelques secondes à plusieurs minutes puis dérouler la colonne lentement pour revenir allongé sur le dos.
Rester dans cette position quelques minutes afin de bien se détendre.
Dans la posture, possibilité de maintenir la région lombaire, de poser les bras sur le sol derrière le dos ou de passer les bras derrière la tête pour attraper les pieds.

Halasana provoque un étirement de tout le corps, permet d'assouplir la colonne vertébrale, tonifie les jambes et les abdominaux. Aide à soulager les maux de dos. Permet de calmer les personnes irritables.

New life, new consciousness now flood my brain.

10 juillet 2007


Jet lag mudra _ horloge interne

Linke hand : Daumennagelfalz zeigefingerseitig (coté interne de la phalange du pouce sur la quelle il y a l’ongle) auf erstes Ringfingergelenk kleinfingerseitig Rechte hand : Daumen und Ringfinger an der Spitze zusammenhalten Le mieux c’est de tenir cette position 20 minutes trois ou quatre fois par jour, ou/et en s’endormant Sinon, le faire de temps en temps dans la journée pendant 5 minutes avec au moins 45 minutes de pause entre deux poses...

01 juillet 2007

ma posture chérie du moment_Sasamgasana



Hare Pose_Sasamgasana

I am master of my energy, I am master of myself.

04 juin 2007

Transpirer

le docteur Vinod dit qu'il faut transpirer et pour ca, recommande "birsk walking" ou 50 fois la salutation au soleil, à un bon rythme...
un rappel en images

22 mai 2007

à un moment, le brouillard se lève

Posted by Picasa

12 mai 2007

ma posture chérie du moment_l'aigle






















L'aigle_Eagle Pose_Garudasana

Debout, fléchir les deux jambes puis entourer la jambe droite avec la jambe gauche.
Sans lever les épaules, poser le coude gauche à l'intérieur du coude droit et faire pivoter les mains de façon à avoir les doigts de la main droite sur la paume de la main gauche.
Tenir la posture le plus longtemps possible en respirant normalement.Répéter la posture de l'autre côté.
Garudasana tonifie les muscles des jambes et des bras et peut contribuer à diminuer cellulite et rondeurs au niveau des cuisses.

At the center of life's storms, I stand serene.

28 avril 2007

ma posture chérie du moment_le lotus



Le lotus_Lotus Pose_Padmasana

I sit serene, uplifted in my soul.

22 avril 2007

ma posture chérie du moment_Janushirasana



Belly Button to Leg Pose_Janushirasana

En position assise, placer le talon du pied droit prés du périnée, la jambe gauche reste tendue.
A l'inspiration, étirer le dos et à l'expiration, se pencher vers l'avant à partir des hanches en gardant la colonne vertébrale droite.
Attraper le pied gauche avec les mains et tenir la posture environ 1 minute sans forcer en respirant régulièrement.
Relâcher en se redressant et répéter la posture en pliant la jambe gauche.

Tonifie le système nerveux, la rate et les intestins. Renforce la région lombaire et augmente la souplesse de la colonne vertébrale.

Left and right and all around - life's harmonies are mine.

21 mars 2007

Les Six Sons_recap


Les Six Sons_6_ShI_harmoniser (triple rechauffeur)


Les Six Sons_5_ShUEI_les reins


Les Six Sons_4_ssssssssssi_poumons


Les Six Sons_3_rO_rate/pancréas


Les Six Sons_2_kA_le coeur



Les Six Sons_1_ShU_le foie


12 mars 2007

Le bonheur

Le bonheur est un rêve d'enfant réalisé dans l'age adulte.
Sigmund Freud

06 mars 2007

nourrir l'intérieur





















Enchainement de six mouvements pour "nourir l'intérieur". premier qigonq médical. à suivre...

05 mars 2007

ma posture chérie du moment_ la chandelle



La chandelle_Shoulderstand_Sarvangasand

" la mère" de toutes les postures...

Allongé sur le dos, porter les genoux sur la poitrine et passer les jambes par-dessus la tête afin de se retrouver dans la posture d'Halasana (la Charrue).
Maintenir la région lombaire avec les mains, poser les genoux sur le front puis lever les jambes le plus haut possible en pointant les orteils vers le visage.
Essayer de tenir la posture avec la colonne vertébrale droite de quelques secondes à plusieurs minutes en respirant régulièrement.
Relâcher Sarvangasana et rester allonger pour détendre le corps.

Cette posture est importante par l'afflux de sang dans le cerveau qui est ainsi mieux oxygéné, purifié d'où amélioration des facultés de concentration, de mémorisation. La circulation qui apporte le sang vers le coeur se fait sans effort. Amelioration de la circulation veineuse : posture qui prévient les varices ou les maintient dans un état stationnaire, prévient les hémorroïdes, les troubles urinaires et les descentes d'organes. Posture qui régénère tout le corps, développe la maîtrise psychique, la confiance, la vitalité.

Peace now floods my being.

27 février 2007

ma posture chérie du moment_la pince debout



La pince debout_Jackknife Pose_Padahastasana

Nothing on earth can hold me.

23 février 2007

ma posture chérie_le triangle
























Le triangle_Triangle Pose_Trikonasana

En Tadasana, écarter les pieds d'environ 1 mètre.
Tourner le pied droit de 90° vers la droite, tourner le pied gauche vers le pied droit.
Inspirer, placer les bras à l'horizontal, expirer, tourner le buste et le bassin de façon à poser la main gauche à l'extérieur du pied droit.
Il est possible de poser la main sur un coussin placé à côté du pied. Lever le bras droit, si possible, regarder la main droite ou porter le regard devant soi. Tenir la posture sur 4 à 6 respirations en gardant les jambes tendues.
En inspirant, se redresser et revenir en Tadasana.
Répéter le mouvement de l'autre côté en tournant le pied gauche vers l'extérieur, le pied droit tourné vers le pied gauche. Pour ce mouvement, la main droite va se poser à l'extérieur de pied gauche.

Tonifie les muscles des cuisses et des mollets, soulage les douleurs dorsales, fortifie les organes abdominaux et renforce les muscles fessiers.

Energy and joy flood my body cells! Joy descends to me!

13 février 2007

ma posture chérie du moment_la pince assise



La pince assise_Posterior Stretching Pose_Paschimotanasana

S'asseoir sur le sol, les jambes tendues et réunies. Envoyer les fessiers vers l'arrière.
A l'inspir, tendre les bras en direction du plafond, à l'expir, se pencher vers l'avant tout en continuant à s'étirer.
Essayer d'aller poser la tête sur les jambes en les gardant tendues, saisir les chevilles, les pieds ou les orteils et poser les coudes sur le sol.
Tenir la posture de quelques secondes à plusieurs minutes en respirant régulièrement. Penser à détendre tous les muscles qui ne sont pas sollicités dans Pascimottanasana : visage, épaules, cuisses, mollets, pieds, bras.
A l'inspir, se redresser et s'allonger pour se reposer.

Pascimottanasana assouplit les muscles des jambes et la colonne vertébrale. Les muscles abdominaux sont tonifiés, cette posture permet d'éliminer la graisse au niveau du ventre et des hanches.Repose le mental et procure un grand calme intérieur.

I am safe. I am sound. All good things come to me; they give me peace!

31 janvier 2007

ma posture chérie du moment_fente
























Standing Backward Bend

I am free! I am free!

C'est aussi un morceau du "grand oiseau déplie ses ailes", en qigong et excellent pour le méridient rate pancréas.

30 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_7

Nous savons que chaque matin, il est indispensable d’aérer le corps, de le lotionner et frictionner, après l’avoir préalablement longuement étiré jusqu’au possible, une partie après l’autre. On soupçonne difficilement les bienfaits de cette pratique de l’extension musculaire maximum, avant d’en avoir usé. Ce septième exercice demande à être exécuté le matin à jeûn, et, ne sera pas répété dans les 24 heures.

Prendre une cuvette assez large pour permettre de poser à plat dans le fond, les deux mains ouvertes; y mettre une quantité d’eau froide ne montant pas au-delà de l’os faisant saillie, qui marque l’articulation du poignet. Au centre de la cuvette, entre les deux mains ne se touchant pas tout à fait, placer une piécette de cuivre. Se tenir le visage penché sur la cuvette en gardant les jambes bien droites, et en ne pliant qu’à l’articulation des hanches, de façon à ce que la colonne vertébrale ne soit pas pliée, mais reste bien droite, sans aucune courbure ni à la nuque ni dans le dos. Inhaler alors par les narines, un souffle plein, aussi profond que possible, sans effort ; quand les poumons sont bien remplis, tous les muscles du visage bien détendus et langue souple et à plat dans la bouche, allonger les lèvres comme pour siffler - on peut d’ailleurs siffler si l’on veut - pour exhaler le souffle pris, le plus longuement et complètement possible, jusqu’à vider au mieux les poumons, sans effort. Reprendre à nouveau un souffle profond, sans changer la position, exhaler comme dit, et recommencer ainsi plusieurs fois de suite, en suivant toujours mentalement très attentivement les courants du souffle, les yeux tranquillement attachés sur la piecette de métal qui est entre les deux mains, au fond de l’eau.

On peut, après avoir terminé cet exercice - qui comme tous autres n’excédera pas trois minutes, qui suffisent amplement pour qu’il donne des résultats inappréciables - prendre un peu d’eau dans le creux de la main et l’aspirer doucement par les narines ; on la rejettera par les narines ou par la bouche ; l’eau chaude ou tiède convient mieux que la froide. Il est bon d’ajouter un peu de sel, qui tonifie les muqueuses et voies nasales. Apres avoir séché les mains, frictionner la paume et le dos de la main gauche avec la main droite, par un mouvement circulaire, dirigé vers le corps. Faire de même pour la main droite, jusqu’à sentir l’épiderme parfaitement sec et doux.

Dr. O.Z.HANISH in Health and Breath Culture

29 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_6

Voici maintenant un exercice qui s’effectue dans la position agenouillée.

S’agenouiller à cinquante centimètres environ derrière une chaise, en pliant les deux genoux à la fois, puis, prendre dans chaque main, un des montant du dossier de la chaise. La colonne vertébrale doit être parfaitement droite, les épaules bien en place, de façon à donner aux poumons toute l’amplitude de leur jeu. Faire alors les respirations préliminaires dans un état de complète détente et attention ; les mains doivent être maintenues bien souples, et prêtes à donner l’appui et les services attendus d’elles au cours de l’exercice.
Lorsqu’on se sent prêt, c’est-à-dire souple, dégagé, ayant nettoyé à fond les poumons, et la pensée bien dirigée sur l’exécution : inhaler régulièrement et profondément, sans effort, pendant sept secondes, en serrant graduellement et toujours plus fermement les barreaux de la chaise, qu’on tient à pleines mains, et bras complètement tendus. Lorsque l’inspiration de sept secondes a rempli les poumons, et que le « serrage » est, en même temps, arrivé à son comble, garder, tenir le souffle pendant quatre secondes, pendant lesquelles la « prise » sera maintenue bien ferme. Expirer alors doucement et à fond pendant sept secondes, en desserrant peu à peu l’étreinte des mains; arrêter le souffle en laissant les mains au dossier de la chaise, mais pendant ce repos, bras et mains doivent être complètement détendus. Reprendre une inhalation de sept secondes en serrant à nouveau les montants, à bloc, tenir le souffle quatre secondes, expirer en se détendant pendant sept secondes; observer arrêt du souffle de quatre secondes, en repos des bras et mains; et recommencer à nouveau, une troisième fois le cycle complet.

On répète, au maximum, neuf fois cet exercice, ce qui demande une durée d’environ trois minutes, qu’en aucun cas on ne doit excéder. On peut, après l’avoir fait plusieurs jours de suite une seule fois, le répéter trois fois dans la journée.

Dr. O.Z.HANISH in Health and Breath Culture

28 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_5




Se tenir debout, attitude droite, complètement détendue et souple, muscles du visage, épaules, genoux, articulations en général, bien passés en revue et tenus en place et à l’aise; le poids du corps doit être réparti bien également, et supporté par la plante des pieds, et non par les talons. Le, regard fixe sans raideur sur un point choisi, après avoir procédé aux respirations préliminaires, étendre les bras parallèlement, en avant, à hauteur des épaules, comme en un geste ferme marquant par l’attitude une volonté bien nette « qu’il en soit ainsi » ! Les muscles des bras ainsi tendus en avant, ne doivent être crispés sous aucun prétexte, les mains restent absolument souples et pendantes. La volonté de ferme maintien qui tend les bras, s’arrête aux poignets. Pendant l’élévation, on respire lentement et régulièrement pendant 7 secondes (ou moins, à condition de rythmer toujours bien regulierement selon le nombre de secondes choisi) ; au bout de ces 7 secondes, les bras se sont graduellement tendus à fond, bien que sans effort, et les mains restent détendues et inertes ; rester ainsi, après l’inhalation, pendant la tenue du souffle de 4 secondes, et exhaler pendant sept secondes en détendant complètement tous les muscles des bras; puis quatre secondes d’arrêt du souffle, et recommencer.
On répète cela trois fois de suite dans cette position. Lorsque le troisième cycle est ainsi complètement terminé par un arrêt du souffle, on inhale à nouveau pendant sept secondes, mais en écartant les bras à droite et à gauche, en les maintenant toujours à niveau de l’épaule et en les poussant légèrement en arrière, de façon à donner la plus large expansion possible à la cage thoracique; les bras se trouvent alors latéralement étendus (formant la croix). Ce changement de position des bras (de parallele, à latérale) s’effectue pendant les sept secondes d’inspiration, les muscles des bras, au bout de ces sept secondes, sont tendus comme dans la première partie de l’exercice, et les mains toujours absolument libres et souples ; tenir le souffle pendant quatre secondes en maintenant la tension contrôlée, exclusivement dans les bras, et expirer pendant sept secondes en rendant complète détente et souplesse aux bras ; arrêt du souffle pendant quatre secondes, et inhaler à nouveau sept secondes, etc.
Faire trois fois le cycle complet, et à la septième inhalation, ramener les bras en avant pour reprendre la position initiale (bras parallèlement étendus en avant), mais, au lieu de laisser pendre les mains dans l’articulation du poignet, les maintenir dans la ligne de prolongement du bras, et diriger les extrémités digitales des deux mains les unes vers les autres. Il ne faudra point les faire entrer en contact, mais bien les maintenir à toute petite distance ; on reste ainsi avec les doigts souples, opposés par les pointes non jointes, pendant la tenue du souffle, puis on expire pendant sept secondes en détendant complètement les bras, et on les laisse retomber de tout leur poids, le long du corps.
Il est bon de faire cet exercice avec beaucoup d’attention, et sans jamais en exagérer la répétition ; le faire au début une fois par jour suffit, et jamais plus de trois minutes consécutives. Ne pas excéder le nombre de 7 secondes d’inhalation et d’expiration, et même, commencer par un nombre de secondes, moindre.

Dr. O.Z.HANISH in Health and Breath Culture

27 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_4



Debout, détente parfaite, tenue absolument droite, attention complète. Pratiquer les respirations préliminaires, et lorsque les poumons sont complètement vidés, inhaler doucement et progressivement pendant 7 secondes (moins au début, si cela coûte le moindre effort) ; ensuite, faire tourner en expirant pendant 7 secondes, en un large moulinet passant devant la face, le bras droit bien étendu, dans l’articulation de l’épaule, sans raideur ni tension; la paume de la main ouverte est tournée vers le corps. Ce moulinet rythme sur les 7 secondes de l’inspiration se fait donc parallèlement au visage (7 tours). Exécuter ce mouvement giratoire bien régulièrement : Etendre horizontalement, à droite, le bras droit et le faire passer, en tournant à gauche, sans le plier, devant le visage, et le ramener à droite par un cercle complet pendant l’expiration. Pour la deuxième partie de l’exercice : refaire exactement sans s’interrompre, juste de suite après les 7 premiers tours, ces mêmes larges moulinets (7 tours), en inspirant pendant 7 secondes ; arrêter au moment où la main sera haute (au-dessus de la tête), le bras levé verticalement, retenir le souffle, se pencher en avant par une rapide flexion du buste dans l’articulation des hanches, sans plier les genoux, et frapper le sol en avant, avec la main, qu’on aura fermée pour faire le poing. Sans plier le bras, se redresser et expirer, laisser alors retomber naturellement le bras le long du corps. Recommencer ainsi exactement de même avec le bras gauche. Le bras qui n’opère pas, reste librement pendant le long du corps.
Ne jamais faire de cet exercice, non plus que des autres, plus de trois minutes à la fois. On pratiquera cet exercice au moins deux fois par jour, mais il peut être, sans inconvénient fait quatre fois. Le matin on se tournera, pour l’exécution de cet exercice qui se fait debout, vers l’Orient ; à midi vers le Sud ; le soir vers l’Ouest, et le soir avant le coucher, vers le Nord.
Cet exercice aidera grandement chacun à poursuivre son affranchissement de toutes fausses et dégradantes habitudes prises, dans le domaine alimentaire, entre autres.
_Résumé
Aspirer en se tenant debout, droit et souple, les bras le long du corps ; lorsque les poumons sont remplis, commencer immédiatement les moulinets pendant 7 secondes en expirant, aspirer de suite, pendant 7 secondes, en continuant ces mêmes moulinets bien rythmés ; arrêter lorsque le bras est en haut, retenir le souffle pendant la rapide flexion en avant pour frapper le sol du poing (en avant des pointes de pieds) ; expirer lorsqu’on a repris la position de départ.

Dr. O.Z.HANISH in Health and Breath Culture

26 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_3

En position assise (voir exercice préliminaire), la langue maintenue souple dans l’écrin des mâchoires, sur une chaise ou un tabouret dont la hauteur permette que l’équerre formé par cuisse et jambe soit absolument exacte ; le pied doit reposer bien à plat sur le sol et le genou ne doit être ni soulevé ni baissé.


Lorsque la bonne position est prise, faire les respirations préliminaires : quatre ou cinq inspirations, expirations, consécutives, rapidement effectuées, puis vider à fond les poumons par la dernière expiration, aussi prolongée que possible sans effort.


Pour cet exercice, le point de fixation sera posé, non sur la muraille, comme pour les précédents exercices, mais à terre, à une distance de trente centimètres environ de la pointe des pieds.


Assis, et les yeux tranquillement fixés sur le point de concentration, les jambes à l’équerre, les pieds formant le V, comme pour le premier exercice, les mains, posées à plat sur les cuisses - pouce en dedans, doigts à l’extérieur - restent souples et ne doivent jamais servir d’appui. Le regard ne quittera pas le point de concentration, seule, la colonne vertébrale devra toujours rester droite et ferme, car c’est elle qui conduira l’exercice, et toute coudure ou voussure, empêcherait le bon résultat de l’exercice d’être ressenti. La ligne de la nuque ne devra pas changer, c’est-à-dire qu’elle devra rester toujours droite et quand on se relève, ne pas s’aider des bras ou des mains.


Assis, mains posées sur les cuisses, les yeux ne quittant pas le point de concentration, aspirer pendant 7 secondes, tout en penchant graduellement le buste, maintenu droit par la colonne vertébrale, jusqu’à parvenir à le faire reposer sur les cuisses ; rester ainsi 4 secondes en tenant les poumons pleins d’air, puis remonter le torse jusqu’à se retrouver dans la position de départ, en expirant graduellement, pendant 7 secondes que prendra la montée.


On répétera cet exercice pendant 3 minutes au maximum et jamais plus de deux ou trois fois par jour, lorsqu’on est parvenu à l’accomplir aisément, sans aucune difficulté.

_Une variante d’exécution de cet exercice, à pratiquer seulement lorsqu’on a déjà acquis la parfaite maîtrise de la première forme donnée :
en inspirant, et pendant qu’on incline le buste, au lieu de fixer le point de mire déposé sur le sol, poser le regard sur la pointe du nez, l’y maintenir encore pendant les secondes de tenue du souffle ; et, pendant le mouvement de redressement du buste, et l’expiration de 7 secondes, faire remonter le regard graduellement de la pointe du nez à la racine, le maintenir la pendant les secondes d’arrêt du souffle, et recommencer la descente du buste en inspirant, le regard glissant de la racine du nez à la pointe ; le tenir à nouveau fixé sur cette pointe, remonter le buste en expirant, le regard remontant le long de l’arête du nez et se fixant à la racine, ainsi de suite jusqu’à la fin des mouvements. Cela fortifie les nerfs moteurs et oculaires, et aide également beaucoup à l’obtention de la stabilité du regard, ce qui contribue à amener un rapide developpement de la faculté de concentration.

Le but de cet exercice est de favoriser le développement de la faculté de concentration. Physiologiquement, cet exercice apporte d’heureuses modifications dans le fonctionnement organique et contribue à amener des proportions correctes dans la forme corporelle.

Dr. O.Z.HANISH in Health and Breath Culture

25 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_2

_position debout
Se tenir debout, colonne vertébrale, nuque bien droites, reins dé-cambrés, épaules tombant naturellement, bien en place, les bras le long du corps ; la tête droite, le visage empreint d’une expression de calme ; tous muscles détendus, dents ne se touchant pas, langue souple, genoux non raidis. Il faut que le poids du corps repose sur la plante des pieds, et non sur les talons.

_le deuxième exercice
L’exercice consiste à inspirer pendant sept secondes, en fermant les poings et les serrant graduellement toujours plus fort, et à s’élever en même temps, progressivement, sur la pointe des pieds. Le pouce rabattu sur les phalanges des doigts, les poumons remplis d’air, on reste deux, trois (pour les débutants), ou quatre secondes,dans cet état ; puis on redescend lentement en expirant pendant sept secondes, pour se retrouver poings relâchés, plantes des pieds posées sur le sol, poumons vidés; on reste les poumons vides pendant quatre secondes. Recommencer pendant deux minutes au début, ou trois, jamais davantage, et jamais plus de deux fois par jour.

Il est essentiel que cet exercice, pour donner de bons résultats, soit fait doucement, qu'inspiration, « serrage » du poing, et « levée » des pieds sur la pointe, s’effectuent en même temps, sur le rythme régulier de l’inhalation; qu’il n’y ait pas de saccades, ni pendant l’inspiration, ni pendant l’expiration ; que les temps de tenue du souffle, et d’arrêt du souffle, soient observés, que pour forcer le serrage des poings, la force s’exerce par volonté dans ces seuls poings, et non dans les bras, les épaules, qui doivent rester complètement souples ; que jamais les mâchoires ne doivent se serrer pour participer ; et qu’à la descente, on repose tout doucement les pieds bien à plat, en gardant le poids du corps sur les plantes, que les talons doivent juste toucher le sol, mais non s’appuyer.

_deuxième exercice, variante en marche
Ce deuxième exercice peut également, par une variante agréable, s’exécuter en marche. Partant d’une démarche souple et légère, rythmer l’inspiration du souffle sur 3, 4, 5, 6, 7 pas (on y parvient peu à peu), faire 1, 2, 3, 4 pas (ne jamais faire beaucoup au début), en gardant les poumons remplis ; puis expirer en faisant de 1 à 7 pas, selon possibilités, et en faire 1, 2, 3, 4 sans reprendre de souffle ; puis, aspirer à nouveau.

24 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_1

Prendre la position assisse décrite pour l’exercice Préliminaire.

Parfaitement droit, souple et détendu, commencer par une longue expiration, non exagérément forcée, mais cependant complète, puis inhaler profondément, régulièrement, progressivement, un long souffle, en comptant mentalement 7 secondes, ou encore en scandant sur 7 pulsations du cœur. Garder le regard paisiblement attaché sur le point de concentration choisi et suivre mentalement les courants de l’inspiration dans le cours de leur pénétration : dans les narines, la trachée-artère, dans les poumons, jusqu’à l’extrémité ou base, et aux sommets ; garder le souffle, avant d’expirer, pendant trois ou quatre secondes ; puis, expirer posément, pendant également 7 secondes, en suivant et contrôlant le débit pulmonaire, afin qu’il soit bien complet et régulier, et qu’il n’y ait aucune crispation ou précipitation. Lorsque l’expiration à parfaitement vidé les poumons de l’air y contenu, rester les poumons « à vide » pendant 4 secondes, avant de reprendre une inhalation de 7 secondes...

Les débutants feront bien, si ce rythme de 7 et 4 secondes leur semble un peu difficile à tenir, de l’écourter, pour leurs premiers jours d’exercice.

Cet exercice peut être exécuté 3 fois par jour : 3 minutes le matin, 3 minutes à midi, 3 minutes le soir, avant le coucher du soleil, si possible.

Premier exercice_Résumé
Assis, détendu, le regard posé, l’attention entière attachée à l’exercice ; les mains posées sans jamais les appuyer ; surveiller tout le temps souplesse et attitude. Expirer longuement pour débuter, puis inspirer pendant 7 secondes. Tenir le souffle dans les poumons pendant 4 secondes sans mouvement. Puis, expirer lentement, bien à fond, pendant 7 secondes. Rester alors 4 secondes « à vide » avant d’aspirer à nouveau.

Dr. O.Z.HANISH in Health and Breath Culture

23 janvier 2007

Exercice du Dr Hanish_préliminaire

_Position assise (description)

Assis sur une chaise, les pieds doivent poser entièrement à plat sur le plancher; le séant doit être bien en place sur le siège choisi, non sur le bord, mais jusqu’au fond, en observant que le dos ni les épaules ne doivent toucher le dossier. Les épaules et les bras doivent tomber naturellement. Les mains sont posées sur les cuisses, les coudes au corps, les doigts formeront un V, le pouce étant posé à l’intérieur des cuisses, les quatre doigts à l’extérieur. Les pieds ne se touchent pas, ils forment également un V, les pointes des orteils étant à quinze ou vingt centimètres l’une de l’autre, les talons à cinq ou dix centimètres environ.
Les lèvres restent closes, les dents ne se touchant pas, la langue souple, la pointe légèrement relevée s’appliquant naturellement contre les incisives inférieures. Le menton ne doit pas être projeté en avant, mais maintenu plutôt légèrement rentré.

Ainsi, tenant souplement, avec détente, aisance, cette attitude consciente, royale, on est en possession de soi, de son attention, de son contrôle. On ne permet à aucun bruit, objet, idée, de s’interposer entre le but bien déterminé qu’on se propose, et la pensée qui a décidé de l’atteindre. Il faut observer de conserver durant tout l’exercice une complète aisance et de ne se laisser gagner par aucune raideur ou préoccupation.

Il est utile de toujours tourner le dos à la lumière, à la source lumineuse de la pièce, cela facilite la concentration et supprime des causes de tiraillement visuel. Il est également utile, afin de permettre de centrer le regard sur un unique point, de placer sur la paroi qu’on a devant soi, un rond noir placé à hauteur des yeux, à deux mètres environ devant soi, sur lequel on attache le regard durant l’exécution de tous les exercices rythmiques.

_exercice préliminaire
Ainsi, bien installé, aussi commodément que possible, inspirer et expirer, cinq ou six fois de suite rapidement, comme en une sorte de halètement, puis terminer par une expiration, aussi approfondie que possible, aisément.
Pendant qu’on « pousse » volontairement cette dernière expiration qu’on prolonge à dessein, il faut passer en revue tout le corps pour déloger toutes raideurs et crispations qui interceptent tous libres courants, aussi bien organiques que mentaux.

On peut ainsi par exemple porter l’attention d'abord sur le pied droit et commander, au passage, détente et souplesse; remonter le long du corps, détendre jambe, genou, cuisse, torse, cou, nuque, machoire, langue, muscles du visage et cerveau ; poursuivre l’examen en descendant le long du corps, du coté gauche, pour aboutir au pied gauche.

Lorsque parfaitement détendu, à l’aise et concentré, on se sent paisible et satisfait, on procède alors à l’exercice rythmique, dans les meilleures et plus favorables conditions.

Dr. O.Z.HANISH in Health and Breath Culture

21 janvier 2007

ma posture chérie du moment_Vajrasana






















Firm Pose_Vajrasana_Also called the Thunderbolt Pose.

Pour tenir cette position assise, les cuisses rapprochées, nous devons joindre les gros orteils de façon à former une "cuvette" avec nos pieds dans laquelle nous allons nous asseoir.
Au début, nous sommes plutôt assis sur les talons et avec la pratique, par l'assouplissement de nos chevilles, nous arrivons à former cette cuvette.

Cette posture permet de garder le dos droit, les muscles dorsaux et abdominaux détendus.


In stillness I touch my inner strength.

14 janvier 2007

Le jeûne du coeur

A Hui qui sollicite l'enseignement du maître sur le jeûne du cœur, Confucius répond :
" unifie ton intention. Plutôt que d'écouter avec l'oreille, écoute avec le cœur. Plutôt que d'écouter avec le cœur, écoute avec le Qi. L'ouie s'arrête à l'oreille, le cœur s'arrête à ce qui s'accorde avec lui. Le Qi c'est le Vide qui accueil toute chose. Or seul le Dao accumule le Vide. Ce vide, c'est le jeûne du cœur. "

Zhuangzi, chap.IV, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4

05 janvier 2007

Spiderman and Fairie Yoga


01 janvier 2007

Spiderman and Fairie Yoga


27 décembre 2006

Spiderman and Fairie Yoga


24 décembre 2006

Spiderman and Fairie Yoga


20 décembre 2006

Spiderman and Fairie Yoga


13 décembre 2006

ma posture chérie du moment_warior























Warrior Pose_Virabhadrasana

I joyfully manifest the power of me.

02 décembre 2006

Si jamais tu es patraque






















Si jamais tu es patraque, me disait le grand-père Sandrot, mets-toi le dos contre un beau chêne de futaie (chêne sauvage qui a poussé tout seul) ou un « moderne » de belle venue (chêne qui a été planté). Colle-toi les talons, les fesses, le dos et le « creuteu » (la partie postérieure du crane, l'occiput) contre le tronc, tourné vers le sud, la paume des mains bien à plat sur l'écorce, et restes-y aussi longtemps que tu pourras…une heure, si tu en a la patience : Guari ! Regonflé à péter que tu seras ! Regonflé de quoi ? Regonflé de vie, garçon ! Et c'est facile à comprendre : l'arbre suce sa vie dans la terre, ça remonte par ses racines et par son tronc, et il la suce aussi dans le ciel par ses feuilles, et ça descend par ses branches. Ca circule dans les deux sens, tu comprends ? Et toi tu te requinques au passage ! C'est comme ça qu'ils se regôgnaient nos anciens !

Henri Vincenot, dans « La Billebaude » (Folio N° 1370)

01 décembre 2006

Exercise Egyptien de base du Dr Hanish

















13_Toutes postures agenouillées auront cette position de départ ; il est donc essentiel de s’habituer à la tenir correctement. Pour que la position des organes internes de la colonne vertébrale soit normale, le diaphragme doit être maintenu bien en place, c’est-à-dire remonté, bien que sans exagération, ce qui entraîne un léger retrait de l’abdomen et une élévation du buste et du coeur. Les épaules sont tenues légèrement en arrière, ce qui donne parfaite rectitude à la ligne dorsale, et dégagement et aisance au cou. Le jeu pulmonaire se trouve ainsi entièrement libre. Les bras et l’articulation du coude doivent être à l’aise, aucune raideur ne doit subsister à l’examen mental rapide des parties du corps. Le visage doit être bien détendu, et son expression doit être voulue agréable. Par quelques mouvements circulaires souples, du cou, on s’assure que tout est libre de ce côté, on fait également tourner les bras, repliés, dans l’articulation de l’épaule, en maintenant le poing sur l’épaule, on fait quelques brèves respirations préliminaires puis, fermer les poings - il importe beaucoup que la position des doigts et la ferme tenue du poing soient toujours strictement observées. Les deux mains doivent être ainsi tenues, en gardant entière souplesse et aisance dans les poignets, bras, coudes et épaules. L’effet en est une stimulation des nerfs et une normalisation de la génération de fluide dans le système ganglionnaire. Les échanges et transformations chimiques qui s’effectuent au sein de l’organisme en sont améliorés et, partant, l’activité du cerveau et le jeu de la pensée, sont normalisés et amplifiés.

14_ Etant dans la position agenouillée décrite ci-dessus, fermer les poings comme indiqué et les placer contre le cou, sur les épaules. Vider alors les poumons, bien complètement, et ne faire aucun mouvement pendant quelques secondes. Inspirer alors, à fond, bien régulièrement et largement, puis fléchir le torse en avant, jusqu’à toucher le sol du front, et plus tard du menton. Garder cette position aussi longtemps qu’on le peut faire sans efforts, ensuite se redresser lentement en chantant sur la gamme montante, d’ut majeur par exemple, la série des voyelles, a-ê-é-i-u-eu-ou-omm. Ouvrir les poings lorsqu’on est redressé, et détendre les doigts si l’on en sent le besoin. Recommencer le mouvement comme au départ. Ce mouvement de fléchissement du torse en avant peut être fait de 1 à 7 fois de suite ; on peut également, en remontant le buste, chanter soit les 7 voyelles à la suite, ou encore une seule des voyelles à la fois ; si l’on fait 7 fois le mouvement, on les emploie à la suite, dans l’ordre.

15_Reprendre la position de la figure 13, poings aux épaules ; inspirer largement, tenir le souffle, et au lieu de faire une flexion en avant du torse, renverser celui-ci en arrière aussi loin que possible ; revenir à la position agenouillée du départ en fredonnant un air quelconque, ou mieux la gamme. Au début, pour n’avoir aucune crainte de renversement excessif, on place derrière soi un appui de la hauteur qu’on désire, pour faire reposer la tête. Si l’on prend, pour construire cet appui, des livres, par exemple, on supprime chaque jour un livre de la pile, on descend ainsi insensiblement plus loin à chaque séance sans faire aucun effort. On arrive à poser la tête sur le sol au bout de quelque temps sans avoir eu le moindre mal à y parvenir. Ne rien forcer ; cette extension est d’une valeur insoupçonnable, mais, nous le répétons, il faut pratiquer avec modération et bon sens, afin d’y habituer graduellement l’organisme, et de permettre qu’il n’y ait jamais aucun effort pénible dans aucun de ces exercices. Comme dit au début, les cas de hernies, d’éventration, excluent momentanément la possibilité d’accomplissement de ces exercices, jusqu’à guérison de ces infirmités.

16_ Prendre toujours cette même position de la figure 13 : agenouillé et poings fermés correctement, tenus près du cou, sur les épaules. Vider complètement les poumons, de préférence en fredonnant les 7 voyelles sur la gamme, ou en faisant un accord parfait montant et descendant, ou en chantonnant un air approprié ; arrêt du souffle pendant quelques secondes (donc poumons maintenus à vide). Ensuite aspirer largement pour gonfler les poumons, garder, tenir le souffle, puis fléchir le torse à droite aussi loin qu’il se peut ; le but est de parvenir à toucher le sol du coude, gardé bien en place, et chacun y parvient avec le
temps. Il ne faut, ici non plus, faire aucun effort, et l’attitude doit rester souple et aisée, le visage détendu, gardant une expression agréable. En revenant à la position de départ, expirer en vidant à fond les poumons par un fredonnement mélodieux ou une gamme.

17_Toujours même position agenouillée, poings fermés, maintenus à l’épaule, contre le cou, comme figure 13. Vider à fond les poumons en fredonnant puis rester à vide : arrêt du souffle, pendant quelques secondes. Remplir ensuite les poumons à fond, sans effort, en maintenant bien la position, et la cage thoracique bien ferme et immobile. Tenir le souffle, et, poumons remplis, fléchir le torse à gauche (donc même mouvement que précédemment, mais à gauche au lieu de droite), pour parvenir toucher le sol du coude. Lorsqu’on connaît bien, pour les avoir exercées séparément, les quatre postures des figures 14 à 17 et qu’on parvient à les exécuter chacune plusieurs fois de suite sans difficultés, on peut les exécuter toutes les quatre sur une seule inspiration, donc pendant la tenue du souffle. C’est-àdire, étant en position de la figure 13 : agenouillé, poings fermés, près du cou sur les épaules, aspirer longuement, et, pendant la tenue du souffle, se pencher en avant, toucher le sol, se relever, puis renverser le torse en arrière, se relever ; toucher le sol ou se pencher aussi loin que possible en fléchissant latéralement le torse à droite se redresser, puis fléchir le torse latéralement à gauche, se redresser, et, seulement alors, expirer.

Prendre également chacune des postures, séparément, après expiration, donc, pendant l’arrêt du souffle ou poumons à vide... Enfin, prendre les quatre postures à la suite, fléchissement en
avant, en arrière et sur côtés gauche et droit, pendant un arrêt de souffle : après avoir donc,
expiré en fredonnant, pour bien vider les poumons.

20 novembre 2006

Les ailes de l'aigle














il semblerait que ca soit du yoga égyptien...
et si on clique dessus c'est plus clair.

18 novembre 2006

Le yoga egyptien






















La médecine égyptienne était avant tout une vertébrothérapie.
Les prêtres médecins de l'Egypte pharaonique possédaient une connaissance tout à fait étonnante des différentes lésions qui peuvent affecter l'arbre vertébral et de leurs incidences sur les autres parties du corps. [...]
Ils connaissaient parfaitement l'anatomie de la ceinture scapulaire et de l'appareil respiratoire. Enfin ils n'ignoraient rien des circuits énergétiques et de la localisation des centres subtils. Cette connaissance approfondie du corps humain, dans son double aspect physique et énergétique, explique la précision étonnante des attitudes égyptiennes.

in Le Yoga de la verticalité, Pédagogie et pratique du Yoga des Pharaons par Geneviève et Babacar Khane

31 octobre 2006

un site interessant.

Celui de marie andrée!
http://www.respyrs.fr.tc/